En pleine crise, les gendarmes de la Bourse consultaient des sites pornos
Au plus fort de la crise financière de 2008-2009, une trentaine de cadres de la SEC, le gendarme boursier américain, passaient des heures à surfer sur des sites pornographiques, selon un rapport de l'inspecteur général de l'organisme

Par TF1 NEWS
Publié le 24 avril 2010

 

Une trentaine de cadres de la SEC, le gendarme boursier américain, passaient des heures à surfer sur des sites internet pornographiques au plus fort de la crise financière de 2008-2009, selon un rapport de l'inspecteur général de l'organisme, consulté par la chaîne ABC. "Le Bureau de l'inspecteur général a établi que 33 employés ont enfreint les règles de la Commission, ainsi que les normes d'éthique en vigueur au sein du gouvernement, en consultant des images pornographiques, sexuellement explicites ou fortement suggestives sur des ordinateurs professionnels et pendant leurs heures de travail", indique ce rapport cité par la chaîne de télévision ABC.
 
"Plus de la moitié de ces employés gagnaient entre 99000 et 223 000 dollars annuels", poursuit le document, qui précise que la vague des consultations s'est amplifiée avec le début de la crise financière, en 2008. Un avocat de la SEC est ainsi arrivé à passer jusqu'à huit heures par jour sur des sites pornographiques, et un comptable avait stocké plus de 600 photos pornographiques sur son disque dur, selon le rapport qui n'a pas encore été publié.

L'enquête a été menée à la demande d'un sénateur républicain. Les infractions au code de conduite de l'entreprise concernent moins de 1% des 3.500 employés de la commission, mais le rapport souligne que 17 d'entre eux sont des cadres supérieurs. Ces dernières années, la SEC a fréquemment été accusée de laxisme dans sa façon de contrôler les opérations boursières. Elle a été particulièrement critiquée pendant l'affaire Bernard Madoff, le financier condamné en 2009 à 150 ans de prison pour avoir monté une fraude sur plus de 20 milliards de dollars d'investissements. La SEC avait été saisie à deux reprises mais n'avait pas été jusqu'au bout de l'enquête.