Le gouvernement Harper
et une partie de l'opposition parlementaire fédérale, soutiennent Israël aveuglément!

Comment expliquer ce phénomène... la religion, l'américanisme ou l'argent du lobby israélien ? Pour couvrir une facette de la question, une analyse de la politique extérieure du Canada au Moyen-Orient. Aussi une autre analyse explique comment Thomas J. Mulcair se fait conservateur lorsqu'il est question d'Israël, un couac au NPD ? De plus, une présentation du positionnement des principaux partis politiques fédéraux du Canada par le groupe Les Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) ( 01 ). Finalement, deux vidéos sur la question, une produite par Radio-Canada et l'autre par France 2. De quoi alimenter vos réflexions hivernales.

«

Les politiciens pro-Israël prétendent régulièrement que leur positionnement politique envers Israël est une défense de la communauté juive. Rares sont ceux qui avouent que leur but est de mobiliser ceux qui croient qu'un retour des juifs au Moyen-Orient va accélérer la fin des temps ( l'apocalypse
( 06 ))) ou qu'Israël est un allié précieux en tant qu'avant-poste "blanc" lourdement militarisé à proximité de beaucoup de ressources en pétrole.

             Yves Engler

»

Choix de photos, mise en page, références et traduction : JosPublic
Publication : 10 janvier 2012

Sujets abordés

Qu'est-ce qui explique le soutien servile de Stephen Harper à Israël?
par Yves Engler ( 02 )

La politique du Moyen-Orient du Nouveau parti démocratique du Canada (NPD) et les liens indéfectibles de Thomas J. Mulcair avec Israël
par Sid Shniad & Fabienne Presentey
( 03 )

Le Parti Libéral du Canada (PLC) : politiques sur le Moyen-Orient

PDF 2 pages

La politique du Bloc Québécois sur le Moyen-Orient

PDF 3 pages

Vidéo "Le Canada sous influence" à propos de Stephen Harper et Israël

Vidéo à propos du lobby pro-israélien aux États-Unis-d'Amérique

 

Note de JosPublic:

Normalement, comme mise en garde dans ce genre de débat, j'aurais attiré votre attention sur le fait qu'un pays n'est pas une religion et vice-versa.

Dans le présent cas l'État d'Israël n'est ni laïc, ni religieux. Ce qui permet à certains d'affirmer qu'une critique d'Israël constitue de l'antisémitisme ( 04 ).

L'État d’Israël n’a pas de constitution formelle. Bien que la déclaration d’indépendance du 14 mai 1948 annonce « une Constitution qui devra être adoptée par une Assemblée constituante d’ici le 1er octobre 1948 », les dissensions entre religieux et laïcs empêchèrent la rédaction d’un texte constitutionnel unique. ( 05 ) Depuis 1990, le débat est toujours présent sur la scène politique de ce pays. Dans le flou rien n'est permis et tout est possible. Une situation qui profite aux extrêmes politiques.

JosPublic adhère complètement aux trois énoncés suivants :

1. Le respect intégral du droit international;

2. Malgré qu'ici c'est une souhait que je considère presqu'irréalisable. Toutes les parties à un conflit doivent être traitées de manière égale, sans discrimination ni favoritisme;

3. La violence n’est pas une solution.

 
 

Qu'est-ce qui explique le soutien servile de Stephen Harper à Israël?

 
 

À l'automne 2011 l'émission de télévision "Les Lignes de faille" sur Al-Jazeera ( 07 ) a examiné le support unilatéral de Stephen Harper à Israël. Largement diffusé dans des cercles pro-palestiniens, Avi Lewis ( 08 ) a relaté que l'émission de télévision a efficacement mis en évidence le fossé entre le gouvernement pro-Israël du Canada et le support populaire croissant pour les Palestiniens.

Mais, en se concentrant entièrement sur des organisations juives, l'émission a laissé le téléspectateur avec l'impression que la politique pro-Israël d'Harper est simplement conçue pour apaiser la communauté juive canadienne.

Beaucoup de partisans canadiens de la cause palestinienne semblent partager cette analyse que le soutien d'Harper aux gestes d'Israël n'est motivé que par un calcul politique basé sur l'impact des groupes religieux sur les intentions de votes au Canada. Mais les chiffres ne soutiennent pas une telle stratégie.

