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Ceux qui s’inquiètent du déficit public dépeignent un futur où nous serions appauvris par la nécessité de rembourser l’argent emprunté. Ils décrivent les États-Unis-d'Amérique comme une famille qui aurait souscrit un prêt hypothécaire trop lourd, et peinerait à effectuer les remboursements mensuels.
C’est là une analogie vraiment déplorable, pour au moins deux raisons.
Premièrement, les familles doivent rembourser leurs dettes. Pas les gouvernements.
La seule chose qu’ils aient à faire, c’est de s’assurer que la dette croisse plus lentement que leur assiette d’imposition. La dette de la Seconde Guerre mondiale ( 02 ) n’a jamais été remboursée. Elle est tout simplement devenue de moins en moins significative, au fur et à mesure des progrès réalisés par l’économie américaine, et de l’élévation en parallèle des revenus assujettis à l’impôt.
Deuxièmement - et c’est un point que quasiment personne ne semble percevoir - une famille trop endettée doit de l’argent à quelqu’un d’autre. Mais la dette états-unienne est, dans une large mesure, de l’argent que nous nous devons à nous-mêmes.
Ce fut clairement le cas de la dette contractée pour financer l’effort de la Seconde Guerre mondiale.
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Les contribuables ont hérité d’une dette qui était sensiblement plus importante, mesurée en pourcentage de PIB ( 03 ), que la dette actuelle. |
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De ce fait, cette dette n’a pas rendue plus pauvre l’Amérique de l’après-guerre. En particulier, elle n’a pas empêché la génération vivant à cette période de connaître la plus forte hausse des revenus et du niveau de vie de l’histoire de notre nation.
Mais, la situation n’est-elle pas différente aujourd’hui ? Pas autant que vous pourriez le penser.
Il est vrai que des résidents étrangers détiennent maintenant d’importantes créances sur les États-Unis, y compris un volume important de dette publique. Mais chaque dollar de créances étrangères sur les États-Unis est compensé par l’équivalent de 89 cents de créances que les USA détiennent sur l’étranger. Et dans la mesure où les résidents étrangers ont tendance à diriger leurs investissements en Amérique dans des actifs sûrs - mais ayant un faible rendement - les États-Unis gagne en réalité plus sur ses avoirs à l’étranger qu’elle ne paie aux investisseurs étrangers. Si vous avez en tête l’image est d’une nation qui est déjà largement redevable à la Chine, vous avez été mal informé. Ce n’est pas le cas, et nous ne prenons pas ce cap.
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Cependant, le fait que la dette publique ne soit aucunement comparable à une hypothèque sur l’avenir de l’Amérique ne signifie pas pour autant qu’elle soit inoffensive. |
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Mais ces coûts sont bien moins dramatiques que ce que l’analogie de la famille surendettée pourrait suggérer.
Et c’est pourquoi les nations ayant des gouvernements stables et responsables - c’est-à-dire des gouvernements qui sont prêts à une augmentation limitée des impôts lorsque la situation le justifie - ont historiquement été en mesure de vivre avec des niveaux de dette beaucoup plus élevés que ce que l’opinion commune aujourd’hui pourrait laisser penser. La Grande-Bretagne, par exemple, a supporté une dette dépassant les 100% du PIB pendant 81 des 170 dernières années. Lorsque Keynes ( 04 ) a écrit sur la nécessité d’effectuer des dépenses publiques pour sortir de la dépression, la Grande-Bretagne était plus lourdement endettée que ne l’est aujourd’hui toute autre nation de premier plan - exception faite du Japon.
Cependant, l’Amérique, avec son mouvement conservateur farouchement opposé à l’impôt, pourrait ne pas bénéficier d’un gouvernement responsable, au sens évoqué précédemment. Mais dans ce cas, la faute ne proviendrait pas de notre dette, mais de nous-mêmes.
Alors certes, la dette est une question importante. Mais aujourd’hui même, d’autres facteurs le sont plus. Nous avons besoin de plus - et non pas moins - de dépenses publiques pour sortir du piège du chômage. Et cette obsession déplacée, ces conceptions erronées sur la dette, viennent barrer le chemin.
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