Les manuels scolaires du Chili vont remplacer le terme de "dictature militaire" par "régime militaire", pour se référer au régime d'Augusto Pinochet (1973-90), un changement que le ministre de l'Education a justifié par l'usage plus répandu d'un "terme plus général".
La modification, révélée par un site internet d'information, relayée par l'Agence France Presse et confirmée par le ministre Harald Bayer, été approuvée en décembre 2011 par le Conseil national de l'Éducation (CNE), et concernera à terme les manuels d'histoire ou de langue de classes du cycle primaire chilien, pour les élèves de 6 à 13 ans environ.
Des considérations d'usage
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Harald Beyer, qui a pris ses fonctions après un remaniement ministériel, a souligné que le changement de contenu, qui normalement émane du ministère, a été approuvé par le CNE compétent, et a suivi "toutes les étapes et instances requises dans ces cas-là". Il a assuré qu'elle tient à des considérations d'usage, non politiques. |
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"Cela n'a rien à voir avec partisans ou détracteurs. Cela a à voir avec les expressions qui s'utilisent habituellement dans ces programmes (scolaires) dans diverses parties du monde", a déclaré Harald Beyer à des médias chiliens, dont Radio Cooperativa. "On utilise le terme plus général de régime militaire". |
Beyer, un universitaire réputé de 46 ans qui a été conseiller de plusieurs présidences en matière de réforme d'éducation, a d'ailleurs souligné que lui-même considérait le régime de Pinochet comme une dictature.
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"Je reconnais sans problèmes que cela a été un régime dictatorial", a-t-il déclaré de l'ère Pinochet, au bilan de 3 225 morts et disparus et 37 000 cas de torture et de détention illégale. |
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Le président Sebastian Piñera ( 02 ), élu en 2010, a ramené la droite au pouvoir au Chili pour la première fois 20 ans après la dictature. Sa majorité s'appuie sur deux partis, Rénovacion nationace (droite) de Sebastian Piñera, et la très conservatrice UDI, ancienne base politique d'Augusto Pinochet.
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La junte chilienne devant la justice française |
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Après plus de trente-cinq ans d'attente, un procès pour l'histoire et le symbole s'est ouvert, en décembre 2011, devant la cour d'assises de Paris : celui de 14 membres de l'ex-junte chilienne jugés, en leur absence, pour les disparitions de quatre Français ou Franco-Chiliens sous la dictature d'Augusto Pinochet.
Georges Klein, conseiller de Salvador Allende, a été arrêté en septembre 1973, dans les premiers jours de la dictature, tout comme l'ancien prêtre Etienne Pesle. Alphonse Chanfreau et Jean-Yves Claudet-Fernandez, deux membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire, ont disparu l'un en 1974, l'autre en 1975.
PAS D'EXTRADITION DE LA PART DU CHILI
Treize membres chiliens de la junte et un Argentin, essentiellement d'anciens militaires, âgés de 61 à 89 ans, ont été appelés à comparaître pour les faits d'"arrestations, enlèvements, séquestrations arbitraires avec torture ou actes de barbarie".
Aucun n'a pris place dans le box des accusés, bien que quasiment tous aient des domiciles connus dans leur pays d'origine. "La cour constate" qu'il n'y a pas d'accusé présent, ni d'avocat pour les représenter, a sobrement observé le président de la cour d'assises, Hervé Stephan, à l'ouverture de l'audience.
Les mandats d'arrêt internationaux délivrés par les juges d'instruction sont restés lettre morte, le Chili n'extradant pas ses ressortissants. La procédure dite de "défaut criminel" qui permet de les juger en leur absence autorise qu'ils soient représentés par un avocat, mais aucun n'en a manifesté l'intention jusqu'ici.
"PROCÈS À VALEUR SYMBOLIQUE"
Certains accusés, comme le général Manuel Contreras, fondateur de la direction du renseignement national (Dina, police secrète), ont déjà été condamnés au Chili pour des crimes commis durant la dictature et sont actuellement détenus.
Ce sera un procès "à valeur symbolique et historique considérable", assure Me William Bourdon ( 05 ), l'un des avocats des familles, qui y voit une occasion unique de dresser une "photographie judiciaire à peu près exhaustive de l'appareil de répression mis en place par le général Pinochet".
Augusto Pinochet, au pouvoir de 1973 à 1990, avait été mis en examen dans cette procédure française mais sa mort, en décembre 2006, a éteint l'action judiciaire à son encontre. Il n'a jamais eu à répondre en justice des crimes commis durant sa dictature.
En 1978, interrogé par la télévision, Augusto Pinochet expliquait que les disparitions relevaient d'une "propagande" ourdie depuis l'étranger.
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