Tout d'abord, il y a environ trois fois plus de musulmans que de juifs au Canada. Au recensement de 2006, un peu plus de un pour cent de la population c'est-à-dire 315 120 Canadiens, se sont identifiés d'origine juive, laquelle se classe 25ième des groupes définis par leur origine religieuse et non par leur pays d'origine, et seulement dans une poignée de circonscriptions électorales ont-ils un nombre suffisant pour avoir un impact de groupe sur le résultat d'une élection.

Même s'il est vrai que les Juifs ont un niveau élevé d'engagement politique, qu'ils sont bien représentés dans les postes d'influence et sont un groupe minoritaire relativement prospère, l'importance du soutien à Israël peut facilement être exagérée. En fait, les habitudes de vote historiques suggèrent que seulement le vote de quelques Juifs canadiens est fondé sur la politique d'Ottawa envers Israël.

Alors que cela peut avoir légèrement changé lors des élections récentes, historiquement il y a effectivement une corrélation inverse entre les gouvernements pro-Israël et le soutien juif. Les premiers ministres Pierre Trudeau et Jean Chrétien, par exemple, ont recueilli plus de soutien de la communauté juive que Brian Mulroney. Pourtant, M. Mulroney a été plus favorable à Israël que Trudeau et Chrétien.

La vérité est que le lobbyisme pro-israélien ou juif apparaît influent parce qu'il opère dans un climat politique favorable. Il défonce des portes ouvertes. Il faut mesurer sa puissance lorsqu'il est confronté à une vraie crise de pouvoir et nous pouvons nous référer à deux cas majeurs où cela s'est produit. 

En 1979, à l'instigation des israéliens et du premier ministre Menahem Begin, l'éphémère Premier ministre conservateur canadien Joe Clark, avait annoncé son intention de délocaliser l'ambassade de Tel-Aviv vers Jérusalem et effectivement reconnaître la souveraineté israélienne sur la ville.

Les menaces arabes et le risque de sanctions économiques ont poussé les PDG de Bell Canada, Banque Royale, ATCO et Bombardier, qui avaient tous des contrats importants dans la région, à faire pression sur Clark pour ne pas faire le déplacement. Gêné, le gouvernement fédéral a fait marche arrière, plus préoccupé par le pouvoir économique des multinationales que par le lobby pro-israélien ou juif.

De même, en 1956, quand Israël a envahi l'Égypte avec la Grande-Bretagne et la France, le Canada a dénoncé les agresseurs, en se rangeant du côté des États-Unis. Ils craignaient  que ce geste ajoute au prestige de Moscou dans une région géo-stratégiquement importante. Par ailleurs, la puissance hégémonique mondiale de Washington s'y est opposée et a voulu faire comprendre à Londres et à Paris qu'il y avait un nouveau maître au Moyen-Orient. En aidant à établir une force de paix de l'ONU pour soulager les troupes étrangères, Ottawa a choisi de s'allier aux États-Unis, et non avec le lobby pro-israélien ou juif.

Plutôt que la recherche de votes, le soutien d'Harper à Israël quoiqu'on en dise est plus lié à la base religieuse du parti conservateur du Canada. Tandis que les Protestants supportent le Sionisme, le soutien est particulièrement fort parmi les évangélistes qui croient que les Juifs doivent "retourner" au Moyen-Orient hâter la résurrection de Jésus et l'âge de l'Apocalypse.

Le B'nai Brith Tribune rapporte un discours d'un député conservateur à un événement majeur chrétien sioniste, à Toronto. "M. Jeff Watson, ( 14 )  député conservateur d'Essex, a transmis les salutations du premier ministre Stephen Harper. La création de l'État d'Israël accomplit la promesse de Dieu dans le Deutéronome extrait de la Bible pour rassembler le peuple juif de tous les coins du monde, a-t-il dit. " ( 15 )

Pierre Trudeau ( 09 )

Jean Chrétien ( 10 )

Brian Mulroney ( 11 )

Menahem Begin ( 12 )

Joe Clark ( 13 )

Environ 10 pour cent des Canadiens s'identifient comme évangéliques (y compris un certain nombre de ministres du cabinet à Ottawa). Le président du Centre canadien des études politiques, un groupe de droite, Joseph Ben-Ami ( 16 ), explique: «La communauté juive au Canada est forte de 3000 000; la communauté évangélique en compte 3,5 millions. La base de soutien réel pour Israël est chrétienne. 

Stephen Harper lors d'une conférence ( 17 )

Outre la mobilisation de certains évangéliques et des juifs, les affinités d'Harper à Israël est aussi motivée par le militarisme de ce pays. Les chefs conservateurs sont impressionnés par le grand rôle politique, culturel et économique que jouent les militaires d'Israël dans les affaires du pays. Ces dernières années les liens entre les militaires du Canada et d'Israël ont augmenté rapidement.

