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Les acteurs
Des actions technologiques au prix élevés de l’essence, Goldman Sachs a fabriqué toutes les manipulations du marché depuis la Grande Dépression de 1929 – et elle s’apprête à recommencer.
La première chose qu’il faut que vous sachiez sur Goldman Sachs, c’est qu’elle est partout. La banque d’investissement la plus puissante du monde est une formidable pieuvre vampire enroulée autour de l’humanité, enfonçant implacablement son suçoir partout où il y a de l’argent. En fait, l’histoire de la récente crise financière, qui est aussi l’histoire de la chute de l’Empire américain ruiné par des escrocs, se lit comme le "Qui? est Qui?" des diplômés de Goldman Sachs.
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Henri Paulson |
Aujourd’hui, la plupart d’entre nous connaissent les principaux
acteurs. En tant que dernier
ministre des Finances de
George Bush, l’ancien
PDG de Goldman Henri Paulson
a été l’architecte du
renflouage, un plan louche
pour détourner des milliers
de milliards de VOS dollars
vers une poignée de ses
vieux copains de Wall
Street. |
Robert Rubin, ex-ministre des finances de Bill Clinton, passa 26 ans chez Goldman avant de devenir président de Citigroup – banque qui, en retour, reçut de Paulson 300 milliards de dollars d’argent public.
Il y a John Thain, cet enfoiré de patron de Merryl Lynch, qui s’offrit un tapis à 87 000 $ pour son bureau alors que sa société implosait. Ancien de chez Goldman, Thain bénéficia d’un don de plusieurs milliards de dollars de Paulson, lequel utilisa aussi des milliards d’argent public pour aider Bank of America à sauver la société sinistrée de Thain.
Il y a Robert Steel, ancien de Goldman et patron de Wachovia, qui s’est accordé 225 millions de dollars de parachutes dorés, pour lui et ses cadres dirigeants, tandis que sa banque s’autodétruisait.
Il y a Joshua Bolten, directeur de cabinet
de Bush durant le renflouage, et Mark Patterson, en charge des finances dans le cabinet de Bush, qui était encore un lobbyiste de Goldman un an avant. Et Ed Liddy, un ancien directeur de
Goldman que Paulson a chargé du renflouage du géant de l’assurance AIG [1]. Après l’arrivée de Liddy, AIG a versé 13 milliards de dollars à Goldman.
Les directeurs des banques
centrales du Canada et d’Italie sont des anciens de Goldman, comme le sont le directeur de la Banque Mondiale, le directeur du New York Stock Exchange
[2],
les deux derniers directeurs
de la Réserve Fédérale de New York – laquelle est, à propos, maintenant chargée du contrôle de Goldman – sans parler de…
Mais toute tentative de construire la narration autour de tous les anciens de Goldman qui occupent des positions influentes devient un exercice absurde et sans objet, un peu comme
essayer d’établir la liste de toutes les choses sur Terre. Ce que vous devez voir est le plan d’ensemble : si l’Amérique est aspirée par un siphon, Goldman Sachs a trouvé le moyen d’être ce
siphon – une lacune extrêmement malheureuse dans le système capitaliste occidental, qui n’a jamais prévu que, dans une société qui se laisse passivement gouverner par le Marché libre
et des élections libres, la rapacité organisée gagne toujours sur la démocratie désorganisée.
La puissance et le pouvoir sans précédent de la banque lui ont permis de transformer l’Amérique en une pompe à fric géante, manipulant pendant des années des secteurs économiques
entiers, déplaçant ses pions quand tel ou tel marché s’effondre, et tout le temps se gorgeant de coûts cachés qui brisent des familles partout – prix du pétrole, taux des crédits à la
consommation, fonds de pension à moitié mangés, licenciements massifs, futurs impôts pour rembourser les renflouages. Tout cet argent que vous perdez, il va quelque part et, au sens
propre comme au figuré, il va à Goldman Sachs. Cette banque est une immense machine, hautement sophistiquée, pour convertir la richesse utile en la substance la moins utile, la plus
gâchée qui soit – le pur profit d’individus déjà riches.
Ils réalisent cela en utilisant encore et toujours le même protocole. La formule est relativement simple : Goldman se place au milieu d’une bulle spéculative, vendant des investissements
qu’ils savent être de la merde. Ils aspirent alors de vastes sommes des classes moyennes et basses de la société, avec l’aide d’un État invalide et corrompu qui leur permet de réécrire les
règles en échange de quelques pourboires que la banque jette aux politiciens. À la fin, quand la bulle éclate, laissant des millions de citoyens ordinaires sur le carreau, ils recommencent
tout le processus, venant à notre rescousse pour nous prêter avec intérêt notre propre argent, tout en se présentant comme des hommes désintéressés, juste une bande de chics types qui
sont là pour aider la machine à tourner. Ils nous ont fait le même coup encore et encore depuis les années 1920 – et aujourd’hui, ils se préparent à le faire encore en créant ce qui pourrait
bien être la plus grande et plus impudente bulle de tous les temps.
Si vous voulez comprendre comment nous sommes entrés dans cette crise financière, vous devez d’abord comprendre où tout l’argent est allé – et pour comprendre ça, vous devez
comprendre comment Goldman s’est débrouillé dans le passé. C’est une histoire longue de cinq bulles exactement – y compris le pic du prix du pétrole l’an dernier (2008), étrange et
apparemment inexplicable. Il y eut beaucoup de perdants dans chacune de ces bulles, ainsi que dans le renflouage qui suivit. Mais Goldman n’était pas parmi eux.
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Bulle n° 1
La grande Dépression |
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Goldman n’a pas toujours été le colosse de Wall Street, trop-gros-pour-faire-faillite, qu’il est devenu depuis longtemps. La banque a été fondée en 1869 par un immigrant allemand du nom
de Marcus Goldman, qui l’a développée avec son gendre Samuel Sachs. Ils ont été les pionniers de l’utilisation du « papier commercial », ce qui est juste une façon chic de dire qu’ils ont
fait de l’argent en prêtant à court terme à des emprunteurs occasionnels de Manhattan.
Vous pouvez probablement deviner l’évolution de Goldman dans ses 100 premières années : la courageuse banque, dirigée par des immigrants, gagne ses paris, se développe et se fait
des tonnes de fric. Dans cette histoire ancienne, il n’y a vraiment qu’un épisode qui mérite l’intérêt, à la lumière des récents événements : la désastreuse incursion de Goldman dans la folie
spéculative de Wall Street durant les années 1920, avant le crash.
Ce grand
"Hindenburg" (56) de l’histoire financière a quelques caractéristiques qui semblent familières. À l’époque, le principal instrument financier utilisé pour traire les investisseurs s’appelait un
« investment trust»
[3]. Semblables aux actuels fonds mutualisés, les trusts prenaient l’argent liquide des investisseurs, petits et grands, et (au moins en théorie) l’investissaient dans une palette de valeurs de Wall Street, mais les valeurs et leur montant étaient souvent cachés du public. Ainsi, un type normal pouvait investir 10$ ou 100 $ dans un trust et se sentir comme un
grand joueur. A peu près comme dans les années 1990, quand de nouveaux instruments tels que la spéculation "day trade"
[4]
ou la spéculation en ligne attirèrent des wagons de nouveaux
pigeons qui s’imaginaient des caïds de la finance, les fonds d'investissements attirèrent une nouvelle génération de types normaux dans le jeu spéculatif.
Débutant un processus qui se répètera encore et toujours, Goldman entra dans le jeu du fonds d'investissement tardivement, puis y plongea à fond et se goinfra. La première étape fut la Goldman Sachs Trading Corporation ; la banque émit un million d’actions à 100 $ pièce, acheta toutes ces actions avec son propre argent, puis en revendit 90 % à 104 $ à un public
affamé. La Trading Corporation acheta alors sans relâche des actions, faisant monter les prix toujours plus haut. Finalement, elle se débarrassa d’une partie de ses avoirs et finança un
nouveau trust, la Shenandoah Corporation, émettant des actions de ce fonds pour des millions de dollars – lequel à son tour finança encore un nouveau trust, la Blue Ridge Corporation. De
cette façon, chaque Fonds d'investissement servait de façade à une pyramide infinie d’investissements : Goldman se cachant derrière Goldman se cachant derrière Goldman. Sur les
7 250 000
actions initiales de Blue Ridge, 6 250 000 étaient en fait détenues par Shenandoah – laquelle, bien sûr, était en grande partie détenue par Goldman Trading.
Le résultat final (ça ne vous rappelle pas quelque chose ?) était une guirlande d’argent emprunté, du genre délicieusement vulnérable à une baisse de performance en n’importe quel point
de la chaîne. L’idée de base n’est pas difficile à voir : vous apportez un dollar et en empruntez neuf ; puis vous utilisez ces 10 $ pour en emprunter 90$ ; puis ces 100 $ servent à emprunter et investir 900 $, tant que le public continue à investir. Si le dernier trust de la chaîne commence à perdre de la valeur, vous n’avez plus l’argent nécessaire pour rembourser vos
investisseurs et tout le monde est massacré.
Dans un chapitre intitulé « En Goldman Sachs nous croyons » de son livre The Great Crash, 1929, le célèbre économiste John Kenneth Galbraith prend les trusts Blue Ridge et Shenandoah comme des exemples classiques de la folie de l’endettement par effet de levier
[5].
Les trusts, écrit-il, ont été une cause majeure du crack historique ; en dollars d’aujourd’hui,
les pertes des banques s’élevèrent à 475 milliards. « On ne peut s’empêcher de s’émerveiller de l’inventivité qui a conduit à cette gargantuesque folie », observe Galbraith, comme un Keith
Olbermann en tenue de soirée [6]. « Dans le domaine de la folie, l’échelle de celle-ci relève de l’Épopée. »
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Bulle
n° 2
Les valeurs technologiques (la bulle de l’Internet) |
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Faisons un saut de 65 ans dans le temps. Non seulement Goldman a survécu a l’effondrement des marchés du « Grand Crash Boursier de 1929 » qui a fait disparaître tant d’investisseurs qu’elle avait escroqué, elle devint la principale mandatrice
(7) des plus riches et puissantes compagnies du pays.
Grâce à
Sidney Weinberg, qui s’éleva du rang de concierge jusqu’à la tête de la firme, Goldman a été pionnière de l’introduction en bourse des sociétés, un des principaux et plus efficace moyen par lequel les sociétés lèvent de l’argent. Durant les décennies 1970 et 1980, Goldman n’était peut-être pas
encore "l’Etoile de la Mort" dévoreuse de planètes, politiquement influente, qu’elle est devenue aujourd’hui, mais elle était déjà dans le haut du panier, avec la réputation d’attirer les plus
brillants talents de Wall Street.
Étrangement, la banque avait la réputation de respecter la déontologie bancaire et d’avoir une approche patiente de l’investissement excluant le profit rapide ; ses cadres étaient entraînés à
intégrer le mantra de la firme : « avide de long terme ». Un ancien banquier de Goldman qui a quitté la firme au début des années 1990, se souvient d’avoir vu ses supérieurs renoncer à
une affaire très profitable sur la base qu’elle serait perdante sur le long terme. « Il nous est arrivé de rendre de l’argent à des grandes sociétés adultes qui voulaient mener des opérations non éthiques avec nous », dit-il. « Tout ce que nous avions fait était légal et honnête – mais notre crédo "avide de long terme" nous imposait de ne pas faire tel profit si le prix collectif à
payer était de nuire à la place financière».
À cette époque, quelque chose se passa. Il est difficile de dire quoi exactement ; c’est peut-être le fait que le co-président de Goldman au début des années 1990, Robert Rubin, suivit Bill
Clinton à la Maison Blanche où il dirigea le Conseil économique national et devint finalement le ministre des Finances
[8]. Tandis que les médias américains tombaient amoureux de la paire
de baby-boomers nichant à la Maison Blanche, des yuppies ayant eu 20 ans dans les années 60, il y eut aussi un franc béguin pour Rubin, qui fut présenté comme la plus brillante personne
qui ait jamais existé, sans l’ombre d’un doute laissant Newton, Einstein, Mozart et Kant loin derrière.
Rubin était l’archétype même du banquier de Goldman. Il était probablement né dans un complet à 4 000$, il avait sur le visage une expression qui semblait signifier « pardon d’être
tellement plus intelligent que vous » et, tel un monsieur
Spock, il ne semblait éprouver aucune émotion. Le seul sentiment humain qu’on aurait pu lui attribuer serait le cauchemar d’avoir à
voyager en classe touriste. Il devint un cliché national que tout ce que Rubin pensait était le mieux pour l’économie – un phénomène qui atteint son apogée en 1999, quand Rubin fit la
couverture du Time avec son adjoint aux Finances Larry Summers et le patron de la Fed
[9], Alan Greenspan, sous le titre "LE ComitÉ POUR SAUVER LE MONDE". Et « ce que pensait Rubin » essentiellement, c’était que l’économie américaine et en particulier les marchés financiers, étaient sur-règlementés et avaient besoin d’être libérés. Durant son passage aux
Finances, la Maison Blanche de Clinton prit une série de mesures qui eurent des conséquences radicales sur l’économie mondiale – à commencer par l’échec complet de Rubin à contrôler
son ancienne firme quand elle se lança dans sa première course folle aux profits immédiats et obscènes.
Le principe de l’escroquerie de la "bulle Internet ou technologique" est très facile à comprendre, même pour les nuls en finance. Des sociétés, qui ne valaient guère plus que des idées trouvées sous l’influence
du cannabis et écrites sur un coin de nappe par des fumeurs de joints attardés, furent introduites en bourse
[10], leur promotion assurée par les médias et vendues au public pour des
milliards. C’était comme si les banques, dont Goldman, avaient emballé dans un joli papier-cadeau des pastèques, les avaient lâchées du 50e étage tout en décrochant les téléphones pour
les mettre aux enchères. Dans ce jeu, vous ne gagnez que si vous récupérez votre argent avant que la pastèque n’atteigne le trottoir.
Ça semble évident maintenant, mais ce que l’investisseur moyen ne savait pas à ce moment-là, c’est que les banques avaient changé les règles du jeu pour améliorer l’apparence de ces
affaires. Elles avaient mis au point un système d’investissement à deux classes – une pour les initiés qui connaissaient les vrais chiffres et l’autre pour les profanes qui étaient invités à
suivre des prix gonflés que les banques elles-mêmes savaient être irrationnels. Alors que l’ancien fonctionnement de Goldman était de profiter des changements législatifs, son innovation
clé durant les années de la "bulle technologique-Internet" a consisté à abandonner ses propres normes de contrôle de qualité.
« Depuis la Grande Dépression, il existait de strictes règles de mandatement financier que Wall Street suivait lors de l’introduction en bourse », dit le gérant d’un des premiers hedge-funds.
[11] « La société doit exister depuis au moins 5 ans et elle doit avoir dégagé un bénéfice pendant au moins 3 années consécutives. Mais Wall Street a jeté ces règles à la
poubelle ». Goldman a complété le rideau de fumée en gonflant les actions contrefaites : « leurs analystes disaient partout que l'entreprise "Connerie.com" valait 100 $ l’action ».
Le problème c’est que personne n’avait dit aux investisseurs que les règles avaient changé. « Tout le monde dans les banques savait », dit le gérant. « Il est absolument sûr que Bob Rubin
connaissait les règles de l’introduction en bourse. Elles n’avaient pas bougé depuis les années 1930 ».
Jay Ritter, professeur de finances à l’Université de Floride, spécialiste des introductions en bourse, dit que les banques comme Goldman savaient parfaitement que de nombreuses sociétés
qu’elles introduisaient en bourse ne feraient jamais une cenne de bénéfice. « Au début des années 1980, les plus grandes banques exigeaient 3 années bénéficiaires. Puis, ça a été un an,
puis un trimestre. Au moment de la bulle Internet, les banques ne demandaient même pas une prévision de rentabilité ».
Goldman a nié avoir changé les normes de l’introduction en bourse durant les années de la "bulle technologique/Internet", mais ses propres statistiques démentent son affirmation. Comme elle avait fait pour les "fonds d'investissements" dans les années 1920, Goldman commença doucement les années Internet et finit surexcité. Après avoir introduit en bourse en 1996 une société peu connue, Yahoo!,
Goldman devint ensuite rapidement le roi de l’introduction en bourse de l’ère Internet. Parmi les 24 sociétés que la banque introduisit en bourse en 1997, un tiers perdaient de l’argent au
moment de l’introduction. En 1999, au sommet de la bulle, la banque introduisit en bourse 47 sociétés, parmi elles des mort-nées comme Webvan et eToys, des offres d’investissement qui
ressemblaient beaucoup à Blue Ridge et Shenandoah. Dans les quatre premiers mois de l’année suivante, Goldman introduisit en bourse 18 sociétés dont 14 perdaient de l’argent à ce moment-là. Comme premier mandataire des actions Internet durant la bulle, Goldman produisit un résultat beaucoup plus volatile que ses concurrents : en 1999, les actions des sociétés
introduites en bourse par Goldman montèrent de 281 % au dessus de leur prix d’introduction, comparé à une moyenne de 181 % pour Wall Street.
