Le procès, qui s'est ouvert à la mi-janvier 2011, aura duré plus longtemps que ne l'avait souhaité le juge Bernard Godbout au départ ( 04 ). Celui-ci espérait pouvoir conclure en juin 2011, mais la preuve était volumineuse, celle des experts comme celle des témoins de fait, et des problèmes de santé ont retardé le témoignage, important, de l'expert en hydrogéologie recruté par le Regroupement des citoyens ( 05 ).
Le long exercice a obligé le juge à se familiariser avec plusieurs disciplines scientifiques : toxicologie, épidémiologie, hydrogéologie et biochimie. Une fois les plaidoiries complétées il devra soupeser tous les arguments pour déterminer s'il y a eu préjudice et s'il y a responsabilité.
Les avocats qui représentent les citoyens doivent présenter leur preuve en fonction de la «balance de la probabilité». Ils ont le fardeau de démontrer que la contamination de l'eau est la cause la plus probable des dommages causés, plus que toute autre cause possible, comme la génétique ou les habitudes de vie.
C'est la firme d'avocats Charles Veilleux & associés ( 06 ) qui représente les intérêts des citoyens. Dans un message envoyé à la fin octobre 2011 aux membres du Regroupement, Me Veilleux rappelle que cette étape conclut «presque 11 ans de démarches et 10 mois de procès, nous allons enfin pouvoir dire mission accomplie.»
Des centaines de dossiers médicaux ont été déposés en preuve, dossiers que la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale ( 07 ) a obtenus voilà quelques mois et avec lesquels elle pourrait réaliser une analyse des cas de cancer identifiés parmi la population ayant habité Shannon au cours des 50 dernières années.
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« Le NPD est derrière les gens de Shannon » - Élaine Michaud |