Lt. Gen. Gabi Ashkenazi à rencontré en 2010, son équivalent canadien General Walter Natynczyk, Chief of the Defense Staff des Forces canadienne. La rencontre se tenait dans le cadre de réunions de travail conjointes avec les USA

Les principaux généraux et les ministres de la Défense se visitent régulièrement. Dans le même temps, il y a eu une augmentation dans le partage des connaissances des armes et les relations entre les fabricants d'armes dans les deux pays ont considérablement augmenté. (Pour les détails voir l'analyse de Kole Kilibarda)
( 18 )

Historiquement, le soutien canadien en faveur d'Israël a largement reflété les relations des différents gouvernements à l'Empire américain.

La plupart des gouvernements fédéraux conservateurs sont subjugués par Washington. Brian Mulroney et Stephen Harper, par exemple, ont été les plus grands cheerleaders d'Israël.

La politique canadienne envers le Moyen-Orient a généralement été conçue pour soutenir les desseins impériaux des États-Unis sur une partie stratégique de la planète.

Et le soutien de longue date d'Ottawa à Israël a été fondé sur l'idée qu'il est un précieux poste militaire occidental.

L'ancien premier ministre du Canada, Lester B. Pearson, lorsqu'il était Ministre des Affaires étrangères était un fervent partisan d'Israël et conduisit dans ce sens la politique étrangère du Canada pendant des décennies.

Il a expliqué sa pensée dans un mémo en 1952 à l'intention du Cabinet des ministres: «Avec l'ensemble du monde arabe dans un état d'agitation interne et dans l'emprise de la lutte contre le montage -ouest de l'hystérie, Israël est en train d'émerger comme le seul élément stable dans la zone du Moyen-Orient tout entier.»

Lester B. Pearson ( 19 )

Pearson a poursuivi en expliquant comment « Israël peut assumer un rôle important dans la défense occidentale comme le pivot du sud de plans actuels pour la défense » de la Méditerranée orientale.

Politiquement, culturellement et économiquement dépendante de l'Amérique du Nord et de l'Europe, Israël est un avant-poste impérial occidental fiable situé au coeur d'un Moyen-Orient producteur de pétrole.

Pour plusieurs raisons impossible à décortiquer ici, Israël est massivement en opposition à ses voisins, augmentant ainsi son utilité géopolitique. Dans tous les autres pays du Moyen-Orient supportés par les États-Unis-d'Amérique, par exemple, les populations veulent que leur gouvernement ait moins à voir avec Washington alors que les Israéliens veulent des liens plus étroits.

Alvaro Uribe  ( 20 )

Juan Manuel Santos ( 21 )

Les développements récents en Colombie peuvent aider à illustrer ce point. Durant les dix dernières années, le président colombien Alvaro Uribe a agi comme un rempart pro-américain contre la marée montante de soutien au développement d'une tendance vers l'intégration de gauche latino-américaine qui balayait l'Amérique du Sud.

Mais, les événements récents suggèrent que cette dynamique tire peut-être à sa fin avec le successeur d'Uribe, Juan Manuel Santos.

Les Colombiens ont tout simplement trop de choses en commun avec leurs voisins (langue, histoire, culture) de sorte que le nouveau gouvernement a commencé à réorienter la politique régionale du pays contre la volonté de Washington.

Le caractère Colombien en font des alliés moins fiable sur le long terme. En contraste le caractère européen et colonial nord-Américain d'Israël semble en faire un allié fiable.

La puissance de l'empire a fait basculer Ottawa vers Israël et jusqu'à ce qu'il y ait une source importante de pouvoir politique au Canada (ou à l'international) pour soutenir les Palestiniens, il est probable que ça continue. La justice sociale, l'humanisme et la morale ont rarement motivé la politique étrangère canadienne. Au lieu de cela, c'est le pouvoir qui motive les affaires étrangères et les Palestiniens n'en ont jamais eu beaucoup.

Longtemps sous la domination ottomane, puis sous le contrôle britannique après la Première Guerre mondiale, les Palestiniens étaient un peuple opprimé et relativement impuissants. Les Palestiniens ont également le malheur de vivre sur des terres revendiquées par un mouvement essentiellement politique européen: le sionisme.