Comment Goldman réalisa-t-elle des résultats aussi extraordinaires ? Une réponse est qu’ils utilisèrent une pratique appelée « laddering/effet de levier
[12] », ce qui n’est qu’un mot chic pour dire qu’ils
ont manipulé les prix des actions offertes. Voici comment ça marche : disons que vous êtes Goldman Sachs et que la société "Connerie.com" vient vous voir pour vous demander de
l’introduire en bourse. Vous vous mettez d’accord sur les conditions habituelles : vous évaluez l’entreprise, déterminez le nombre d’actions offertes au public et embarquez le PDG de "Connerie.com" en tournée pour papoter avec les investisseurs, tout ça pour une commission substantielle (typiquement 6 à 7 % du capital récolté). Vous promettez alors à vos meilleurs
clients le droit d’acheter de gros paquets d’actions au prix d’introduction – disons que "Connerie.com" débute à un prix de 15 $ l’action – en échange de la promesse que ces clients
achèteront encore d’autres actions plus tard, sur le marché. Cette exigence, apparemment innocente, vous donne une connaissance d’initié de l’évolution du prix de l’action, connaissance
qui n’était pas partagée avec les couillons de courtiers banals, lesquels n’avaient que le prospectus pour se faire une idée. Vous savez que certains de vos clients qui ont acheté X actions à
15 $ vont aussi en acheter Y de plus à 20 ou 25 $, ce qui garantit pratiquement que le prix va monter jusqu’à 25 $ et au-delà. De cette façon, Goldman pouvait faire monter artificiellement le
prix de l’action, ce qui, évidemment, profitait à la banque – une commission de 6 % sur 500 millions de dollars, c’est de l’argent.
Goldman fut poursuivi plusieurs fois par des actionnaires pour s’être livré à l'utilisation de l'effet de levier à l’occasion de l’introduction en bourse de plusieurs sociétés Internet, dont Webvan et NetZero. Ces
manoeuvres frauduleuses attirèrent aussi l’attention de Nicholas Maier, manager de Cramer & Co., le fonds spéculatif dirigé à l’époque par le salaud de Jim Cramer, maintenant célèbre animateur de télévision, un autre ancien de Goldman.
Maier dit à la
Securities Exchange Commission
(SEC)
[13] que, quand il travaillait pour Cramer entre 1996 et 1998, il a été forcé à plusieurs reprises de participer à
des opérations d'effet
de levier pour les introductions en bourse de Goldman.
«
D’après ce dont j’ai été témoin, Goldman était la pire délinquante
», dit Maier. « Ils ont complètement nourri la bulle. Et c’est précisément ce genre de comportement qui a causé
l’effondrement du marché. Ils ont bâti ces actions sur une base illégale – ont manipulé le prix à la hausse – et, vers la fin, ce sont les petits qui ont fini par acheter
». En 2005, Goldman
accepta de payer 40 millions de dollars pour ses fraudes d'effet
de levier – une amende ridicule comparée aux énormes profits que la banque a réalisés. (Goldman, qui a nié avoir mal agi
dans tous les procès qu’elle a arrêtés par une négociation
hors cour, a refusé de répondre à
mes questions concernant cette histoire.)
Une autre pratique à laquelle Goldman s’est livrée durant la
"bulle technologiques/Internet" était le « spinning », mieux connu sous le nom de corruption. Dans ce cas, la banque offrait aux cadres dirigeants
de la société mise en bourse des actions à un prix très préférentiel, en échange de leur clientèle future. Les banques qui pratiquaient le
"spinning" sous-estimaient le prix initial d’introduction
sur le marché,
s’assurant ainsi que ce prix bas, dont elles faisaient profiter les initiés, allait très probablement monter rapidement, apportant ainsi des gains immédiats aux cadres favorisés. Ainsi, au lieu
d'offrir l'entreprise "Connerie.com" à 20 $, la banque approchait le PDG de
"Connerie.com" et lui offrait un millions d’actions de sa propre société à 18 $ en échange de sa clientèle – avec comme effet
de voler tous les nouveaux actionnaires de
"Connerie.com" en détournant vers le compte privé du PDG des liquidités qui, sinon, seraient allées sur le compte de la société.
Dans un cas, on prétend que Goldman aurait ainsi offert plusieurs millions de dollars au PDG d’eBay Meg Whitman, lequel rejoignit plus tard le directoire de Goldman, en échange de la
clientèle future d’eBay. D’après un rapport du comité des services financiers de
la Chambre des représentants, Goldman a fait cette offre spéciale aux cadres dirigeants de 21 sociétés
qu’elle a introduites en bourse, y compris le
cofondateur de Yahoo ! Jerry Yang et deux des plus grands gredins de l’âge des scandales financiers –
Dennis Kozlowski de Tyco et Ken Lay
d’Enron. Goldman dénonça avec colère le rapport, le qualifiant de « flagrante distorsion des faits » - peu de temps avant de payer 110 millions de dollars pour mettre fin à une enquête sur
le
"spinning" et autres malversations lancée par les autorités de l’État de New York.
« "Le spinning" lors des introductions en bourse n’était pas une peccadille sans importance », dit le
procureur général de l’époque,
Eliot Spitzer. « Au contraire, c’était une partie intégrante d’un schéma frauduleux destiné à gagner des parts du marché de la banque d’affaires.
»
De telles pratiques ont contribué à faire de la bulle
technologique/Internet un des plus grands désastres de l’histoire : quelques cinq mille milliards de dollars de richesse furent effacés sur la
bourse NASDAQ seulement. Mais le vrai problème n’est pas l’argent perdu par les actionnaires, c’est l’argent gagné par les banquiers d’affaires, qui reçurent de copieuses primes pour avoir faussé le
marché. Au lieu d’avoir appris à Wall Street que les bulles finissent toujours par dégonfler, les années
Technologiques/Internet ont démontré aux banquiers qu'à l’âge du capital circulant librement et des
sociétés financières privées, les bulles sont incroyablement faciles à créer et les primes individuelles sont en fait plus grosses quand la folie et l’irrationalité l’emportent.
Nulle part ceci n’a été plus vrai que chez Goldman. Entre 1999 et 2002, la firme a versé 28,5 milliards de dollars de primes – en gros une moyenne de 350.000 $ par an et par employé.e. Ces
montants sont importants parce que l’héritage clé de la bulle
Technologique/Internet est que l’économie est maintenant conduite en grande partie par le maintien des énormes salaires et bonus que de
telles bulles rendent possibles. Le mantra de Goldman, «avide de long terme», s’est évanoui quand le jeu est devenu toucher son chèque avant que la pastèque ne touche le trottoir.
Le marché n’était plus un lieu gouverné par la raison pour développer des entreprises rentables : il était devenu l’immense océan de l’argent des autres où les banquiers attiraient de vastes
sommes par tous les moyens imaginables, pour essayer de convertir cet argent en bonus et salaires le plus vite possible. Vous avez
utilisé l'effet de levier et
pratiquer la corruption avec 50 introductions
de sociétés Internet, et alors ? Le temps que la SEC vienne vous mettre une amende de 110 millions de dollars$, le yacht que vous avez acheté avec vos bonus avait déjà 6 ans. De plus,
vous n’étiez probablement plus chez Goldman à ce moment-là, en charge des finances du pays ou de l’État du New Jersey. Un des moments vraiment comiques de l’histoire de
l’effondrement de la bulle
technologique/Internet fut quand le gouverneur du New Jersey Jon Corzine, qui dirigea Goldman de 1994 à 1999 et partit avec 320 millions de dollars grâce aux introductions en
bourse, affirma en 2002 : «
Je n’avais jamais entendu le terme
"effet de levier" jusqu’à aujourd’hui.
»
Pour une banque qui paye 7 milliards de dollars par an en salaires, 110 millions d’amendes à payer 5 ans plus tard étaient rien moins que dissuasives – c’était une plaisanterie. Une fois
que la bulle
technologique/Internet avait éclaté, Goldman n’avait aucune incitation à réexaminer sa nouvelle stratégie de recherche du profit ; la banque chercha juste une autre bulle à gonfler. Il s’avéra
que, en grande partie grâce à Rubin, une autre était prête.
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Bulle n° 3
La vogue de l’immobilier |
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Le rôle de Goldman dans le désastre absolu que fut la bulle immobilière n’est pas difficile à retracer. Là aussi, la combine de base fut une dégradation des règles bancaires, bien que dans
ce cas il ne s’agissait pas des règles d’introduction en bourse, mais de celles des prêts immobiliers. Maintenant, presque tout le monde sait que, pendant des décennies, les prêteurs
exigeaient des emprunteurs qu’ils soient capables de fournir au moins 10 % d’apport personnel, qu’ils aient des revenus réguliers, une bonne côte de crédit ainsi qu’un vrai prénom et
patronyme. Mais, à l’aube du nouveau millénaire, les prêteurs jetèrent subitement tout ce caca par la fenêtre et commencèrent à signer des prêts sur des serviettes en papier à des
serveuses et d’ex-taulards ayant en poche cinq balles et une barre de
chocolat Mars
[14].
Rien de cela n’aurait été possible sans les banquiers d’affaires comme Goldman, qui créèrent des véhicules pour emballer ces adorables prêts et les vendre en masse à des compagnies
d’assurance et des fonds de pension sans défiance. Ceci créa un marché de masse pour la dette toxique qui n’aurait jamais existé avant. Dans l’ancien temps, aucune banque n’aurait
voulu avoir en portefeuille le prêt d’un quelconque ex-taulard
drogué sachant la probabilité qu’il ne soit pas remboursé. En d’autres mots, vous ne pouvez signer de tels prêts que si vous
avez quelqu’un à qui les vendre, quelqu’un qui ignore ce qu’ils sont en réalité.
Goldman utilisa deux méthodes pour dissimuler la saleté qu’ils vendaient. En premier lieu, ils ont fait des liasses de centaines de différents prêts immobiliers dans des instruments appelés
CDO
[15].
Ensuite, ils ont vendus aux investisseurs l’idée que, parce qu’une liasse de ces prêts se comporterait bien dans l’ensemble, il n’y avait pas de raison de s’inquiéter trop des
« adorables
[16]
». Le CDO, dans son ensemble, était solide. Ainsi, les prêts notés comme des déchets ont été transformés en investissements notés AAA
[17]. En
second lieu, pour se
couvrir contre le risque sur ses propres paris, Goldman obtint une assurance de compagnies comme
AIG
[18]
assurance connue sous le nom de CDS
[20]
– sur les CDO. Les CDS étaient
fondamentalement un pari sur une course de chevaux entre AIG et Goldman : Goldman parie que les ex-taulards vont faire défaut sur leur prêt, AIG parie qu’ils le rembourseront.
Il y avait un seul problème avec ces affaires : toute leur mécanique était exactement le genre de spéculation dangereuse que les agences fédérales sont supposées refréner. Les produits
financiers dérivés comme les CDO et les CDS avaient déjà provoqué une série de catastrophes financières :
Procter & Gamble et Gibson Greetings y perdirent tous deux des fortunes. En
Californie, le comté d’Orange fut forcé de se déclarer en cessation de paiement en 1994. Cette année-là, un rapport du bureau de comptabilité du Gouvernement
[21]
recommandait de
réglementer strictement ce type d’instruments financiers – et, en 1998,
la présidente de la commission des transactions à terme
sur les matières premières
[22] [CFTC],
Brooksley Born,
confirma cette recommandation. En mai 1998, elle écrivit une lettre à l’administration Clinton et aux dirigeants économiques suggérant que les banques soient tenues de fournir plus de
détails sur le négoce des dérivés et qu’elles soient aussi tenues de faire des provisions pour amortir les pertes.
Plus de règlementation n’était pas exactement ce que Goldman avait en tête. « Les banques sont furieuses – elles veulent bloquer la réforme », dit
Michael Greenberger, qui travaillait pour
Born comme
directeur des marchés et des transactions financières à la CFTC et qui est maintenant professeur de droit à l’université du Maryland. «
Greenspan, Summers, Rubin et [le
patron de la SEC Arthur] Levitt veulent aussi la bloquer. »
Cette bande des quatre de Clinton régnant sur l’économie – «
spécialement Rubin », selon Greenberger – convoqua Born pour une réunion et ils plaidèrent leur cause. Malgré cela, Born
refusa de faire machine arrière et continua à demander une meilleure règlementation des dérivés. Aussi, en juin 1998, Rubin dénonça publiquement la position de Born, recommandant
finalement que la CFTC soit privée de son pouvoir de règlementation. En 2000, le dernier jour de sa législature, le Congrès adopta la – maintenant fameuse – loi de modernisation des
transactions à terme sur les matières premières
[22], loi
qui fut insérée à la dernière minute dans un collectif
budgétaire de plus de 1000 pages, avec presqu’aucun débat au Sénat. Les
banques étaient maintenant libres d’échanger des CDS en toute impunité.
Mais l’histoire ne se termina pas là. En 2000, AIG, le principal fournisseur de CDS, approcha le département des assurances de l’État de New York pour lui demander si les CDS seraient
règlementés en tant qu’assurances. À l’époque, le bureau des assurances était dirigé par
Neil Levin, un ancien vice-président de Goldman. Celui-ci décida que les CDS ne seraient pas
règlementés. Devenue libre d’émettre des CDO et d’acheter des CDS autant qu’elle voulait, Goldman se jeta frénétiquement dans le marché du prêt immobilier.
En 2006, à l’apogée de la
bulle, Goldman avait émis pour 76,5 milliards de dollars de produits dérivés basés sur des prêts immobiliers – un tiers de ces prêts étant des subprimes -, la plus grande part de ces produits
étant vendue à des investisseurs institutionnels comme des fonds de pension et des compagnies d’assurance. Et, dans ces émissions massives, il y avait de vastes marécages de merde.
Prenons une émission de cette année-là,
GSAMP Trust 2006-S3 pour 494 millions de dollars. De nombreux prêts correspondaient à un second emprunt par les emprunteurs et leur capital
moyen ne valait que 0,71 % de leur emprunt. De plus, 58 % des prêts étaient peu ou pas documentés – pas de nom de l’emprunteur, pas d’adresse, juste le code postal. Malgré cela, les
deux principales agences de notation, Moody’s et Standard & Poor’s, donnèrent à 93 % de l’émission la note « qualité pour investisseur »
[23].
Moody’s prédisait que moins de 10 % des
prêts feraient défaut. En réalité, 18 % furent en défaut de paiement dans les 18 mois.
Mais Goldman n’était pas exposée au risque. La banque pouvait acheter ces prêts affreux, complètement irresponsables, à des firmes pires que des gangsters comme
Countrywide et les revendre à des municipalités et des retraités – des vieux, bon sang ! – en affirmant que ce n’était pas la pire bouse de vache qu’on ait jamais vue. Mais tout en faisant cela, la banque
prenait des positions à la baisse sur ce marché. En clair, elle pariait contre la merde qu’elle-même vendait. Pire encore, Goldman s’en félicitait publiquement. « Le secteur du prêt immobilier
continue à être faible », se vantait
David Viniar, responsable financier de la banque, «
en conséquence, nous avons subi des pertes sur nos positions acheteuses… Cependant, notre
gestion du risque sur ce marché consistait à être baissier et notre position nette vendeuse a été bénéficiaire ». En d’autres termes, les dérivés de prêts immobiliers que Goldman vendait
étaient pour les crétins.
On ne pouvait gagner de l’argent qu’en pariant contre ces mêmes prêts immobiliers.
« Voilà jusqu’où ces salopards ont osé aller
», dit le gérant d’un Hedge fund. «
Au moins, avec les autres banques, vous pouviez dire qu’elles étaient seulement stupides – elles croyaient à
ce qu’elles vendaient et elles ont implosé avec la bulle. Goldman savait ce qu’elle faisait ». Je demande au gérant comment il se peut que vendre quelque chose et parier contre – surtout si
vous en savez plus sur les faiblesses des produits que le client – ne soit pas considéré à un délit d’initié.
«
C’est exactement un délit d’initié », dit-il, «
c’est le coeur même du délit d’initié
».
