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Il veut payer comptant, on
lui impose plus de 9000 $
d’intérêts
Des villes exigent à leurs
citoyens de financer sur 15
ans le paiement des travaux
de voirie.
Il n’est pas possible de payer comptant le total de la facture pour
économiser des frais
d’intérêts |
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Par Stéphan Dussault
Pour le magazine
Protégez-vous
Paru le 25 mars 2010
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Protégez-Vous répète fréquemment
l’importance de payer votre
carte de crédit en entier à la
fin du mois pour éviter de payer
des frais d’intérêts
exorbitants.
À l’opposé, des villes exigent
que des citoyens financent sur
15 ans le coût d’amélioration de
leur quartier au lieu régler la
note tout de suite, avons-nous
appris.
Un citoyen bien intentionné
L’an dernier, la ville de
Cowansville a fait d’importants
travaux d’aqueduc et asphalté la
rue Bernard. Comme c’est parfois
le cas, au lieu de répartir les
coûts sur l’ensemble de ses
citoyens, elle a envoyé une
facture aux seuls résidants de
cette rue.
Serge Lafortune détient deux
terrains. En juillet 2009, il
reçoit une lettre de la ville
indiquant qu’il devra payer
28 288 $. Le mois suivant, M.
Lafortune émet sans rechigner un
chèque de ce montant. Mais en
février dernier, soit six mois
plus tard, la ville lui retourne
son chèque et mentionne qu’il y
a eu erreur. Le montant doit
absolument être financé sur
15 ans!
Ainsi, l’excavation de sa rue
créera un trou encore plus
important dans son budget. En
ajoutant les intérêts, ce n’est
plus 28 288 $ qu’il devra payer,
mais 37 369 $, soit 9081 $ de
plus, une hausse de 32 %.
La loi, c’est la loi
«Est-ce qu’une municipalité
a le droit de refuser un
paiement comptant et d’obliger
un mode de paiement sur
plusieurs années?» demande Serge
Lafortune. Oui, si c’est prévu
au règlement, nous répond-on à
la ville. Contrairement à ce qui
était mentionné dans la première
lettre de la ville envoyée à M.
Lafortune, le règlement ne
prévoit pas de paiement
comptant!
Voici ce qui s’est vraiment
passé, selon l’entretien que
nous avons eu avec deux
responsables de la ville. Lors
des travaux, la ville a
contracté un emprunt pour
l’ensemble des coûts. Un emprunt
qu’elle ne peut rembourser d’un
bloc.
Or, si certains citoyens paient
comptant, les frais d’intérêt
demeureront les mêmes et devront
être absorbés par la ville et
les autres citoyens de la rue
Bernard.
«Habituellement, je suis les
conseils de Protégez-Vous et je
tente d’éviter des frais
d’intérêts, mais ce n’est pas
applicable dans ce cas-ci»,
confirme Me Joanne
Skelling, greffière de
Cowansville. Pour contourner le
problème, M. Lafortune pourrait
investir ce montant et espérer
obtenir des rendements qui
compenseront les frais
d’intérêts.
Dans cinq ans, lorsque le prêt
de 15 ans devra être renégocié,
il pourra demander à la ville de
s’y soustraire. Une modification
à la réglementation pourra alors
être faite.
En attendant, on lui répond que
c’est par souci d’équité qu’on
impose des frais d’intérêts à
tous!
Commentaire
de
JosPublic:
Ne nous laissons
pas obnubiler
par le fait que
le citoyen de
cette histoire
avait l'argent
disponible et
comptant pour
régler sa
facture. Je
parle ici du
principe.
La création des
paroisses, des
villes et
cités
au Québec
partait du
besoin de se
regrouper et de
se donner des
services
collectifs.
Ainsi, il en
coûtait moins
cher à chacun
pour obtenir un
service
qu'individuellement
nous ne pouvions
nous payer.
Aujourd'hui,
nous devons
constater que
les édiles
municipaux
croient tout
simplement que
ce qui est bon
pour eux est bon
pour tous. Sauf
que tous n'ont
pas accès aux
mêmes ressources
financières.
Vous aurez
remarqué qu'en
majorité les
élus.es
proviennent du
groupe de
personnes les
plus à l'aise
financièrement.
Le genre de
règlement
municipal tel
que voté par les
élus.es de
Cowansville peut
faire perdre sa
maison à une
personne dont
l'hypothèque est
déjà à la limite
de sa capacité
de payer,
ou
à une personne
qui a perdu son
emploi pour une
raison qui ne
dépendait pas
d’elle. Quant
aux jeunes
ménages, ils
devront oublier
l'accès à la
propriété.
L'outrage à la
notion du bien
commun dans ce
cas, réside dans
le fait de ne
pas faire payer
par toute la
ville
l'asphaltage de
certaines rues.
En transférant
aux
citoyens de
la rue qui
nécessite une
réfection, le
fardeau fiscal
des coûts, les
élus.es qui
résident
eux-mêmes dans
la même ville
s’évitent une
hausse de taxe
qui elle devrait
couvrir
l'ensemble des
coûts de gestion
et réfections de
tous les biens
de la ville.
L'égoïsme est
devenu une vertu
qui se conjugue
dans une
attitude
politique
portant le nom
de
conservatisme.
Pour JoPublic,
il n'y a pas de
petits gestes
égoïstes. Ils se
cumulent et
deviennent une
façon de gérer
les affaires de
la cité. Cette
attitude
rétrograde
retarde le
développement de
l'Humanité et
dans certains
cas le fait
régresser à
l'époque du
vivre en tribus.
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