Historiquement, Ottawa s'est enligné avec les puissances coloniales et s'est opposé aux luttes de libération nationale. Le Canada s'est opposé au retrait des troupes néerlandaises d'Indonésie dans les années 1940. Pendant des décennies, le Canada a soutenu le colonialisme britannique en Afrique tandis qu'à la fin des années 1950 il a pris parti pour la France contre le mouvement de libération algérien. Dans les années 1970, Ottawa a soutenu le Portugal lorsque ce dernier a mené une guerre coloniale contre le peuple de l'Angola, le Mozambique et la Guinée Bissau. Il a fallu des décennies de lutte au sein du Canada - et un changement dans le climat international - pour qu'Ottawa retire son soutien au régime d'apartheid en Afrique du Sud.

Ah! et les critiques disaient que j'étais pour me draper dans le drapeau états-unien!

Politique extérieure du Canada au Moyen-Orient par le Parti Conservateur Canadien

Compte tenu de cette histoire, il n'est pas surprenant que le gouvernement fédéral s'oppose à la lutte de libération nationale palestinienne.

Se concentrer sur le lobby juif est de minimiser les vues pro-coloniales, pro-empire de la politique étrangère du Canada.

C'est une erreur de relier à une seule raison le soutien d'Ottawa à Israël. Ce soutien ne doit pas être dissocié d'un débat plus large de la politique étrangère canadienne.

Le mouvement de solidarité palestinien doit faire une critique plus explicite de la politique étrangère canadienne.

 Nous devrions «dé-ethniciser" le conflit. Ce n'est pas un problème arabe ou juif, mais plutôt une situation d'une importance mondiale sur la dignité humaine de base.
 

 

Sujets abordés

Qu'est-ce qui explique le soutien servile de Stephen Harper à Israël?
par Yves Engler ( 02 )

La politique du Moyen-Orient du Nouveau parti démocratique du Canada (NPD) et les liens indéfectibles de Thomas J. Mulcair avec Israël
par Sid Shniad & Fabienne Presentey
( 03 )

Le Parti Libéral du Canada (PLC) : politiques sur le Moyen-Orient

PDF 2 pages

La politique du Bloc Québécois sur le Moyen-Orient

PDF 3 pages

Vidéo "Le Canada sous influence" à propos de Stephen Harper et Israël

Vidéo à propos du lobby pro-israélien aux États-Unis-d'Amérique

 

Pour accéder à d'autres textes à propos de la Guerre, la Paix, la Révolution, l'Espionnage et les crimes contre l'Humanité, cliquez ici

Notes & Références encyclopédiques:

01

Qu'est-ce que le groupe Les Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO) ?

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02

Qui est Yves Engler ?

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03

Sid Shniad & Fabienne Presentey membres du comité directeur de
"Voix juives indépendantes du Canada"

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04

Qu'est-ce que l'antisémitisme ?

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05

Que sont les lois fondamentales d'Israël ?

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06

Qu'est-ce que l'Apocalypse ?

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07
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Qu'est-ce que la chaîne de télévision Al-Jazeera ? commentaire de JosPublic: la chaîne, qui avait bâti son succès et conquis une légitimité en incarnant, au moment de la guerre du Golfe, un regard arabe ( et professionnel ) sur l’actualité  - opposé à la propagande made in America de CNN – ne sortira pas indemne du « Printemps arabe« , ni de la crise syrienne où elle est apparue à beaucoup d’Arabes pour ce qu’elle était finalement : un instrument de propagande au service des ambitions de ses propriétaires, la dynastie qatari, et de ses « collègues » couronnés du Golfe.  Pour plus d'information sur la chaîne cliquez ici

 
 
 
 
 
 
 
 
 

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08

Qui est Avi Lewis ?

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09

Qui est Pierre-Elliott Trudeau ?

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10

Qui est Jean Chrétien ?

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11

Qui est Brian Mulroney ?

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12

Qui est Menahem Begin ?

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13

Qui est Joe Clark ?

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14

Qui est Jeff Watson ?

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15

Qu'est-ce que l'apocalypse chez les chrétiens fondamentalistes ?

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16

Qui est Joseph Ben-Ami ?

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17

Qui est Stephen Harper ?

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18
 
 

Canadian and Israeli Defense -- Industrial and Homeland Security Ties: An Analysis by
Kole Kilibarda

PDF 35 pages

 
 

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19

Qui est Lester B. Pearson ?

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20

Qui est Alvaro Uribe ?

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21

Qui est Juan Manuel Santos ?

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