Finalement, de nombreux investisseurs fâchés se sont regroupés. Après l’éclatement de la bulle immobilière, comme une répétition virtuelle de la bulle Internet, Goldman fut touché par une
vague de procès, dans lesquels la banque fut accusée d’avoir caché l’information pertinente sur la qualité des prêts immobiliers qu’elle émettait.
Les autorités de l’État de New York
poursuivent Goldman ainsi que 25 autres courtiers pour avoir vendu des liasses des prêts merdeux de Countrywide à des fonds de pension de fonctionnaires, lesquels ont perdu 100
millions de dollars sur leur investissement. Le
Massachusetts aussi a enquêté sur Goldman pour les mêmes raisons, agissant au nom de 714 détenteurs de prêts prédateurs. Mais cette fois
encore, Goldman s’en est sortie pratiquement indemne, écartant les menaces en acceptant de payer une somme dérisoire, 60 millions de dollars$ – environ ce que son département des
CDO gagnait en un jour et demi pendant le boom immobilier.
Les conséquences de la bulle immobilière sont toutes bien connues – elle a conduit, plus ou moins directement, à l’effondrement de
Bear Stearns, Lehman Brothers et
AIG, dont le
portefeuille toxique de CDS était composé, pour une part significative, d’assurances que des banques comme Goldman avaient achetées pour couvrir le risque de leur propre portefeuille
immobilier. En fait, au moins 13 milliards de dollars d’argent public, donnés à AIG pour son renflouage, sont allés à Goldman, ce qui signifie que la banque a gagné deux fois sur la bulle
immobilière : elle a d’abord arnaqué les investisseurs qui ont acheté ses CDO pourris en pariant contre ses propres produits merdeux, puis elle s’est retournée et a arnaqué le contribuable
en le faisant payer ces mêmes paris.
Et de nouveau, tandis que le monde s’effondrait autour de la banque, Goldman s’assura que tout irait très bien du côté des rémunérations. En 2006, le montant des rémunérations grimpa à
16,5 milliards de dollars – une moyenne de 622.000 $ par employé. Comme l’expliqua un porte-parole de Goldman, « Nous travaillons très dur ici
».
Mais le meilleur était encore à venir. Tandis que l’effondrement de la bulle immobilière expédia la plupart du monde financier vers la sortie ou la prison, Goldman doubla la mise – et,
presque seul, créa encore une autre bulle, une dont le monde ignore encore que la firme y est impliquée.
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Bulle n° 4
Le
pétrole à
4$
le gallon aux USA |
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Au début de 2008, le monde financier était en plein désarroi. Wall Street avait passé les 25 dernières années à provoquer un scandale après l’autre, ce qui ne laissait pas grand-chose à
vendre qui ne fût avarié. Les termes junk bond
[24],
IPO, subprime mortgage
[25] et
autres mets financiers qui furent en vogue un temps, étaient maintenant fermement associés à des
escroqueries dans l’esprit du public. Les termes CDS et CDO allaient bientôt les rejoindre. Les marchés de crédit étaient en crise et le mantra qui avait sous-tendu l’économie fantasmatique
des années Bush – la croyance que les prix de l’immobilier ne baissent jamais – n‘était plus qu’un mythe effondré, laissant Wall Street réclamer à grand cris un nouveau paradigme de
connerie à lancer.
Où aller ? Avec un public réticent à mettre de l’argent dans quoi que ce soit qui ressemble à un investissement papier, la Street déménagea en douce le casino vers le marché des matières
premières physiques
[26] – les
trucs que vous pouvez toucher : maïs, café, cacao, blé et, avant tout, les matières premières énergétiques, surtout le pétrole. En conjonction avec la baisse
du dollar, la restriction du crédit
[27] et l’effondrement de l’immobilier provoquèrent une « fuite vers les matières premières »
[28]. En
particulier, le prix du pétrole à terme
[29]
est
monté en
flèche, le baril passant de 60 $ mi-2007 à un plus haut de 147 $ à l’été 2008.
Cet été là, tandis que la campagne présidentielle montait en puissance, la raison donnée pour expliquer la montée du prix de l’essence jusqu’à 4,11 $ le gallon
[30]
était que le
monde faisait
face à un problème d’approvisionnement en pétrole. Dans un classique exemple de la façon dont Républicains et Démocrates répondent aux crises par de féroces polémiques sur des
points stupides et hors-sujet,
John McCain prétendait que mettre fin au moratoire sur l’exploitation en mer
[31] serait
«
très utile à court terme », tandis qu’Obama, en bon yuppie libéral,
défendait l’idée qu’un investissement fédéral dans la voiture hybride était la solution.
Mais tout était mensonger. Il est vrai que la production pétrolière globale va finir par s’épuiser, mais la production à court terme était en fait en augmentation. Selon l’Administration pour
l’information sur l’énergie
[32], dans les
six mois qui ont précédé l’envolée des prix, l’offre mondiale de pétrole était passée de 85,24 millions de barils par jour à 85,72 millions. Sur la même
période, la demande avait chuté de 86,82 millions de barils par jour à 86,07 millions. Non seulement l’offre à court-terme avait augmenté, mais la demande avait baissé – ce qui, en termes
économiques classiques, aurait dû faire baisser les prix à la pompe.
Alors d’où provenait l’énorme hausse des prix du pétrole ? Devinez. Évidemment, Goldman a été aidé – il y avait d’autres joueurs dans le marché des matières premières physiques - mais
la cause initiale a tout à voir avec le comportement d’un petit nombre de puissants acteurs déterminés à transformer en casino spéculatif ce marché qui avait été, jusque-là, sérieux.
Goldman procéda en convaincant des fonds de pension et d’autres grands investisseurs institutionnels d’investir dans le marché à terme du pétrole
[33] – en
acceptant d’acheter du pétrole
à un certain prix à une date fixée à l’avance. L’initiative transforma la nature du pétrole : d’une matière première rigidement soumise à la loi de l’offre et de la demande, il devint un objet de
paris, comme les actions. Entre 2003 et 2008, le volume d’argent spéculatif dans les matières premières passa de 13 milliards à 317 milliards de dollars, un accroissement de 2.300 %. En
2008, un baril de pétrole changeait de main, sur le papier, 27 fois en moyenne avant d’être livré et consommé.
Comme c’est souvent le cas, il existait une loi, datant de la Grande Dépression, pour empêcher spécifiquement ce genre de choses. Le marché des matières premières était d’abord destiné
à aider les agriculteurs. Un cultivateur préoccupé par une éventuelle future baisse des prix pouvait signer un contrat de vente de son maïs à un certain prix, pour une livraison plus tard ;
grâce à cela, il lui était moins utile de stocker lui-même sa récolte. Quand personne n’achetait du maïs, l’agriculteur pouvait vendre à un intermédiaire appelé « spéculateur traditionnel »,
lequel stockait le grain pour le vendre plus tard, quand la demande était plus forte. De cette façon, il y avait toujours quelqu’un pour acheter à l’agriculteur, même quand le marché n’avait
pas besoin, temporairement, de sa récolte.
Cependant, en 1936, le Congrès reconnu qu’il ne devait jamais il y avoir plus de spéculateurs dans ce marché que de producteurs et de consommateurs. Si cela arrivait, les prix seraient
alors affectés par autre chose que l’offre et la demande et la manipulation des cours s’ensuivrait. Une nouvelle loi donna le pouvoir à la CFTC
[34]
– le même organisme qui tenta vainement
plus tard de règlementer les CDS – d’imposer des limites aux opérations spéculatives sur les matières premières. Grâce à la supervision de la CFTC, la paix et l’harmonie régna sur les
marchés de matières premières pendant plus de 50 années.
Tout cela changea en 1991 quand, à l’insu de presque tout le monde,
J. Aron, une filiale de Goldman spécialisée dans le négoce des matières premières, écrivit à la CFTC en utilisant un
argument inhabituel. Les agriculteurs possédant de gros stocks de maïs, argumentait Goldman, n’étaient pas les seuls qui avaient besoin de se couvrir contre le risque de baisse des prix –
les négociants de Wall Street qui font de gros paris sur le prix du pétrole avaient, eux aussi, besoin de se couvrir contre leur risque, parce que, eh bien, eux aussi risquaient de perdre
beaucoup d’argent.
C’était vraiment n’importe quoi – la loi de 1936, rappelez-vous, avait été écrite pour faire spécifiquement la distinction entre les négociants qui achetaient et vendaient une marchandise
réelle, tangible et ceux qui traitaient seulement du papier. Mais la CFTC, étonnamment, accepta l’argument. Elle donna à la banque un laissez-passer, appelé « exemption pour couverture
de bonne foi »
[35],
permettant à la filiale de Goldman de se prétendre négociant de matières premières réelles et d’échapper ainsi à toutes les limites imposées aux spéculateurs. Dans les
années qui ont suivi, la commission accorda discrètement des exemptions à 14 autres compagnies.
Goldman et d’autres banques étaient alors devenues libres d’attirer plus d’investisseurs dans les marchés de matières premières, permettant aux spéculateurs de faire des paris de plus en
plus gros. Cette lettre de Goldman en 1991 conduisit plus ou moins directement à la bulle pétrolière de 2008, quand le nombre des spéculateurs sur le marché – motivés par la crainte de la
chute du dollar et l’effondrement de l’immobilier – submergea finalement producteurs et consommateurs. En 2008, les trois quarts au moins de l’activité sur les marchés de matières
premières était spéculative, selon un employé du Congrès qui a étudié les chiffres – et ce chiffre est probablement sous-évalué. Vers le milieu de l’été 2008, malgré une offre en hausse et
une demande en baisse, nous payions 4 $ le gallon
d'essence (usa) chaque fois que nous nous arrêtions à la pompe.
Ce qui est encore plus stupéfiant c’est que la lettre d’exemption à Goldman, ainsi que la plupart de celles qui ont suivi, furent données plus ou moins en secret. «
J’étais le chef de la
division des marchés et
Brooksey Born était la patronne de la CFTC
», dit Greenberger, « et ni elle ni moi ne connaissions l’existence de cette lettre ». En fait, les lettres ne furent connues
que par accident. L’année dernière, un employé du comité pour l’énergie et le commerce de la Chambre
[36] se
trouvait à une réunion quand des officiels de la CFTC firent une référence
impromptue aux exemptions.
«
J’avais été invité à une réunion que la commission organisait sur l’énergie
», raconte l’employé, « et, soudain, au milieu de la réunion, ils commencent à dire
""Ouais, nous écrivons ces
lettres depuis des années maintenant’’.
J’ai levé la main et dit ``Vraiment ? Vous avez écris une lettre ? Puis-je la voir ? ’’ Ils firent des ``Hum, hum’’ d’embarras, la discussion tourna en rond
un moment et à la fin, ils ont dit
"Il nous faut l’accord de Goldman Sachs’’. J’ai demandé ``Qu’est-ce que vous voulez dire par
"demander l’accord de Goldman Sachs?’’’ ».
La CFTC cita un règlement qui interdisait de communiquer toute information concernant la position courante d’une société sur le marché. Mais la demande de l’employé concernait une
lettre écrite 17 ans plus tôt. Elle n’avait plus aucun rapport avec la position courante de Goldman. De plus, l’article 7 de la loi de 1936 sur les matières premières donne au Congrès
états-uniens le droit
d’obtenir de la CFTC toute l’information qu’il veut. Pourtant, dans une parfaite illustration de la mainmise totale de Goldman sur le gouvernement, la CFTC attendit l’accord de la banque
avant de transmettre la lettre.
Armée de son exemption à moitié secrète conférée par le gouvernement, Goldman était devenu l’architecte en chef d’une gigantesque salle de paris. Son
Goldman Sachs Commodities
Index – indice qui suit les prix des 24 principales matières premières, mais dans lequel le pétrole est surpondéré – devint le lieu où les fonds de pension, les compagnies d’assurance et
d’autres investisseurs institutionnels pouvaient placer des paris massifs à long terme sur les prix des matières premières. Tout aurait été très bien s’il n’y avait eu quelques petits problèmes.
L’un de ces problèmes était que les spéculateurs sur indice font surtout des paris à la hausse [37]
et rarement
sur la baisse
[38].
Si ce type de comportement est bon pour un marché
d’actions, il est désastreux pour les matières premières, parce qu’il fait continuellement monter les prix. « Si les spéculateurs sur l’indice avaient aussi pris des positions à la baisse comme
à la hausse, vous auriez vu les prix monter et descendre
», dit Michael Masters, gérant d’un hedge fund qui a contribué à révéler le rôle des banques d’affaires dans la manipulation du prix
du pétrole. «
Mais ils poussent les prix dans une seule direction : vers le haut. »
Pour aggraver encore le problème, Goldman elle-même a utilisé toute sa puissance pour encourager la hausse du prix du pétrole.
Arjun Murti, un analyste de Goldman, salué comme un
« oracle du pétrole » par le New York Times, prédit un « super pic », pronostiquant un prix du baril à 200 $. Dans le même temps, Goldman était lourdement investie dans le pétrole, à
travers sa filiale J. Aron ; la banque possédait aussi une part d’une des plus grandes raffineries dans le
Kansas, où elle stockait le brut qu’elle achetait et vendait. Bien que l’offre de pétrole
suivît la demande, Murti lançait en permanence des alertes de pénurie mondiale de pétrole, allant jusqu’à révéler publiquement qu’il possédait deux voitures hybrides. Le prix élevé,
prétendait la banque, est d’une certaine façon la faute de ce cochon de consommateur américain. En 2005, les analystes de Goldman répétaient qu’on ne saurait pas quand le prix allait
cesser de monter tant qu’on ne saurait pas « quand les consommateurs américains arrêteront d’acheter des SUV
[39]
gouffres à essence et chercheront des alternatives moins
gourmandes. »
Mais ce n’était pas la consommation réelle de pétrole qui faisait monter les prix – c’était le négoce du pétrole papier. À l’été 2008, les spéculateurs sur les matières premières avaient acheté
et empilé assez d’options sur le pétrole
[40]
pour remplir
1,1 milliards de barils de pétrole ; ce qui signifie que les spéculateurs possédaient plus de pétrole à terme, sous forme papier, qu’il
n’y avait de pétrole physique stocké dans toutes les cuves de stockage du pays, y compris celles de la Réserve Stratégique
[41]. C’était une
répétition à la fois de la bulle Internet et de la
bulle immobilière, quand Wall Street faisait exploser les profits du jour en vendant à des idiots des parts d’un avenir fantasmatique où les prix monteraient éternellement.
Dans ce qui était devenu un processus douloureusement familier, la pastèque du pétrole frappa brutalement le trottoir durant l’été 2008, causant une perte massive de richesse ; le prix du
brut plongea de 147 $ à 33 $
[42]. À nouveau, les grands perdants étaient des gens ordinaires. Les retraités, dont les fonds de pension avaient investi dans cette merde, furent massacrés :
CalPERS
[43], le
fonds de pension des fonctionnaires de Californie, avait 1,1 milliard de dollars investi dans les matières premières quand la chute arriva. Et les dégâts ne provenaient pas
que du pétrole. Gonflés par la bulle des matières premières, les prix alimentaires provoquèrent des catastrophes sur toute la planète, réduisant à la famine environ 100 millions de
personnes et allumant des émeutes de la faim dans tout le tiers-monde.
Aujourd’hui, le prix du pétrole monte à nouveau : il a pris 20 % au mois de mai et a, jusqu’à présent, doublé cette année. À nouveau, le problème n’est pas l’offre et la demande. « L’offre de
pétrole est au plus haut des 20 dernières années », dit
Bart Stupak, député démocrate du Michigan, membre du comité sur l’énergie de la Chambre. « La demande est au plus bas des 10
dernières années. Et pourtant, le prix est à la hausse.
»
Quand on lui demande pourquoi les politiciens continuent à rabâcher des choses comme forer de nouveaux puits ou les voitures hybrides, alors que l’offre et la demande ne sont pas la
cause du prix élevé, Stupak secoue la tête. « Je pense qu’ils ne comprennent pas très bien le problème », dit-il. «
Vous ne pouvez pas l’expliquer en 30 secondes, donc les politiciens
l’ignorent.
»
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Bulle n° 5
La
magouille du renflouage |
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Après l’implosion de la bulle pétrolière à l’automne 2008, il n’y avait plus de nouvelle bulle pour faire ronronner la machine – cette fois, l’argent semble vraiment parti, comme dans une
dépression mondiale. Le safari financier a donc déménagé ailleurs et le gros gibier de la chasse a été le seul tas de capital restant, bête et non gardé : l’argent des impôts. C’est ici, dans le
plus grand renflouage de l’Histoire, que Goldman Sachs a vraiment commencé à montrer ses muscles.
