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Société Radio-Canada Information
20-21 décembre 2010
L'Agence La Presse Canadienne
L'Agence France Presse - New York
L'Agence Reuters
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Le procureur général de l'État de New York, Andrew Cuomo, a déposé unei poursuite civile contre Ernst & Young pour avoir supposément aidé la banque en déroute Lehman Brothers à tromper les investisseurs en retirant de son bilan des milliards de dollars.
La poursuite allègue que les vérificateurs de la firme comptable Ernst & Young étaient au courant que la banque d'investissement Lehman Brothers avait dissimulé certaines transactions, dans une fraude qui a été révélée depuis ce temps.
Le procureur général s'attarde à la pratique de Lehman Brohers de transferts de valeurs mobilières de grandes liquidités et à revenus fixes dans des banques européennes dans le but de donner une apparence plus solide à son bilan.
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M. Cuomo a soutenu que le stratagème avait permis de dissimuler des milliards de dollars. Il accuse le cabinet d'une «fraude comptable consistant à retirer subrepticement du bilan de Lehman des dizaines de milliards de dollars de titres financiers liés aux marchés du crédit, afin de tromper le grand public sur l'état réel de ses liquidités».
Précisément, il accuse Ernst & Young d'avoir mis en oeuvre «pendant plus de sept ans, jusqu'au dépôt de bilan en septembre 2008», une technique appelée «Repo 105», qui consiste à prêter à une autre institution financière des actifs de mauvaise qualité juste le temps de publier les comptes trimestriels. |
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Des banques européennes prenaient ces actifs durant quelques jours, en échange de liquidités. Elles recevaient une commission. «Un cabinet comptable de réputation mondiale, chargé d'auditer les communications financières de Lehman, a aidé à cacher ces renseignements cruciaux», a expliqué M. Cuomo.
«Cette pratique était un modèle d'affaires en carton-pâte destiné à dissimuler des milliards de passif durant les années précédant la chute de Lehman», dit-il. «Tout aussi perturbant est le fait qu'un cabinet comptable international, chargé d'auditer les états financiers de Lehman, ait aidé à dissimuler cette information vitale à la communauté des investisseurs.»
Les montants dissimulés ont grimpé jusqu'à 50 milliards de dollars. Ces transactions auraient été légales si elles avaient été présentées comme des «prêts». Or elles étaient désignées comme des «ventes».
«Le grand public n'était pas averti du fait que le groupe était obligé de dépenser des dizaines de milliards de dollars pour racheter ces mêmes titres qu'il avait prétendument 'vendus' lors des transactions», a accusé l'État de New York dans le texte de sa plainte, transmise à la presse.
Où est l'éthique de la firme comptable
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«Un cabinet comptable de réputation mondiale, chargé d'auditer les communications financières de Lehman, a aidé à cacher ces renseignements cruciaux», a expliqué M. Cuomo.
Ils ont permis à Lehman Brothers de réduire le ratio de ses engagements sur ses actifs, régulièrement mis en avant par la banque comme un signe de la solidité de ses comptes et de son modèle économique.
Les services de M. Cuomo citent dans leur plainte des échanges internes chez Ernst & Young et chez Lehman Brothers montrant que certains étaient inquiets de la viabilité de cette pratique.
«Bien qu'informé que le grand public était berné, Ernst & Young n'a jamais remis en cause la pratique ni cherché à la dévoiler aux investisseurs», en a conclu le plaignant. |
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La salle de conférence des fraudeurs en vedette dans les revues d'architecture et d'intérieur où il est dit que les affaires et l'architecture deviennent plaisir. Évidement au frais des investisseurs et des clients |
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Les poursuites ont pour but de récupérer «la totalité des honoraires collectées pour le travail accompli au profit de Lehman entre 2001 et 2008, qui dépassent les 150 millions de dollars, plus des dommages et intérêts pour les investisseurs», a indiqué l'État de New York.
Un porte-parole d'Ernst & Young n'a pas rendu les appels de La Presse Canadienne pour commenter. La compagnie avait refusé de se prononcer quand des informations avaient circulé sur l'éventualité d'une poursuite.
Lehman Brothers a été l'un des plus importants clients d'Ernst & Young avant que la banque d'investissement ne s'effondre en 2008 lorsque la crise financière s'est intensifiée. Le Wall Street Journal affirme qu'Ernst & Young avait reçu près de 100 millions de dollars en paiements de 2001 à la fin 2008 pour ses travaux d'audits financiers. Le journal ajoute qu'Ernst & Young a approuvé les transactions et a offert à l'entreprise des services complets d'audit financier de 2001 à 2007.
L'affaire est l'une des plus importantes impliquant un cabinet comptable depuis l'inculpation d'Arthur Andersen en 2002 dans l'affaire Enron. Dans ce scandale ayant pour toile de fond une série de malversations comptables, le cabinet Arthur Andersen avait reconnu avoir détruit des documents du spécialiste dans la négociation de contrats d'énergie. Il a été inculpé pour destruction de documents et de courriels pour le compte de son client Enron en mars 2002, puis condamné pour obstruction de la justice en juin de la même année, ce qui a précipité la chute du cabinet qui occupait alors le cinquième rang mondial en vérification comptable.
Ernst & Young était sous surveillance depuis la publication en mars 2010 d'un rapport du liquidateur judiciaire de Lehman dans lequel ce dernier fustigeait les méthodes comptables de la banque d'investissement. Le rapport concluait qu'Ernst & Young avait fait preuve de «négligence professionnelle» dans son audit.
Le liquidateur remarquait que le cabinet comptable n'avait rien trouvé à redire à des artifices comptables qui donnaient l'impression que Lehman réduisait globalement son endettement en 2008 alors qu'il n'en était rien.
Selon les analystes, Ernst & Young pourrait tenter de trouver une solution négociée car les dommages souhaités par Andrew Cuomo seraient parmi les plus importants jamais réclamés dans une procédure judiciaire liée à la crise financière.
La faillite de Lehman Brothers, la plus grande de l'histoire, a non seulement fait s'évaporer des actions dont la valeur totale avait approché les 60 milliards de dollars début 2007, mais aussi causé une perte sèche aux détenteurs des multiples actifs financiers (obligations, dérivés de crédit, etc.) émis par la banque ou liés à elle
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Bien qu'informé que le grand public était berné,
Ernst & Young n'a jamais remis en cause la pratique ni cherché à la dévoiler aux investisseurs |
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Commentaire de JoPublic
La réputation de la firme Ernst & Young, qui obtient des contrats partout au Québec, et son slogan imprimé partout dans le monde montrent bien la force de l'image créée par les firmes de relations publiques....Quality in everything we do....pour une firme de fraudeurs qui va tout faire pour ne pas se rendre en cour.
Un règlement hors cour coûte cher mais soustrait toutes les turpitudes de la vue du public. Comme dans le cas de firmes québécoises qui, comme celles de Tony Accurso ont pu, par un règlement hors cour avec le ministère du Revenu canadien, enterrer la pratique qui consistait à faire réparer et rénover son bateau aux frais des Québécois et Canadiens.
De plus, la loi qui consacre le voile corporatif évite aux membres d'un conseil d'administration d'être responsables de leurs agissements. Il faudrait bien qu'un jour un politicien mette ses culottes et modifie la loi des compagnies pour obliger les fraudeurs à rendre des comptes à la société |
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