Ça a débuté en septembre 2008, quand
le ministre des finances d’alors, Paulson, prit une série de décisions essentielles. Bien qu’il ait déjà organisé le renflouage de
Bear Stearns quelques mois auparavant et qu’il ait aussi renfloué les prêteurs quasi-privés
Fannie Mae et Freddie Mac, Paulson choisit de laisser
Lehman Brothers – un des derniers concurrents réels
de Goldman – s’effondrer sans intervention. («
Le statut de super héros de Goldman resta intact », dit l’analyste du marché Eric Salzman, «
et un concurrent dans la banque d’affaires,
Lehman, disparaissait.
») Le lendemain même, Paulson donna le feu vert au renflouage massif – 85 milliards de dollars$ – d’AIG, lequel se retourna immédiatement et paya à Goldman 13
milliards de dollars$ qu’il lui devait[44]. Grâce au sauvetage, la banque finit donc par être payée en totalité pour ses mauvais paris. Par contraste, les retraités de l’industrie automobile qui
attendent le renflouage de
Chrysler auront de la chance s’ils reçoivent 50 cents sur chaque dollar qui leur est dû.
Immédiatement après le renflouage d’AIG, Paulson annonça le sauvetage de l’industrie financière par le gouvernement fédéral, un plan de 700 milliards de dollars appelé le TARP
[45],
«
programme de soulagement des avoirs en déshérence
» et plaça un banquier de Goldman,
Neel Kashkari, âgé de 35 ans et jusqu’alors inconnu, en charge de gérer ce fonds.
Afin de
profiter de l’argent du sauvetage, Goldman annonça qu’elle se transformait en une holding bancaire, cette conversion lui donnait accès non seulement à 10 milliards de dollars du TARP,
mais aussi à toute une galaxie de financements publics moins voyants – notamment des prêts à taux réduits de la Réserve Fédérale. Fin mars 2009, la Fed aura prêté ou garanti au moins
8 700 milliards de dollars$, pour une série de nouveaux renflouages – et grâce à une obscure loi autorisant la Fed à refuser la plupart des audits du Congrès, les montants versés et leurs
bénéficiaires demeurent presqu’entièrement secrets.
Se convertir en holding bancaire présente également d’autres avantages : l’organisme chargé du contrôle de Goldman est maintenant la
Réserve fédérale de New York, dont le président
au moment de l’annonce de la conversion était
Stephen Friedman, un ancien co-président de Goldman Sachs. Friedman violait les principes de la Réserve fédérale en conservant son
poste chez Goldman alors qu’il était supposé contrôler la banque. Pour régler le problème, il demanda et obtint du gouvernement une exonération pour conflit d’intérêts. Friedman devait
aussi se débarrasser de ses actions de Goldman après que la banque soit devenue une holding
[46], mais, grâce à l’exonération, il fut autorisé à acquérir 52 000 actions supplémentaires de
son ancienne banque, ce qui le rendit plus riche de 3 millions de dollars$. Friedman quitta son poste en mai 2009, mais l’homme qui est maintenant responsable du contrôle de Goldman – le
président de la Fed de New York
William Dudley – est encore un ancien de Goldman.
Le message global de tout ceci – le renflouage d’AIG, l’approbation immédiate de la conversion en holding bancaire, les fonds du TARP – est que quand il s’agit de Goldman Sachs, il n’est
plus question de marché libre. Le gouvernement pourrait laisser d’autres joueurs du marché mourir, mais il ne laissera tout simplement pas Goldman échouer, en aucun cas. Son emprise
sur le Marché est soudain devenue une déclaration publique de privilège suprême. « Dans le passé, c’était un avantage implicite », dit
Simon Johnson, professeur d’économie au
MIT
[47] et ancien officiel du Fonds monétaire, qui compare le renflouage au capitalisme de copinage qu’il a vu dans les pays du tiers-monde. «
Maintenant, c’est plus un avantage explicite. »
Une fois les renflouages en place, Goldman retourna immédiatement aux affaires habituelles, rêvant à des schémas toujours plus alambiqués pour nettoyer la carcasse américaine de son
capital mal gardé.
Un de ses premiers actes de la période d’après renflouage a été de repousser discrètement le calendrier qu’elle suit pour annoncer ses résultats, essentiellement pour
effacer de ses comptes
le mois de décembre 2008 et ses pertes de 1,3 milliard de dollars avant impôt. En même temps, la banque annonça un profit hautement suspect de 1,8 milliards de dollars$
pour le premier trimestre 2009 – profit qui incluait apparemment une grosse part d’argent payé par les contribuables via le renflouage d’AIG. « Ils ont complètement truqué les résultats du
premier trimestre
», dit un gérant de hedge fund. «
Ils ont caché les pertes dans le mois orphelin et appelé bénéfice l’argent du renflouage. »
Deux chiffres de plus ressortent de ce stupéfiant retournement au premier trimestre 2009. La banque a payé la somme incroyable de 4,7 milliards de dollars$ en bonus et primes, soit une
augmentation de 18 % par rapport au premier trimestre 2008. Elle a aussi levé 5 milliards de dollars$ par émission de nouvelles actions juste après avoir publié son résultat trimestriel.
Considérés ensemble, ces deux chiffres montrent que, au bout du compte, Goldman a emprunté pour payer 5 milliards de dollars$ de primes à ses cadres, et cela au beau milieu d’une crise
économique mondiale qu’elle a contribué à provoquer, usant d’artifices comptables douteux pour embobiner des investisseurs, quelques mois à peine après avoir reçu des milliards$ des
contribuables.
Encore plus stupéfiant, Goldman fit tout ça juste avant que le gouvernement n’annonce les résultats de son nouveau « test de stress » pour les banques cherchant à rembourser l’argent du
TARP – ce qui suggère que Goldman savait exactement ce qui allait arriver. Le gouvernement essayait de planifier soigneusement les remboursements pour tenter de prévenir de futurs
problèmes dans les banques qui ne pourraient pas rembourser immédiatement. Mais Goldman balaya ces préoccupations, étalant effrontément son statut d’initié. «
Ils semblaient connaître
tout ce dont ils avaient besoin avant que le test de stress ne sorte, contrairement à tous les autres qui devaient attendre la sortie du test
», dit Michael Hecht, directeur de gestion chez JMP
Securities. « Le gouvernement vint déclarer ``Pour rembourser le TARP, vous devez avoir émis de la dette à 5 ans qui ne soit pas assurée par le FDIC
(48) – ce que Goldman venait de faire
une semaine ou deux plus tôt.
»
Et voici le coup de grâce. Après avoir joué un rôle central dans quatre bulles catastrophiques, après avoir contribué à faire disparaître du NASDAQ 5 000 milliards de dollars$ de richesse,
après avoir refilé des milliers de prêts immobiliers toxiques à des retraités et des municipalités, après avoir contribué à pousser le prix de l’essence jusqu’à 4 $ le gallon
(USA) et provoqué la faim
de 100 millions de personnes dans le monde, après avoir mis la main sur des dizaines de milliards de dollars$ des contribuables à travers une série de renflouages gérés par son ancien
PDG, combien Goldman Sachs rendit au peuple des
États-Unis en 2008 ?
Quatorze millions de dollars.
C’est ce que la firme a payé
en impôts en 2008, un taux effectif d’imposition d’exactement un, vous lisez bien, un pourcent%. La banque a payé 10 milliards de dollars en primes et bonus la même
année et a fait un bénéfice de plus de 2 milliards de dollars$ – pourtant, elle a payé au Trésor moins d’un tiers de ce qu’elle a casqué à son
PDG Lloyd Blankfein, qui a reçu 42,9 millions de
dollars$ l’année dernière.
Comment est-ce possible ? Selon le rapport annuel de Goldman, le faible niveau d’impôts est dû en grande partie à des changements dans la «
répartition géographique des profits ». En
d’autres mots, la banque a déplacé son argent de manière à ce que ses profits soient situés dans des pays étrangers ayant de faibles taux d’imposition. Parce que notre système
d’imposition des grandes sociétés est complètement foutu, des sociétés comme Goldman peuvent expédier leurs revenus dans des paradis fiscaux et reporter indéfiniment les impôts sur
ces revenus, même si elles réclament par avance des déductions sur ces mêmes revenus non imposés. C’est pourquoi n’importe quelle grande société avec un expert-comptable qui soit à
jeun au moins de temps en temps, peut, en général, trouver une façon de réduire à zéro ses impôts. En fait, un rapport du bureau de
Comptabilité du gouvernement
[49]
a
trouvé qu’entre
1998 et 2005, environ deux tiers de toutes les grandes sociétés opérant aux États-Unis n’y ont payé aucun impôt.
C’est un scandale qui justifierait une levée de fourches – mais je ne sais comment, quand Goldman publia son imposition d’après le renflouage, c’est à peine si quelqu’un le commenta. Un
des peu nombreux qui remarquèrent le scandale fut le représentant
Llyod Doggett, un Démocrate du Texas qui siégea au comité des moyens et solutions
de la Chambre.
[50]
« Tandis que
la main droite mendie l’argent du renflouage », dit-il, «
la gauche le cache dans des paradis fiscaux
».
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Bulle no.
6
Le
réchauffement climatique et
la bourse du carbone |
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Voyageons dans le temps ...avance rapide jusqu’à aujourd’hui. Nous sommes début juin à
Washington D.C., Barack Obama, un jeune politicien populaire dont le plus important contributeur privé à sa campagne
électorale fut une
banque d’affaires du nom de Goldman Sachs – ses employés ont donné quelques 981 000 $ pour sa campagne – occupe la
Maison Blanche. Ayant navigué sans
encombre dans le champ de mines politique de l’ère du renflouage, Goldman est à nouveau retournée à ses affaires habituelles, cherchant des failles dans un nouveau marché créé par le
gouvernement, avec l’aide d’un nouveau groupe d’anciens de la banque occupant des positions clé au gouvernement.
Hank Paulson et Neel KashKari sont partis ; à leur place se trouvent
le directeur du cabinet des Finances Mark Patterson et
le patron du CFTC Gary Gensler, tous deux anciens de
Goldman (Gensler était le co-directeur financier de la firme). Et à la place des dérivés de crédit ou des CDO ou des options sur le pétrole, les crédits de carbone sont le nouveau jeu à la
mode – un marché de mille milliards de dollars en plein essor, qui existe encore à peine, mais qui existera si le
Parti Démocrate, qui a reçu 4 452 585 $ des
compagnies opérant dans ce marché lors de la dernière
élection, se débrouille pour créer une nouvelle bulle de matières premières qui fera
trembler la Terre, déguisée en « plan environnemental » appelé cap-and-trade
[51].
Le nouveau marché des crédits de carbone est une répétition virtuelle du casino des matières premières qui a été si bon pour Goldman, sauf qu’il a une savoureuse nouvelle particularité :
si le plan avance comme attendu, la montée des prix sera imposée par le gouvernement. Goldman n’aura même pas à truquer le jeu. Il le sera dès le départ.
Voici comment ça marche : si la loi passe, pour les usines et installations fonctionnant au charbon, les distributeurs de gaz naturel et de nombreuses autres industries, il y aura des limites
sur les émissions de carbone (dioxyde de carbone, gaz à effet de serre) qu’elles peuvent produire chaque année. Si une société dépasse son quota, elle pourra acheter des « allocations »
ou crédits à d’autres sociétés qui ont produit moins d’émissions de carbone. Le président Obama estime qu’au minimum 646 milliards de dollars$ de crédits de carbone seront mis aux
enchères dans les sept premières années. Un de ses principaux conseillers économiques prédit que le chiffre réel sera deux, voire trois fois plus élevé.
La particularité de ce plan qui lui confère un attrait spécial pour les spéculateurs, c’est que le contingent
[52] sera continuellement diminué par le gouvernement, ce qui signifie que les
crédits de carbone deviendront, année après année, de plus en plus rares. Il s’agit donc d’un marché tout à fait inédit, où il est garanti que la matière première négociable verra son prix
monter au cours du temps. Le volume en valeur de ce nouveau marché s’élèvera jusqu’à dépasser mille milliards de dollars par an. Pour comparaison, le chiffre d’affaires combiné de
toutes les compagnies d’électricité aux États-Unis est de 320 milliards de dollars$ par an.
Goldman veut cette loi. Le plan est (1) d’entrer sur terrain d’une législation qui change de paradigme, (2) de s’assurer que la banque aura bien la part rentable de cette législation et (3) de
s’assurer que cette part sera une grosse part. Goldman a commencé à faire pression pour l’adoption du cap-and-trade il y a longtemps, mais les choses n’ont vraiment décollé que l’année
dernière, quand la firme a dépensé 3,5 millions de dollars pour du lobbying sur les questions climatiques (un de leurs lobbyistes à ce moment était
Patterson, maintenant directeur du
cabinet des Finances). En 2005, quand
Hank Paulson était PDG de Goldman, il participa personnellement à la rédaction de la politique environnementale de la banque, un document qui
contient des éléments surprenants pour une firme qui, dans tous les autres domaines, a été constamment opposée à toute règlementation gouvernementale.
Le rapport de Paulson
défendait l’idée que « l’action volontaire seule ne peut résoudre le problème du changement climatique ». Quelques années plus tard, le chef du secteur carbone de la banque, Ken
Newcombe, soutenait que le cap-and-trade seul ne serait pas suffisant pour régler le problème du climat et demandait des investissements publics en recherche et développement. Ce qui
est pratique si l’on considère que Goldman a investi tôt dans l’énergie éolienne (elle a acquis une filiale du nom de
Horizon Wind Energy), le biodiesel (elle a investi dans une société
appelée
Changing World Technologies) et l’énergie solaire (elle a un accord de partenariat avec BP Solar), exactement le genre d’affaires qui vont prospérer si le gouvernement force les
producteurs d’énergie à utiliser de l’énergie plus propre. Comme Paulson l’avait dit à l’époque, «
nous ne faisons pas ces investissements pour perdre de l’argent.
»
Goldman possède une part de 10 % dans
la bourse d’échange de carbone de
Chicago
[53], où les crédits de carbone seront négociés. De plus, la banque possède une part minoritaire dans
Blue Source LLC, une société de l’Utah qui vend le type de crédits de carbone qui sera très recherché si la loi passe.
Le lauréat du prix Nobel Al Gore, qui est intimement impliqué dans la
programmation du cap-and-trade, a cofondé une société du nom de
Generation Investment Management
avec trois anciennes huiles de Goldman Sachs Asset Management, David Blood,
Mark Ferguson et Peter Harris. Leur domaine ? Investir dans les crédits de carbone. Il y a aussi un fonds de 500 millions de dollars,
Green Growth Fund, créé par un ancien de Goldman
pour investir dans les technologies vertes… La liste peut continuer ainsi indéfiniment. Goldman est à nouveau en avance des annonces, attendant juste que quelqu’un fasse pleuvoir au bon
endroit.
Ce marché sera-t-il plus gros que le marché à terme sur l’énergie
[54]
?
«
Oh, il va le dépasser de plusieurs têtes », dit un ancien membre du comité sur l’énergie de la Chambre
[55].
Bon, vous pourriez dire, quelle importance ? Si le cap-and-trade réussit, ne serons-nous pas tous sauvés de la catastrophe du réchauffement global ? Peut-être – mais le cap-and-trade, vu
par Goldman, est juste un impôt sur le carbone bâti de telle façon que des intérêts privés en collectent le produit. Au lieu d’imposer simplement une taxe gouvernementale fixe sur la
pollution par le carbone et obliger les producteurs d’énergie sale à payer pour la pollution qu’ils engendrent, le cap-and-trade va permettre à une petite tribu de Wall Street de se goinfrer
comme des porcs en transformant encore un autre marché de matière première en système de collecte privée d’un impôt. Ceci est pire que le renflouage : ça permet à la banque de capter
l’argent du contribuable avant même qu’il soit collecté.
«
Si ça doit être une taxe, je préfèrerais que Washington la mette en place et la collecte », dit
Michael Masters, le directeur de hedge fund qui a dénoncé la spéculation sur le marché à
terme du pétrole, «
mais nous sommes en train de parler de Wall Street déterminant la taxe et Wall Street la collectant. C’est la dernière chose au monde que je veuille. C’est complètement
dingue.
»
Le cap-and-trade va arriver. Ou, sinon, quelque chose du même genre arrivera. La morale est la même que pour toutes les autres bulles que Goldman a contribué à créer, de 1929 à 2009.
|
Conclusion :
cupidité organisée contre
démocratie désorganisée |
 |
|
Dans presque tous les cas, la même banque qui s’est comportée de manière irresponsable pendant des années, surchargeant le système par des prêts toxiques et de la dette mortelle, ne
produisant rien d’autre que des bonus énormes pour quelques patrons, cette même banque donc a été récompensée par des montagnes d’argent pratiquement donné et la garantie du
gouvernement – tandis que les vraies victimes de ce désordre, les contribuables ordinaires, sont ceux qui payent pour lui.
Il n’est pas toujours facile d’accepter la réalité de ce que nous laissons faire impunément à ces gens ; il y a une sorte de déni collectif qui s’enclenche quand un pays traverse ce que
les États-Unis a subi ces derniers temps, quand un peuple perd autant de son prestige et de son statut que nous ces dernières années. Vous ne pouvez pas vraiment prendre acte du fait que
vous n’êtes plus un citoyen d’une démocratie prospère de premier plan, que vous n’êtes plus à l’abri de vous faire voler en plein jour ; parce que, tel un amputé, vous pouvez encore sentir
des choses qui ne sont plus là.
Mais c’est ainsi. C’est le monde dans lequel nous vivons maintenant. Et dans ce monde, certains doivent jouer suivant les règles, tandis que d’autres obtiennent un mot du Principal les
dispensant de faire leur
devoir jusqu’à la fin des temps, plus 10 milliards de dollars$ dans un sac en papier pour s’acheter leur déjeuner.
C’est un État gangster, vivant sur une économie de
gangster où même les prix ne signifient plus rien : dans chaque dollar que vous payez se cachent des taxes. Et peut-être bien que nous ne pouvons plus l’arrêter, mais nous devons au
moins savoir où tout cela nous conduit.
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Ref |
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|
1 |
American
International Group, AIG,
géant de l’assurance |
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|
2 |
New York Stock
Exchange, NYSE, est la principale bourse de New York. |
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|
3 |
Investment trust était l’équivalent d’un fonds d’investissement
d'aujourd'hui |
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|
4 |
Le Day trading
est la pratique
d'acheter et de
vendre des produits
financiers pendant
une séance boursière
avec l'espoir que
tout au long de la
journée le prix
continuera à
s'élever ou à
diminuer. Les
fluctuations du
cours du titre
permettent ainsi des
bénéfices ou des
pertes rapides. Les
produits les plus
échangés incluent
les
actions,
les
options,
les
contrats à terme
et des
devises.
Cela peut être
extrêmement
profitable ;
cependant il porte
un risque
significatif. |
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|
5 |
Effet de levier
désigne le
mécanisme consistant
à emprunter 9 avec
1, par exemple.
C'est
recours par une
entreprise à des
capitaux à crédit en
complément de ses
fonds propres, afin
d'investir dans des
placements qui,
normalement,
procureront des
bénéfices supérieurs
au coût de
l'emprunt. |
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|
6 |
Keith Olbermann,
est un journaliste,
présentateur de
nouvelles. Tous les
soirs, il anime
Countdown with Keith
Olbermann sur
MSNBC, émission
d'une heure au cours
de laquelle il
commente cinq
histoires qu'il a
sélectionnées avec
ses invités.
L'émission Countdown
est devenue une
émission référence
de la gauche
américaine et de
tous les opposants à
l'administration
Bush et aux
républicains. La
plupart des
reportages sont des
virulentes
dénonciations ou
accusations envers
le GOP et des
politiques de droite
en générale |
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|
7 |
Underwriter:
mandataire |
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|
8 |
Treasury Secretary, l’homologue d’un ministre des Finances. |
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|
9 |
La Fed, ou Federal
Reserve, est la
banque centrale –
privée – des
États-Unis. |
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|
10 |
Initial Public Offering, IPO,
L'offre publique
initiale se compose
à la vente des parts
d'une compagnie sur
le marché pour la
première fois,
c'est-à-dire à une
très grande piscine
d'investisseurs. |
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11 |
Un hedge-fund, ou « fonds de couverture » est en fait souvent un fonds spéculatif.
Contrairement
à leur nom qui
signifie couverture,
sont des fonds
d'investissement non
cotés à vocation
spéculative. Ce sont
des fonds
spéculatifs
recherchant des
rentabilités élevées
et qui utilisent
abondamment les
produits dérivés, en
particuliers les
options. Ils
utilisent l’effet de
levier, c’est-à-dire
la capacité à
engager un volume de
capitaux qui soit un
multiple plus ou
moins grand de la
valeur de leurs
capitaux propres.
Les hedge funds
présentent l’intérêt
d’offrir une
diversification
supplémentaire aux
portefeuilles «
classiques » car
leurs résultats sont
en théorie
déconnectés des
performances des
marchés d’actions et
d’obligations. |
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|
12 |
Effet de levier:
recours par une
entreprise à des
capitaux à crédit en
complément de ses
fonds propres, afin
d'investir dans des
placements qui,
normalement,
procureront des
bénéfices supérieurs
au coût de
l'emprunt. |
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|
13 |
Securities and
Exchange Commission,
SEC, le gendarme de
la bourse
new-yorkaise. Au
Québec ce serait
l'Autorité des
marchés financiers |
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|
14 |
Il s’agit ici d’une
description,
volontairement
caricaturale, des
souscripteurs des
fameux prêts «subprime», considérés comme déclencheurs de la crise financière de 2008.
|
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|
15 |
Collateralized Debt Obligations, CDO,
(papiers commerciaux
adossés à des
actifs).
Titres de dettes
émis par une
structure ad-hoc,
souvent véhicule de
titrisation,
qui achète et
détient des
obligations émises
par des entreprises
ou des banques (on
parle alors de
Collateralised bond
obligation) ou des
prêts bancaires (on
parle alors de
Collateralised loan
obligation). Les CDO
permettent de rendre
liquides des titres
que ne le sont pas
spontanément, aux
banques de se
refinancer auprès
d'investisseurs qui
souhaitent prendre
un risque sur un
portefeuille de
dettes, risque qui
peut être plus ou
moins élevé selon la
nature des dettes
détenues par le
véhicule et le rang
de priorité plus ou
moins élevé des
dettes émises par le
véhicule.
|
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|
16 |
il s’agit des prêts
« subprime ».
L'expression
subprimes est
associée à des prêts
immobiliers accordés
au début des années
2000 à des ménages
américains peu
solvables, dont le
montant était gagé
sur la valeur du
bien immobilier.
Tant que les prix de
l'immobilier ont
continué à
progresser ces prêts
ont permis de
dégager des
rendements élevés :
ils ont donc été
titrisés
(57)
(voir titrisation)
et incorporés dans
de nombreux
instruments
financiers pour en
dynamiser la
rentabilité. Le
retournement du
marché de
l'immobilier
américain au début
de l'année 2007, et
les premières pertes
liées à ces prêts
hypotécaires
titrisés ont
déclenché une crise
financière de grande
ampleur justement
connue sous de nom
de "crise des
subprimes"... |
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|
17 |
la note AAA est la plus élevée, en principe réservée aux investissements les plus sûrs. |
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|
18 |
American
International Group, AIG, géant de l’assurance. |
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|
20 |
Credit-Default
Swap, CDS,
assurance couvrant
le risqué de
défaillance de
l’emprunteur.
Le "crédit default
swap" est la forme
la plus classique
des dérivés de
crédit : la personne
désireuse de se
protéger contre une
défaillance d’une
contrepartie paie à
un tiers un flux
régulier et reçoit
de ce tiers un
paiement défini à
l’origine en cas de
survenance de la
défaillance
redoutée. |
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|
21 |
USA Government Accountability Office. |
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|
22 |
Commodity Futures Trading Commission, CFTC.
Les Congrès des USA
a créé la CFTC en
1974 comme un
organisme
indépendant dont le
mandat de
réglementer les
marchés à terme et
d'options aux
États-Unis |
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|
23 |
La
note investment grade, qui est une bonne note.
Les "investment
grade" correspondent
aux notations des
agences de rating
situées entre AAA et
BBB- selon l'échelle
de Standard & Poor's.
Ils correspondent à
un niveau de risque
faible. Appelés
également High
Grade, ce sont les
notes établies par
les agences de
notation concernant
des emprunteurs qui
se situent entre AAA
et BBB- |
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24 |
Junk Bonds:
obligation pourrie.
Les
émissions
obligataires à haut
rendement sont des
emprunts qui
prennent en général
la forme
d’obligations à 5, 7
ou 10 ans. Il s’agit
d’obligations émises
par des sociétés en
retournement ou
présentant une
faible surface
financière, c’est à
dire un niveau
d’endettement élevé
(LBO en
particulier). La
rémunération des
titres, comme leur
niveau de risque,
est donc extrêmement
conséquente. Cela
leur donne un
caractère spéculatif
incontestable. On
les appelait
autrefois junk
bonds. Aujourd'hui
se sont des High
yield (ou high
yields bonds) |
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|
25 |
Prêt immobilier subprime.
L'expression est
associée à des prêts
immobiliers accordés
au début des années
2000 à des ménages
américains peu
solvables, dont le
montant était gagé
sur la valeur du
bien immobilier.
Tant que les prix de
l'immobilier ont
continué à
progresser ces prêts
ont permis de
dégager des
rendements élevés :
ils ont donc été
titrisés et
incorporés dans de
nombreux instruments
financiers pour en
dynamiser la
rentabilité. Le
retournement du
marché
de l'immobilier
américain au début
de l'année 2007, et
les premières pertes
liées à ces prêts
hypotécaires
titrisés ont
déclenché une crise
financière de grande
ampleur justement
connue sous de nom
de "crise des
subprimes"...
|
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|
26 |
Commodities, les matières premières minières et aussi agricoles : or, fer, pétrole, gaz, charbon, uranium, blé, maïs, etc. |
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27 |
Credit crunch:
Aussi connu sous Finance crunch ou credit crisis. Donc c'est une
réduction de la
disponibilité des
prêtes ou une
contraction soudaine
des obligations pour
obtenir du crédit
des banques. En
général cela
implique une
réduction de la
disponibilité du
crédit indépendant
et une augmentation
des taux d'intérêt
des banques
centrales. Devant
une telle situation,
la relation entre la
disponibilité du
crédit et les taux
d'intérêt change
tellement que la
disponibilité de
prêt se fait rare
peut importe le taux
d'intérêt. Ce genre
de situation nuit
généralement aux
petites et moyennes
entreprises |
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28 |
Flight to commodities:
expression
anglophone de fuites
vers les matières
premières
|
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29 |
Oil futures:
Expression
anglophone pour prix
du pétrole à terme |
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30 |
Le gallon US:
est un volume de
3,785 litres. |
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31 |
Offshore: il s’agit
ici d’un moratoire
sur l’installation
de nouvelles
plateformes
pétrolières sur le
plateau continental
le long des côtes
états-uniennes. |
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32 |
Energy Information Administration, EIA:
une des deux agences de référence sur l’énergie. |
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33 |
Oil futures:
Expression
anglophone pour prix
du pétrole à terme |
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34 |
Commodity Futures Trading Commission, CFTC:
commission des
échanges sur les
matières premières |
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35 |
BonaFide Hedging Exemption. |
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|
36 |
House Energy and Commerce Committee |
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|
37 |
To make a long bet ou to be long signifie parier sur la hausse. |
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38 |
To take a short position ou to be short signifie parier sur la baisse. |
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39 |
Sport utility vehicles, SUV.
- Véhicules
utilitaires sportifs |
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|
40 |
Oil futures, options d’achat (ou de vente) de pétrole à terme. |
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41 |
Strategic Petroleum Reserve.
Réserve Pétrolière
Stratégique. |
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42 |
La baisse de
147 $ à 33 $ a pris
moins de cinq
mois... |
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|
43 |
California Public Employees’ Retirement System, CalPERS. |
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44 |
Cette somme
correspond aux CDS
que Goldman avait
achetés à AIG pour
couvrir son risque
dans l’immobilier.
CDS Credit-Default
Swap, assurance
couvrant le risqué
de défaillance de
l’emprunteur |
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45 |
Troubled Asset Relief Program, TARP. |
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|
46 |
En devenant une
holding (société de
gestion de
portefeuille),
Goldman Sachs
tombait sous la
juridiction de
Friedman en tant que
président de la
Réserve fédérale de
New York. |
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|
47 |
Massachussetts
Institute of Technology,
MIT, une des
universités et
centres de recherche
les plus réputés au
monde. |
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48 |
Federal Deposit Insurance Corporation, FDIC,
institution qui
assure les dépôts
bancaires des
particuliers ainsi
que, désormais,
certaines dettes des
institutions
financières. |
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49 |
Government Accountability Office, GAO. |
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50 |
House Ways and Means Committee. |
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51 |
Cap & Trade:
Il s’agit d’une
législation, non
encore
définitivement
adoptée, qui
organise le commerce
(trade) d’une marchandise – en l’occurrence l’autorisation d’émission de gaz carbonique –
tout en contingentant cette marchandise (cap). |
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52 |
the « cap »
le
contingent...la
limite imposé par le
gouvernement |
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53 |
Chicago Climate Exchange. |
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|
54 |
Energy-futures
market. |
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55 |
House Energy
Committee |
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56 |
Hindenburg:
La catastrophe du
Hindenburg
est l'incendie,
survenu le 6 mai
1937 à l'aéroport de
Lakehurst non loin
de New York, du
dirigeable allemand
LZ 129 Hindenburg.
Gonflé au
dihydrogène, prit
feu sous l'œil des
caméras, tuant 34
personnes et sonnant
le glas des vols de
dirigeables
commerciaux. |
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57 |
Titrisation (tritisés)
La titrisation est
un montage financier
qui permet à une
société d'améliorer
la liquidité de son
bilan.
Techniquement, des
actifs sélectionnés
en fonction de la
qualité de leurs
garanties sont
regroupés dans une
société ad hoc qui
en fait
l'acquisition en se
finançant par
l'émission de titres
souscrits par des
investisseurs.
L'entité ainsi créée
perçoit les flux
d'intérêts et de
remboursement sur
les créances qu'elle
a achetées aux
banques et les
reverse aux
investisseurs via le
paiement d'intérêts
et le remboursement
de leurs titres.
Initialement cette
technique a été
utilisée par les
établissements de
crédit dans le but
de refinancer une
partie de leurs
encours c'est-à-dire
transformer en
titres négociables
des prêts à la
clientèle.
Actuellement, les
spécialistes
proposent à certains
grands groupes
industriels de
titriser des
créances
commerciales de
façon récurrente, de
titriser des
immeubles
d'exploitation,
stocks... en bref de
rendre liquide
presque tout le
bilan.
|
|
|
|
The Great American Bubble Machine
From
tech stocks to high gas prices,
Goldman Sachs has engineered every
major market manipulation since the
Great Depression - and they’re about
to do it again. |
The first thing you
need to know about Goldman Sachs is
that it’s everywhere. The world’s
most powerful investment bank is a
great vampire squid wrapped around
the face of humanity, relentlessly
jamming its blood funnel into
anything that smells like money. In
fact, the history of the recent
financial crisis, which doubles as a
history of the rapid decline and
fall of the suddenly swindled-dry
American empire, reads like a Who’s
Who of Goldman Sachs graduates.
By now, most of us
know the major players. As George
Bush’s last Treasury secretary,
former Goldman CEO Henry Paulson was
the architect of the bailout, a
suspiciously self-serving plan to
funnel trillions of Your Dollars to
a handful of his old friends on Wall
Street.
Robert Rubin, Bill Clinton’s
former Treasury secretary, spent 26
years at Goldman before becoming
chairman of Citigroup - which in
turn got a $300 billion taxpayer
bailout from Paulson.
There’s John
Thain, the rear end in a top hat
chief of Merrill Lynch who bought an
$87,000 area rug for his office as
his company was imploding ; a former
Goldman banker, Thain enjoyed a
multibillion-dollar handout from
Paulson, who used billions in
taxpayer funds to help Bank of
America rescue Thain’s sorry company.
And Robert Steel, the former
Goldmanite head of Wachovia, scored
himself and his fellow executives
$225 million in golden parachute
payments as his bank was self-destructing.
There’s Joshua Bolten, Bush’s chief
of staff during the bailout, and
Mark Patterson, the current Treasury
chief of staff, who was a Goldman
lobbyist just a year ago, and Ed
Liddy, the former Goldman director
whom Paulson put in charge of bailed-out
insurance giant AIG, which forked
over $13 billion to Goldman after
Liddy came on board.
The heads of
the Canadian and Italian national
banks are Goldman alums, as is the
head of the World Bank, the head of
the New York Stock Exchange, the
last two heads of the Federal
Reserve Bank of New York - which,
incidentally, is now in charge of
overseeing Goldman - not to mention
...
But then, any
attempt to construct a narrative
around all the former Goldmanites in
influential positions quickly
becomes an absurd and pointless
exercise, like trying to make a list
of everything. What you need to know
is the big picture : If America is
circling the drain, Goldman Sachs
has found a way to be that drain -
an extremely unfortunate loophole in
the system of Western democratic
capitalism, which never foresaw that
in a society governed passively by
free markets and free elections,
organized greed always defeats
disorganized democracy.
The bank’s
unprecedented reach and power have
enabled it to turn all of America
into a giant pump-and-dump scam,
manipulating whole economic sectors
for years at a time, moving the dice
game as this or that market
collapses, and all the time gorging
itself on the unseen costs that are
breaking families everywhere - high
gas prices, rising consumer-credit
rates, half-eaten pension funds,
mass layoffs, future taxes to pay
off bailouts. All that money that
you’re losing, it’s going somewhere,
and in both a literal and a
figurative sense, Goldman Sachs is
where it’s going : The bank is a
huge, highly sophisticated engine
for converting the useful, deployed
wealth of society into the least
useful, most wasteful and insoluble
substance on Earth - pure profit for
rich individuals.
They achieve this
using the same playbook over and
over again. The formula is
relatively simple : Goldman
positions itself in the middle of a
speculative bubble, selling
investments they know are crap. Then
they hoover up vast sums from the
middle and lower floors of society
with the aid of a crippled and
corrupt state that allows it to
rewrite the rules in exchange for
the relative pennies the bank throws
at political patronage. Finally,
when it all goes bust, leaving
millions of ordinary citizens broke
and starving, they begin the entire
process over again, riding in to
rescue us all by lending us back our
own money at interest, selling
themselves as men above greed, just
a bunch of really smart guys keeping
the wheels greased. They’ve been
pulling this same stunt over and
over since the 1920s - and now
they’re preparing to do it again,
creating what may be the biggest and
most audacious bubble yet.
If you want to
understand how we got into this
financial crisis, you have to first
understand where all the money went
- and in order to understand that,
you need to understand what Goldman
has already gotten away with. It is
a history exactly five bubbles long
- including last year’s strange and
seemingly inexplicable spike in the
price of oil. There were a lot of
losers in each of those bubbles, and
in the bailout that followed. But
Goldman wasn’t one of them.
IF AMERICA IS NOW
CIRCLING THE DRAIN, GOLDMAN SACHS
HAS FOUND A WAY TO BE THAT DRAIN.
BUBBLE #1 - THE
GREAT DEPRESSION
Goldman wasn’t
always a too-big-to-fail Wall Street
behemoth, the ruthless face of
kill-or-be-killed capitalism on
steroids - just almost always. The
bank was actually founded in 1869 by
a German immigrant named Marcus
Goldman, who built it up with his
son-in-law Samuel Sachs. They were
pioneers in the use of commercial
paper, which is just a fancy way of
saying they made money lending out
short-term IOUs to small-time
vendors in downtown Manhattan.
You can probably
guess the basic plotline of
Goldman’s first 100 years in
business : plucky, immigrant-led
investment bank beats the odds,
pulls itself up by its bootstraps,
makes shitloads of money. In that
ancient history there’s really only
one episode that bears scrutiny now,
in light of more recent events :
Goldman’s disastrous foray into the
speculative mania of pre-crash Wall
Street in the late 1920s.
This great
Hindenburg of financial history has
a few features that might sound
familiar. Back then, the main
financial tool used to bilk
investors was called an "investment
trust." Similar to modern mutual
funds, the trusts took the cash of
investors large and small and
(theoretically, at least) invested
it in a smorgasbord of Wall Street
securities, though the securities
and amounts were often kept hidden
from the public. So a regular guy
could invest $10 or $100 in a trust
and feel like he was a big player.
Much as in the 1990s, when new
vehicles like day trading and
e-trading attracted reams of new
suckers from the sticks who wanted
to feel like big shots, investment
trusts roped a new generation of
regular-guy investors into the
speculation game.
Beginning a pattern
that would repeat itself over and
over again, Goldman got into the
investment-trust game late, then
jumped in with both feet and went
hog-wild. The first effort was the
Goldman Sachs Trading Corporation ;
the bank issued a million shares at
$100 apiece, bought all those shares
with its own money and then sold 90
percent of them to the hungry public
at $104. The trading corporation
then relentlessly bought shares in
itself, bidding the price up further
and further. Eventually it dumped
part of its holdings and sponsored a
new trust, the Shenandoah
Corporation, issuing millions more
in shares in that fund - which in
turn sponsored yet another trust
called the Blue Ridge Corporation.
In this way, each investment trust
served as a front for an endless
investment pyramid : Goldman hiding
behind Goldman hiding behind
Goldman. Of the 7,250,000 initial
shares of Blue Ridge, 6,250,000 were
actually owned by Shenandoah -
which, of course, was in large part
owned by Goldman Trading.
The end result (ask
yourself if this sounds familiar)
was a daisy chain of borrowed money,
one exquisitely vulnerable to a
decline in performance anywhere
along the line ; The basic idea
isn’t hard to follow. You take a
dollar and borrow nine against it ;
then you take that $10 fund and
borrow $90 ; then you take your $100
fund and, so long as the public is
still lending, borrow and invest
$900. If the last fund in the line
starts to lose value, you no longer
have the money to pay back your
investors, and everyone gets
massacred.
In a chapter from
The Great Crash, 1929 titled "In
Goldman Sachs We Trust," the famed
economist John Kenneth Galbraith
held up the Blue Ridge and
Shenandoah trusts as classic
examples of the insanity of
leverage-based investment. The
trusts, he wrote, were a major cause
of the market’s historic crash ; in
today’s dollars, the losses the bank
suffered totaled $475 billion. "It
is difficult not to marvel at the
imagination which was implicit in
this gargantuan insanity," Galbraith
observed, sounding like Keith
Olbermann in an ascot. "If there
must be madness, something may be
said for having it on a heroic
scale."
BUBBLE #2 - TECH
STOCKS
Fast-Forward about
65 years. Goldman not only survived
the crash that wiped out so many of
the investors it duped, it went on
to become the chief underwriter to
the country’s wealthiest and most
powerful corporations. Thanks to
Sidney Weinberg, who rose from the
rank of janitor’s assistant to head
the firm, Goldman became the pioneer
of the initial public offering, one
of the principal and most lucrative
means by which companies raise
money. During the 1970s and 1980s,
Goldman may not have been the
planet-eating Death Star of
political influence it is today, but
it was a top-drawer firm that had a
reputation for attracting the very
smartest talent on the Street.
It also, oddly
enough, had a reputation for
relatively solid ethics and a
patient approach to investment that
shunned the fast buck ; its
executives were trained to adopt the
firm’s mantra, "long-term greedy."
One former Goldman banker who left
the firm in the early Nineties
recalls seeing his superiors give up
a very profitable deal on the
grounds that it was a long-term
loser. "We gave back money to
’grownup’ corporate clients who had
made bad deals with us," he says.
"Everything we did was legal and
fair - but ’long-term greedy’ said
we didn’t want to make such a profit
at the clients’ collective expense
that we spoiled the marketplace."
But then, something
happened. It’s hard to say what it
was exactly ; it might have been the
fact that Goldman’s co-chairman in
the early Nineties, Robert Rubin,
followed Bill Clinton to the White
House, where he directed the
National Economic Council and
eventually became Treasury
secretary. While the American media
fell in love with the story line of
a pair of baby-boomer,
Sixties-child, Fleetwood Mac yuppies
nesting in the White House, it also
nursed an undisguised crush on
Rubin, who was hyped as without a
doubt the smartest person ever to
walk the face of the Earth, with
Newton, Einstein, Mozart and Kant
running far behind.
Rubin was the
prototypical Goldman banker. He was
probably born in a $4,000 suit, he
had a face that seemed permanently
frozen just short of an apology for
being so much smarter than you, and
he exuded a Spock-like,
emotion-neutral exterior ; the only
human feeling you could imagine him
experiencing was a nightmare about
being forced to fly coach. It became
almost a national cliche that
whatever Rubin thought was best for
the economy - a phenomenon that
reached its apex in 1999, when Rubin
appeared on the cover of Time with
his Treasury deputy, Larry Summers,
and Fed chief Alan Greenspan under
the headline THE COMMITTEE TO SAVE
THE WORLD. And "what Rubin thought,"
mostly, was that the American
economy, and in particular the
financial markets, were
over-regulated and needed to be set
free. During his tenure at Treasury,
the Clinton White House made a
series of moves that would have
drastic consequences for the global
economy - beginning with Rubin’s
complete and total failure to
regulate his old firm during its
first mad dash for obscene
short-term profits.
The basic scam in
the Internet Age is pretty easy even
for the financially illiterate to
grasp. Companies that weren’t much
more than pot-fueled ideas scrawled
on napkins by up-too-late
bong-smokers were taken public via
IPOs, hyped in the media and sold to
the public for megamillions. It was
as if banks like Goldman were
wrapping ribbons around watermelons,
tossing them out 50-story windows
and opening the phones for bids. In
this game you were a winner only if
you took your money out before the
melon hit the pavement.
It sounds obvious
now, but what the average investor
didn’t know at the time was that the
banks had changed the rules of the
game, making the deals look better
than they actually were. They did
this by setting up what was, in
reality, a two-tiered investment
system - one for the insiders who
knew the real numbers, and another
for the lay investor who was invited
to chase soaring prices the banks
themselves knew were irrational.
While Goldman’s later pattern would
be to capitalize on changes in the
regulatory environment, its key
innovation in the Internet years was
to abandon its own industry’s
standards of quality control.
"Since the
Depression, there were strict
underwriting guidelines that Wall
Street adhered to when taking a
company public," says one prominent
hedge-fund manager. "The company had
to be in business for a minimum of
five years, and it had to show
profitability for three consecutive
years. But Wall Street took these
guidelines and threw them in the
trash." Goldman completed the snow
job by pumping up the sham stocks :
"Their analysts were out there
saying Bullshit.com is worth $100 a
share."
The problem was,
nobody told investors that the rules
had changed. "Everyone on the inside
knew," the manager says. "Bob Rubin
sure as hell knew what the
underwriting standards were. They’d
been intact since the 1930s."
Jay Ritter, a
professor of finance at the
University of Florida who
specializes in IPOs, says banks like
Goldman knew full well that many of
the public offerings they were
touting would never make a dime. "In
the early Eighties, the major
underwriters insisted on three years
of profitability. Then it was one
year, then it was a quarter. By the
time of the Internet bubble, they
were not even requiring
profitability in the foreseeable
future."
Goldman has denied
that it changed its underwriting
standards during the Internet years,
but its own statistics belie the
claim. Just as it did with the
investment trust in the 1920s,
Goldman started slow and finished
crazy in the Internet years. After
it took a little-known company with
weak financials called Yahoo !
public in 1996, once the tech boom
had already begun, Goldman quickly
became the IPO king of the Internet
era. Of the 24 companies it took
public in 1997, a third were losing
money at the time of the IPO. In
1999, at the height of the boom, it
took 47 companies public, including
stillborns like Webvan and eToys,
investment offerings that were in
many ways the modern equivalents of
Blue Ridge and Shenandoah. The
following year, it underwrote 18
companies in the first four months,
14 of which were money losers at the
time. As a leading underwriter of
Internet stocks during the boom,
Goldman provided profits far more
volatile than those of its
competitors : In 1999, the average
Goldman IPO leapt 281 percent above
its offering price, compared to the
Wall Street average of 181 percent.
How did Goldman
achieve such extraordinary results ?
One answer is that they used a
practice called "laddering," which
is just a fancy way of saying they
manipulated the share price of new
offerings. Here’s how it works : Say
you’re Goldman Sachs, and
Bullshit.com comes to you and asks
you to take their company public.
You agree on the usual terms :
You’ll price the stock, determine
how many shares should be released
and take the Bullshit.com CEO on a
"road show" to schmooze investors,
all in exchange for a substantial
fee (typically six to seven percent
of the amount raised). You then
promise your best clients the right
to buy big chunks of the IPO at the
low offering price - let’s say
Bullshit.com’s starting share price
is $15 - in exchange for a promise
that they will buy more shares later
on the open market. That seemingly
simple demand gives you inside
knowledge of the IPO’s future,
knowledge that wasn’t disclosed to
the day-trader schmucks who only had
the prospectus to go by : You know
that certain of your clients who
bought X amount of shares at $15 are
also going to buy Y more shares at
$20 or $25, virtually guaranteeing
that the price is going to go to $25
and beyond. In this way, Goldman
could artificially jack up the new
company’s price, which of course was
to the bank’s benefit - a six
percent fee of a $500 million IPO is
serious money.
Goldman was
repeatedly sued by shareholders for
engaging in laddering in a variety
of Internet IPOs, including Webvan
and NetZero. The deceptive practices
also caught the attention of Nichol
as Maier, the syndicate manager of
Cramer & Co., the hedge fund run at
the time by the now-famous
chattering television rear end in a
top hat Jim Cramer, himself a
Goldman alum. Maier told the SEC
that while working for Cramer
between 1996 and 1998, he was
repeatedly forced to engage in
laddering practices during IPO deals
with Goldman.
"Goldman, from what
I witnessed, they were the worst
perpetrator," Maier said. "They
totally fueled the bubble. And it’s
specifically that kind of behavior
that has caused the market crash.
They built these stocks upon an
illegal foundation - manipulated up
- and ultimately, it really was the
small person who ended up buying
in." In 2005, Goldman agreed to pay
$40 million for its laddering
violations - a puny penalty relative
to the enormous profits it made.
(Goldman, which has denied
wrongdoing in all of the cases it
has settled, refused to respond to
questions for this story.)
Another practice
Goldman engaged in during the
Internet boom was "spinning," better
known as bribery. Here the
investment bank would offer the
executives of the newly public
company shares at extra-low prices,
in exchange for future underwriting
business. Banks that engaged in
spinning would then undervalue the
initial offering price - ensuring
that those "hot" opening price
shares it had handed out to insiders
would be more likely to rise
quickly, supplying bigger first-day
rewards for the chosen few. So
instead of Bullshit.com opening at
$20, the bank would approach the
Bullshit.com CEO and offer him a
million shares of his own company at
$18 in exchange for future business
- effectively robbing all of
Bullshit’s new shareholders by
diverting cash that should have gone
to the company’s bottom line into
the private bank account of the
company’s CEO.
In one case, Goldman
allegedly gave a multimillion-dollar
special offering to eBay CEO Meg
Whitman, who later joined Goldman’s
board, in exchange for future
i-banking business. According to a
report by the House Financial
Services Committee in 2002, Goldman
gave special stock offerings to
executives in 21 companies that it
took public, including Yahoo !
co-founder Jerry Yang and two of the
great slithering villains of the
financial-scandal age - Tyco’s
Dennis Kozlowski and Enron’s Ken
Lay. Goldman angrily denounced the
report as "an egregious distortion
of the facts" - shortly before
paying $110 million to settle an
investigation into spinning and
other manipulations launched by New
York state regulators. "The spinning
of hot IPO shares was not a harmless
corporate perk," then-attorney
general Eliot Spitzer said at the
time. "Instead, it was an integral
part of a fraudulent scheme to win
new investment-banking business."
Such practices
conspired to turn the Internet
bubble into one of the greatest
financial disasters in world
history : Some $5 trillion of wealth
was wiped out on the NASDAQ alone.
But the real problem wasn’t the
money that was lost by shareholders,
it was the money gained by
investment bankers, who received
hefty bonuses for tampering with the
market. Instead of teaching Wall
Street a lesson that bubbles always
deflate, the Internet years
demonstrated to bankers that in the
age of freely flowing capital and
publicly owned financial companies,
bubbles are incredibly easy to
inflate, and individual bonuses are
actually bigger when the mania and
the irrationality are greater.
GOLDMAN SCAMMED
HOUSING INVESTORS BY BETTING AGAINST
ITS OWN CRAPPY MORTGAGES.
Nowhere was this
truer than at Goldman. Between 1999
and 2002, the firm paid out $28.5
billion in compensation and benefits
- an average of roughly $350,000 a
year per employee. Those numbers are
important because the key legacy of
the Internet boom is that the
economy is now driven in large part
by the pursuit of the enormous
salaries and bonuses that such
bubbles make possible. Goldman’s
mantra of "long-term greedy"
vanished into thin air as the game
became about getting your check
before the melon hit the pavement.
The market was no
longer a rationally managed place to
grow real, profitable businesses :
It was a huge ocean of Someone
Else’s Money where bankers hauled in
vast sums through whatever means
necessary and tried to convert that
money into bonuses and payouts as
quickly as possible. If you laddered
and spun 50 Internet IPOs that went
bust within a year, so what ? By the
time the Securities and Exchange
Commission got around to fining your
firm $110 million, the yacht you
bought with your IPO bonuses was
already six years old. Besides, you
were probably out of Goldman by
then, running the U.S. Treasury or
maybe the state of New Jersey. (One
of the truly comic moments in the
history of America’s recent
financial collapse came when Gov.
Jon Corzine of New Jersey, who ran
Goldman from 1994 to 1999 and left
with $320 million in IPO-fattened
stock, insisted in 2002 that "I’ve
never even heard the term
’laddering’ before.")
For a bank that paid
out $7 billion a year in salaries,
$110 million fines issued half a
decade late were something far less
than a deterrent - they were a joke.
Once the Internet bubble burst,
Goldman had no incentive to reassess
its new, profit-driven strategy ; it
just searched around for another
bubble to inflate. As it turns out,
it had one ready, thanks in large
part to Rubin.
BUBBLE #3 - THE
HOUSING CRAZE
Goldman’s role in
the sweeping disaster that was the
housing bubble is not hard to trace.
Here again, the basic trick was a
decline in underwriting standards,
although in this case the standards
weren’t in IPOs but in mortgages. By
now almost everyone knows that for
decades mortgage dealers insisted
that home buyers be able to produce
a down payment of 10 percent or
more, show a steady income and good
credit rating, and possess a real
first and last name. Then, at the
dawn of the new millennium, they
suddenly threw all that poo poo out
the window and started writing
mortgages on the backs of napkins to
cocktail waitresses and ex-cons
carrying five bucks and a Snickers
bar.
None of that would
have been possible without
investment bankers like Goldman, who
created vehicles to package those
lovely mortgages and sell them en
masse to unsuspecting insurance
companies and pension funds. This
created a mass market for toxic debt
that would never have existed
before ; in the old days, no bank
would have wanted to keep some
addict ex-con’s mortgage on its
books, knowing how likely it was to
fail. You can’t write these
mortgages, in other words, unless
you can sell them to someone who
doesn’t know what they are.
Goldman used two
methods to hide the mess they were
selling. First, they bundled
hundreds of different mortgages into
instruments called Collateralized
Debt Obligations. Then they sold
investors on the idea that, because
a bunch of those mortgages would
turn out to be OK, there was no
reason to worry so much about the
lovely ones : The CDO, as a whole,
was sound. Thus, junk-rated
mortgages were turned into AAA-rated
investments. Second, to hedge its
own bets, Goldman got companies like
AIG to provide insurance - known as
credit-default swaps - on the CDOs.
The swaps were essentially a
racetrack bet between AIG and
Goldman : Goldman is betting the
ex-cons will default, AIG is betting
they won’t.
There was only one
problem with the deals : All of the
wheeling and dealing represented
exactly the kind of dangerous
speculation that federal regulators
are supposed to rein in. Derivatives
like CDOs and credit swaps had
already caused a series of serious
financial calamities : Procter &
Gamble and Gibson Greetings both
lost fortunes, and Orange County,
California, was forced to default in
1994. A report that year by the
Government Accountability Office
recommended that such financial
instruments be tightly regulated -
and in 1998, the head of the
Commodity Futures Trading
Commission, a woman named Brooksley
Born, agreed. That May, she
circulated a letter to business
leaders and the Clinton
administration suggesting that banks
be required to provide greater
disclosure in derivatives trades,
and maintain reserves to cushion
against losses.
More regulation
wasn’t exactly what Goldman had in
mind. "The banks go crazy - they
want it stopped," says Michael
Greenberger, who worked for Born as
director of trading and markets at
the CFTC and is now a law professor
at the University of Maryland.
"Greenspan, Summers, Rubin and [SEC
chief Arthur] Levitt want it
stopped."
Clinton’s reigning
economic foursome - "especially
Rubin," according to Greenberger -
called Born in for a meeting and
pleaded their case. She refused to
back down, however, and continued to
push for more regulation of the
derivatives. Then, in June 1998,
Rubin went public to denounce her
move, eventually recommending that
Congress strip the CFTC of its
regulatory authority. In 2000, on
its last day in session, Congress
passed the now-notorious Commodity
Futures Modernization Act, which had
been inserted into an 1l,000-page
spending bill at the last minute,
with almost no debate on the floor
of the Senate. Banks were now free
to trade default swaps with
impunity.
But the story didn’t
end there. AIG, a major purveyor of
default swaps, approached the New
York State Insurance Department in
2000 and asked whether default swaps
would be regulated as insurance. At
the time, the office was run by one
Neil Levin, a former Goldman vice
president, who decided against
regulating the swaps. Now freed to
underwrite as many housing-based
securities and buy as much
credit-default protection as it
wanted, Goldman went berserk with
lending lust. By the peak of the
housing boom in 2006, Goldman was
underwriting $76.5 billion worth of
mortgage-backed securities - a third
of which were subprime - much of it
to institutional investors like
pensions and insurance companies.
And in these massive issues of real
estate were vast swamps of crap.
Take one $494
million issue that year, GSAMP Trust
2006-S3. Many of the mortgages
belonged to second-mortgage
borrowers, and the average equity
they had in their homes was 0.71
percent. Moreover, 58 percent of the
loans included little or no
documentation - no names of the
borrowers, no addresses of the
homes, just zip codes. Yet both of
the major ratings agencies, Moody’s
and Standard & Poor’s, rated 93
percent of the issue as investment
grade. Moody’s projected that less
than 10 percent of the loans would
default. In reality, 18 percent of
the mortgages were in default within
18 months.
Not that Goldman was
personally at any risk. The bank
might be taking all these hideous,
completely irresponsible mortgages
from beneath-gangster-status firms
like Countrywide and selling them
off to municipalities and pensioners
- old people, for God’s sake -
pretending the whole time that it
wasn’t grade-D horseshit. But even
as it was doing so, it was taking
short positions in the same market,
in essence betting against the same
crap it was selling. Even worse,
Goldman bragged about it in public.
"The mortgage sector continues to be
challenged," David Viniar, the
bank’s chief financial officer,
boasted in 2007. "As a result, we
took significant markdowns on our
long inventory positions ....
However, our risk bias in that
market was to be short, and that net
short position was profitable." In
other words, the mortgages it was
selling were for chumps. The real
money was in betting against those
same mortgages.
"That’s how
audacious these assholes are," says
one hedge-fund manager. "At least
with other banks, you could say that
they were just dumb - they believed
what they were selling, and it blew
them up. Goldman knew what it was
doing." I ask the manager how it
could be that selling something to
customers that you’re actually
betting against - particularly when
you know more about the weaknesses
of those products than the customer
- doesn’t amount to securities fraud.
"It’s exactly
securities fraud," he says. "It’s
the heart of securities fraud."
Eventually, lots of
aggrieved investors agreed. In a
virtual repeat of the Internet IPO
craze, Goldman was hit with a wave
of lawsuits after the collapse of
the housing bubble, many of which
accused the bank of withholding
pertinent information about the
quality of the mortgages it issued.
New York state regulators are suing
Goldman and 25 other underwriters
for selling bundles of crappy
Countrywide mortgages to city and
state pension funds, which lost as
much as $100 million in the
investments. Massachusetts also
investigated Goldman for similar
misdeeds, acting on behalf of 714
mortgage holders who got stuck
ho1ding predatory loans. But once
again, Goldman got off virtually
scot-free, staving off prosecution
by agreeing to pay a paltry $60
million - about what the bank’s CDO
division made in a day and a half
during the real estate boom.
The effects of the
housing bubble are well known - it
led more or less directly to the
collapse of Bear Stearns, Lehman
Brothers and AIG, whose toxic
portfolio of credit swaps was in
significant part composed of the
insurance that banks like Goldman
bought against their own housing
portfolios. In fact, at least $13
billion of the taxpayer money given
to AIG in the bailout ultimately
went to Goldman, meaning that the
bank made out on the housing bubble
twice : It hosed the investors who
bought their horseshit CDOs by
betting against its own crappy
product, then it turned around and
hosed the taxpayer by making him
payoff those same bets.
And once again,
while the world was crashing down
all around the bank, Goldman made
sure it was doing just fine in the
compensation department. In 2006,
the firm’s payroll jumped to $16.5
billion - an average of $622,000 per
employee. As a Goldman spokesman
explained, "We work very hard here."
But the best was yet
to come. While the collapse of the
housing bubble sent most of the
financial world fleeing for the
exits, or to jail, Goldman boldly
doubled down - and almost single-handedly
created yet another bubble, one the
world still barely knows the firm
had anything to do with
BUBBLE
#4 - $4 A GALLON
By the beginning of
2008, the financial world was in
turmoil. Wall Street had spent the
past two and a half decades
producing one scandal after another,
which didn’t leave much to sell that
wasn’t tainted. The terms junk bond,
IPO, subprime mortgage and other
once-hot financial fare were now
firmly associated in the public’s
mind with scams ; the terms credit
swaps and CDOs were about to join
them. The credit markets were in
crisis, and the mantra that had
sustained the fantasy economy
throughout the Bush years - the
notion that housing prices never go
down - was now a fully exploded myth,
leaving the Street clamoring for a
new bullshit paradigm to sling.
Where to go ? With
the public reluctant to put money in
anything that felt like a paper
investment, the Street quietly moved
the casino to the physical-commodities
market - stuff you could touch :
corn, coffee, cocoa, wheat and,
above all, energy commodities,
especially oil. In conjunction with
a decline in the dollar, the credit
crunch and the housing crash caused
a "flight to commodities." Oil
futures in particular skyrocketed,
as the price of a single barrel went
from around $60 in the middle of
2007 to a high of $147 in the summer
of 2008.
That summer, as the
presidential campaign heated up, the
accepted explanation for why
gasoline had hit $4.11 a gallon was
that there was a problem with the
world oil supply. In a classic
example of how Republicans and
Democrats respond to crises by
engaging in fierce exchanges of
moronic irrelevancies, John McCain
insisted that ending the moratorium
on offshore drilling would be "very
helpful in the short term," while
Barack Obama in typical liberal-arts
yuppie style argued that federal
investment in hybrid cars was the
way out.
GOLDMAN TURNED A
SLEEPY OIL MARKET INTO A GIANT
BETTING PARLOR - SPIKING PRICES AT
THE PUMP.
But it was all a
lie. While the global supply of oil
will eventually dry up, the short-term
flow has actually been increasing.
In the six months before prices
spiked, according to the U.S. Energy
Information Administration, the
world oil supply rose from 85.24
million barrels a day to 85.72
million. Over the same period, world
oil demand dropped from 86.82
million barrels a day to 86.07
million. Not only was the short-term
supply of oil rising, the demand for
it was falling - which, in classic
economic terms, should have brought
prices at the pump down.
So what caused the
huge spike in oil prices ? Take a
wild guess. Obviously Goldman had
help - there were other players in
the physical-commodities market -
but the root cause had almost
everything to do with the behavior
of a few powerful actors determined
to turn the once-solid market into a
speculative casino. Goldman did it
by persuading pension funds and
other large institutional investors
to invest in oil futures - agreeing
to buy oil at a certain price on a
fixed date. The push transformed oil
from a physical commodity, rigidly
subject to supply and demand, into
something to bet on, like a stock.
Between 2003 and 2008, the amount of
speculative money in commodities
grew from $13 billion to $317
billion, an increase of 2,300
percent. By 2008, a barrel of oil
was traded 27 times, on average,
before it was actually delivered and
consumed.
As is so often the
case, there had been a
Depression-era law in place designed
specifically to prevent this sort of
thing. The commodities market was
designed in large part to help
farmers : A grower concerned about
future price drops could enter into
a contract to sell his corn at a
certain price for delivery later on,
which made him worry less about
building up stores of his crop. When
no one was buying corn, the farmer
could sell to a middleman known as a
"traditional speculator," who would
store the grain and sell it later,
when demand returned. That way,
someone was always there to buy from
the farmer, even when the market
temporarily had no need for his
crops.
In 1936, however,
Congress recognized that there
should never be more speculators in
the market than real producers and
consumers. If that happened, prices
would be affected by something other
than supply and demand, and price
manipulations would ensue. A new law
empowered the Commodity Futures
Trading Commission - the very same
body that would later try and fail
to regulate credit swaps - to place
limits on speculative trades in
commodities. As a result of the
CFTC’s oversight, peace and harmony
reigned in the commodities markets
for more than 50 years.
All that changed in
1991 when, unbeknownst to almost
everyone in the world, a
Goldman-owned commodities-trading
subsidiary called J. Aron wrote to
the CFTC and made an unusual
argument. Farmers with big stores of
corn, Goldman argued, weren’t the
only ones who needed to hedge their
risk against future price drops -
Wall Street dealers who made big
bets on oil prices also needed to
hedge their risk, because, well,
they stood to lose a lot too.
This was complete
and utter crap - the 1936 law,
remember, was specifically designed
to maintain distinctions between
people who were buying and selling
real tangible stuff and people who
were trading in paper alone. But the
CFTC, amazingly, bought Goldman’s
argument. It issued the bank a free
pass, called the "Bona Fide Hedging"
exemption, allowing Goldman’s
subsidiary to call itself a physical
hedger and escape virtually all
limits placed on speculators. In the
years that followed, the commission
would quietly issue 14 similar
exemptions to other companies.
Now Goldman and
other banks were free to drive more
investors into the commodities
markets, enabling speculators to
place increasingly big bets. That
1991 letter from Goldman more or
less directly led to the oil bubble
in 2008, when the number of
speculators in the market - driven
there by fear of the falling dollar
and the housing crash - finally
overwhelmed the real physical
suppliers and consumers. By 2008, at
least three quarters of the activity
on the commodity exchanges was
speculative, according to a
congressional staffer who studied
the numbers - and that’s likely a
conservative estimate. By the middle
of last summer, despite rising
supply and a drop in demand, we were
paying $4 a gallon every time we
pulled up to the pump.
What is even more
amazing is that the letter to
Goldman, along with most of the
other trading exemptions, was handed
out more or less in secret. "I was
the head of the division of trading
and markets, and Brooksley Born was
the chair of the CFTC," says
Greenberger, "and neither of us knew
this letter was out there." In fact,
the letters only came to light by
accident. Last year, a staffer for
the House Energy and Commerce
Committee just happened to be at a
briefing when officials from the
CFTC made an offhand reference to
the exemptions.
"1 had been invited
to a briefing the commission was
holding on energy," the staffer
recounts. "And suddenly in the
middle of it, they start saying,
’Yeah, we’ve been issuing these
letters for years now.’ I raised my
hand and said, ’Really ? You issued
a letter ? Can I see it ?’ And they
were like, ’Duh, duh.’ So we went
back and forth, and finally they
said, ’We have to clear it with
Goldman Sachs.’ I’m like, ’What do
you mean, you have to clear it with
Goldman Sachs ?’"
The CFTC cited a
rule that prohibited it from
releasing any information about a
company’s current position in the
market. But the staffer’s request
was about a letter that had been
issued 17 years earlier. It no
longer had anything to do with
Goldman’s current position. What’s
more, Section 7 of the 1936
commodities law gives Congress the
right to any information it wants
from the commission. Still, in a
classic example of how complete
Goldman’s capture of government is,
the CFTC waited until it got
clearance from the bank before it
turned the letter over.
Armed with the
semi-secret government exemption,
Goldman had become the chief
designer of a giant commodities
betting parlor. Its Goldman Sachs
Commodities Index - which tracks the
prices of 24 major commodities but
is overwhelmingly weighted toward
oil - became the place where pension
funds and insurance companies and
other institutional investors could
make massive long-term bets on
commodity prices. Which was all well
and good, except for a couple of
things. One was that index
speculators are mostly "long only"
bettors, who seldom if ever take
short positions - meaning they only
bet on prices to rise. While this
kind of behavior is good for a stock
market, it’s terrible for
commodities, because it continually
forces prices upward. "If index
speculators took short positions as
well as long ones, you’d see them
pushing prices both up and down,"
says Michael Masters, a hedge-fund
manager who has helped expose the
role of investment banks in the
manipulation of oil prices. "But
they only push prices in one
direction : up."
Complicating matters
even further was the fact that
Goldman itself was cheerleading with
all its might for an increase in oil
prices. In the beginning of 2008,
Arjun Murti, a Goldman analyst,
hailed as an "oracle of oil" by The
New York Times, predicted a "super
spike" in oil prices, forecasting a
rise to $200 a barrel. At the time
Goldman was heavily invested in oil
through its commodities-trading
subsidiary, J. Aron ; it also owned
a stake in a major oil refinery in
Kansas, where it warehoused the
crude it bought and sold. Even
though the supply of oil was keeping
pace with demand, Murti continually
warned of disruptions to the world
oil supply, going so far as to
broadcast the fact that he owned two
hybrid cars. High prices, the bank
insisted, were somehow the fault of
the piggish American consumer ; in
2005, Goldman analysts insisted that
we wouldn’t know when oil prices
would fall until we knew "when
American consumers will stop buying
gas-guzzling sport utility vehicles
and instead seek fuel-efficient
alternatives."
But it wasn’t the
consumption of real oil that was
driving up prices - it was the trade
in paper oil. By the summer of2008,
in fact, commodities speculators had
bought and stockpiled enough oil
futures to fill 1.1 billion barrels
of crude, which meant that
speculators owned more future oil on
paper than there was real, physical
oil stored in all of the country’s
commercial storage tanks and the
Strategic Petroleum Reserve
combined. It was a repeat of both
the Internet craze and the housing
bubble, when Wall Street jacked up
present-day profits by selling
suckers shares of a fictional
fantasy future of endlessly rising
prices.
In what was by now a
painfully familiar pattern, the
oil-commodities melon hit the
pavement hard in the summer of 2008,
causing a massive loss of wealth ;
crude prices plunged from $147 to
$33. Once again the big losers were
ordinary people. The pensioners
whose funds invested in this crap
got massacred : CalPERS, the
California Public Employees’
Retirement System, had $1.1 billion
in commodities when the crash came.
And the damage didn’t just come from
oil. Soaring food prices driven by
the commodities bubble led to
catastrophes across the planet,
forcing an estimated 100 million
people into hunger and sparking food
riots throughout the Third World.
Now oil prices are
rising again : They shot up 20
percent in the month of May and have
nearly doubled so far this year.
Once again, the problem is not
supply or demand. "The highest
supply of oil in the last 20 years
is now," says Rep. Bart Stupak, a
Democrat from Michigan who serves on
the House energy committee. "Demand
is at a 10-year low. And yet prices
are up."
Asked why
politicians continue to harp on
things like drilling or hybrid cars,
when supply and demand have nothing
to do with the high prices, Stupak
shakes his head. "I think they just
don’t understand the problem very
well," he says. "You can’t explain
it in 30 seconds, so politicians
ignore it."
BUBBLE #5 - RIGGING
THE BAILOUT
After the oil bubble
collapsed last fall, there was no
new bubble to keep things humming -
this time, the money seems to be
really gone, like
worldwide-depression gone. So the
financial safari has moved
elsewhere, and the big game in the
hunt has become the only remaining
pool of dumb, unguarded capital left
to feed upon : taxpayer money. Here,
in the biggest bailout in history,
is where Goldman Sachs really
started to flex its muscle.
It began in
September of last year, when
then-Treasury secretary Paulson made
a momentous series of decisions.
Although he had already engineered a
rescue of Bear Stearns a few months
before and helped bail out
quasi-private lenders Fannie Mae and
Freddie Mac, Paulson elected to let
Lehman Brothers - one of Goldman’s
last real competitors - collapse
without intervention. ("Goldman’s
superhero status was left intact,"
says market analyst Eric Salzman,
"and an investment-banking
competitor, Lehman, goes away.") The
very next day, Paulson greenlighted
a massive, $85 billion bailout of
AIG, which promptly turned around
and repaid $13 billion it owed to
Goldman. Thanks to the rescue
effort, the bank ended up getting
paid in full for its bad bets : By
contrast, retired auto workers
awaiting the Chrysler bailout will
be lucky to receive 50 cents for
every dollar they are owed.
Immediately after
the AIG bailout, Paulson announced
his federal bailout for the
financial industry, a $700 billion
plan called the Troubled Asset
Relief Program, and put a heretofore
unknown 35-year-old Goldman banker
named Neel Kashkari in charge of
administering the funds. In order to
qualify for bailout monies, Goldman
announced that it would convert from
an investment bank to a bankholding
company, a move that allows it
access not only to $10 billion in
TARP funds, but to a whole galaxy of
less conspicuous, publicly backed
funding - most notably, lending from
the discount window of the Federal
Reserve. By the end of March, the
Fed will have lent or guaranteed at
least $8.7 trillion under a series
of new bailout programs - and thanks
to an obscure law allowing the Fed
to block most congressional audits,
both the amounts and the recipients
of the monies remain almost entirely
secret.
Converting to a
bank-holding company has other
benefits as well : Goldman’s primary
supervisor is now the New York Fed,
whose chairman at the time of its
announcement was Stephen Friedman, a
former co-chairman of Goldman Sachs.
Friedman was technically in
violation of Federal Reserve policy
by remaining on the board of Goldman
even as he was supposedly regulating
the bank ; in order to rectify the
problem, he applied for, and got, a
conflict-of-interest waiver from the
government. Friedman was also
supposed to divest himself of his
Goldman stock after Goldman became a
bank-holding company, but thanks to
the waiver, he was allowed to go out
and buy 52,000 additional shares in
his old bank, leaving him $3 million
richer. Friedman stepped down in
May, but the man now in charge of
supervising Goldman - New York Fed
president William Dudley - is yet
another former Goldmanite.
The collective
message of all this - the AIG
bailout, the swift approval for its
bank-holding conversion, the TARP
funds - is that when it comes to
Goldman Sachs, there isn’t a free
market at all. The government might
let other players on the market die,
but it simply will not allow Goldman
to fail under any circumstances. Its
edge in the market has suddenly
become an open declaration of
supreme privilege. "In the past it
was an implicit advantage," says
Simon Johnson, an economics
professor at MIT and former official
at the International Monetary Fund,
who compares the bailout to the
crony capitalism he has seen in
Third World countries. "Now it’s
more of an explicit advantage."
Once the bailouts
were in place, Goldman went right
back to business as usual, dreaming
up impossibly convoluted schemes to
pick the American carcass clean of
its loose capital. One of its first
moves in the post-bailout era was to
quietly push forward the calendar it
uses to report its earnings,
essentially wiping December 2008 -
with its $1.3 billion in pretax
losses - off the books. At the same
time, the bank announced a highly
suspicious $1.8 billion profit for
the first quarter of 2009 - which
apparently included a large chunk of
money funneled to it by taxpayers
via the AIG bailout. "They cooked
those first-quarter results six ways
from Sunday," says one hedge-fund
manager. "They hid the losses in the
orphan month and called the bailout
money profit."
Two more numbers
stand out from that stunning
first-quarter turnaround. The bank
paid out an astonishing $4.7 billion
in bonuses and compensation in the
first three months of this year, an
18 percent increase over the first
quarter of 2008. It also raised $5
billion by issuing new shares almost
immediately after releasing its
first-quarter results. Taken
together, the numbers show that
Goldman essentially borrowed a $5
billion salary payout for its
executives in the middle of the
global economic crisis it helped
cause, using half-baked accounting
to reel in investors, just months
after receiving billions in a
taxpayer bailout.
Even more amazing,
Goldman did it all right before the
government announced the results of
its new "stress test" for banks
seeking to repay TARP money -
suggesting that Goldman knew exactly
what was coming. The government was
trying to carefully orchestrate the
repayments in an effort to prevent
further trouble at banks that
couldn’t pay back the money right
away. But Goldman blew off those
concerns, brazenly flaunting its
insider status. "They seemed to know
everything that they needed to do
before the stress test came out,
unlike everyone else, who had to
wait until after," says Michael
Hecht, a managing director of JMP
Securities. "The government came out
and said, ’To pay back TARP, you
have to issue debt of at least five
years that is not insured by FDIC -
which Goldman Sachs had already
done, a week or two before."
And here’s the real
punch line. After playing an
intimate role in four historic
bubble catastrophes, after helping
$5 trillion in wealth disappear from
the NASDAQ, after pawning off
thousands of toxic mortgages on
pensioners and cities, after helping
to drive the price of gas up to $4 a
gallon and to push 100 million
people around the world into hunger,
after securing tens of billions of
taxpayer dollars through a series of
bailouts overseen by its former CEO,
what did Goldman Sachs give back to
the people of the United States in
2008 ?
Fourteen million
dollars.
That is what the
firm paid in taxes in 2008, an
effective tax rate of exactly one,
read it, one percent. The bank paid
out $10 billion in compensation and
benefits that same year and made a
profit of more than $2 billion - yet
it paid the Treasury less than a
third of what it forked over to CEO
Lloyd Blankfein, who made $42.9
million last year.
How is this
possible ? According to Goldman’s
annual report, the low taxes are due
in large part to changes in the
bank’s "geographic earnings mix." In
other words, the bank moved its
money around so that most of its
earnings took place in foreign
countries with low tax rates. Thanks
to our completely hosed corporate
tax system, companies like Goldman
can ship their revenues offshore and
defer taxes on those revenues
indefinitely, even while they claim
deductions upfront on that same
untaxed income. This is why any
corporation with an at least
occasionally sober accountant can
usually find a way to zero out its
taxes. A GAO report, in fact, found
that between 1998 and 2005, roughly
two-thirds of all corporations
operating in the U.S. paid no taxes
at all.
This should be a
pitchfork-level outrage - but
somehow, when Goldman released its
post-bailout tax profile, hardly
anyone said a word. One of the few
to remark on the obscenity was Rep.
Lloyd Doggett, a Democrat from Texas
who serves on the House Ways and
Means Committee. "With the right
hand out begging for bailout money,"
he said, "the left is hiding it
offshore."
BUBBLE #6 - GLOBAL
WARMING Fast-Forward to today. It’s
early June in Washington, D.C.
Barack Obama, a popular young
politician whose leading private
campaign donor was an investment
bank called Goldman Sachs - its
employees paid some $981,000 to his
campaign - sits in the White House.
Having seamlessly navigated the
political minefield of the bailout
era, Goldman is once again back to
its old business, scouting out
loopholes in a new
government-created market with the
aid of a new set of alumni occupying
key government jobs.
AS ENVISIONED BY
GOLDMAN, THE FIGHT TO STOP GLOBAL
WARMING WILL BECOME A "CARBON
MARKET" WORTH $1 TRILLION A YEAR.
Gone are Hank
Paulson and Neel Kashkari ; in their
place are Treasury chief of staff
Mark Patterson and CFTC chief Gary
Gensler, both former Goldmanites.
(Gensler was the firm’s co-head of
finance) And instead of credit
derivatives or oil futures or
mortgage-backed CDOs, the new game
in town, the next bubble, is in
carbon credits - a booming
trillion-dollar market that barely
even exists yet, but will if the
Democratic Party that it gave
$4,452,585 to in the last election
manages to push into existence a
groundbreaking new commodities
bubble, disguised as an
"environmental plan," called
cap-and-trade.
The new
carbon-credit market is a virtual
repeat of the commodities-market
casino that’s been kind to Goldman,
except it has one delicious new
wrinkle : If the plan goes forward
as expected, the rise in prices will
be government-mandated. Goldman
won’t even have to rig the game. It
will be rigged in advance.
Here’s how it
works : If the bill passes ; there
will be limits for coal plants,
utilities, natural-gas distributors
and numerous other industries on the
amount of carbon emissions (a.k.a.
greenhouse gases) they can produce
per year. If the companies go over
their allotment, they will be able
to buy "allocations" or credits from
other companies that have managed to
produce fewer emissions. President
Obama conservatively estimates that
about $646 billions worth of carbon
credits will be auctioned in the
first seven years ; one of his top
economic aides speculates that the
real number might be twice or even
three times that amount.
The feature of this
plan that has special appeal to
speculators is that the "cap" on
carbon will be continually lowered
by the government, which means that
carbon credits will become more and
more scarce with each passing year.
Which means that this is a brand-new
commodities market where the main
commodity to be traded is guaranteed
to rise in price over time. The
volume of this new market will be
upwards of a trillion dollars
annually ; for comparison’s sake,
the annual combined revenues of an
electricity suppliers in the U.S.
total $320 billion.
Goldman wants this
bill. The plan is (1) to get in on
the ground floor of
paradigm-shifting legislation, (2)
make sure that they’re the
profit-making slice of that paradigm
and (3) make sure the slice is a big
slice. Goldman started pushing hard
for cap-and-trade long ago, but
things really ramped up last year
when the firm spent $3.5 million to
lobby climate issues. (One of their
lobbyists at the time was none other
than Patterson, now Treasury chief
of staff.) Back in 2005, when Hank
Paulson was chief of Goldman, he
personally helped author the bank’s
environmental policy, a document
that contains some surprising
elements for a firm that in all
other areas has been consistently
opposed to any sort of government
regulation. Paulson’s report argued
that "voluntary action alone cannot
solve the climate-change problem." A
few years later, the bank’s carbon
chief, Ken Newcombe, insisted that
cap-and-trade alone won’t be enough
to fix the climate problem and
called for further public
investments in research and
development. Which is convenient,
considering that ’Goldman made early
investments in wind power (it bought
a subsidiary called Horizon Wind
Energy), renewable diesel (it is an
investor in a firm called Changing
World Technologies) and solar power
(it partnered with BP Solar),
exactly the kind of deals that will
prosper if the government forces
energy producers to use cleaner
energy. As Paulson said at the time,
"We’re not making those investments
to lose money."
The bank owns a 10
percent stake in the Chicago Climate
Exchange, where the carbon credits
will be traded. Moreover, Goldman
owns a minority stake in Blue Source
LLC, a Utah-based firm that sells
carbon credits of the type that will
be in great demand if the bill
passes. Nobel Prize winner Al Gore,
who is intimately involved with the
planning of cap-and-trade, started
up a company called Generation
Investment Management with three
former bigwigs from Goldman Sachs
Asset Management, David Blood, Mark
Ferguson and Peter Harris. Their
business ? Investing in carbon
offsets. There’s also a $500 million
Green Growth Fund set up by a
Goldmanite to invest in green-tech
... the list goes on and on. Goldman
is ahead of the headlines again,
just waiting for someone to make it
rain in the right spot. Will this
market be bigger than the energy-futures
market ?
"Oh, it’ll dwarf it,"
says a former staffer on the House
energy committee.
Well, you might say,
who cares ? If cap-and-trade
succeeds, won’t we all be saved from
the catastrophe of global warming ?
Maybe - but cap-and-trade, as
envisioned by Goldman, is really
just a carbon tax structured so that
private interests collect the
revenues. Instead of simply imposing
a fixed government levy on carbon
pollution and forcing unclean energy
producers to pay for the mess they
make, cap-and trade will allow a
small tribe of greedy-as-hell Wall
Street swine to turn yet another
commodities market into a private
tax-collection scheme. This is worse
than the bailout : It allows the
bank to seize taxpayer money before
it’s even collected.
"If it’s going to be
a tax, I would prefer that
Washington set the tax and collect
it," says Michael Masters, the hedge
fund director who spoke out against
oil-futures speculation. "But we’re
saying that Wall Street can set the
tax, and Wall Street can collect the
tax. That’s the last thing in the
world I want. It’s just asinine."
Cap-and-trade is
going to happen. Or, if it doesn’t,
something like it will. The moral is
the same as for all the other
bubbles that Goldman helped create,
from 1929 to 2009. In almost every
case, the very same bank that
behaved recklessly for years,
weighing down the system with toxic
loans and predatory debt, and
accomplishing nothing but massive
bonuses for a few bosses, has been
rewarded with mountains of virtually
free money and government guarantees
- while the actual victims in this
mess, ordinary taxpayers, are the
ones paying for it.
It’s not always easy
to accept the reality of what we now
routinely allow these people to get
away with ; there’s a kind of
collective denial that kicks in when
a country goes through what America
has gone through lately, when a
people lose as much prestige and
status as we have in the past few
years. You can’t really register the
fact that you’re no longer a citizen
of a thriving first-world democracy,
that you’re no longer above getting
robbed in broad daylight, because
like an amputee, you can still sort
of feel things that are no longer
there.
But this is it. This
is the world we live in now. And in
this world, some of us have to play
by the rules, while others get a
note from the principal excusing
them from homework till the end of
time, plus 10 billion free dollars
in a paper bag to buy lunch. It’s a
gangster state, running on gangster
economics, and even prices can’t be
trusted anymore ; there are hidden
taxes in every buck you pay. And
maybe we can’t stop it, but we
should at least know where it’s all
going.
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