Le Dr Shields témoignait comme expert pour les membres du recours collectif des citoyens de la municipalité, pour la contamination de la nappe phréatique par le trichloroéthylène (TCE). Il étudie le cas de Shannon depuis près d'une dizaine d'années, et c'est sous sa direction que la liste des quelque 500 cas de cancers répertoriés jusqu'ici a été dressée.
Et dès le début de ce travail, des anomalies ont éveillé ses soupçons, a-t-il expliqué au juge Bernard Godbout. «Il y avait une densité anormale de cancers dans la "zone rouge", qui correspond au panache de contamination identifié par les hydrogéologues. Et la concentration la plus élevée se trouvait dans un secteur encore plus restreint, le "triangle rouge", où vivent moins de 220 personnes et où les concentrations de TCE étaient les plus élevées.»
Selon lui, en calculant ces cas sur toute la population de la municipalité, on se trouve à diluer le portrait réel. Une analyse géographique de ces cas met en évidence la concentration anormale pour ce territoire.
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Un des éléments qui a le plus frappé ce spécialiste, c'est le nombre élevé de personnes ayant souffert de plus d'un type de cancer au cours de leur vie. D'après les données disponibles en 2009, on comptait 42 cancers pour un groupe de 18 personnes, soit une moyenne de 2,3 cancers par individu. |
«C'est une situation clinique inhabituelle. Il y a une lumière qui s'est allumée dans mon esprit. Il y a quelque chose d'anormal là.»
Le Dr Shields n'est ni épidémiologue ni chercheur, a-t-il pris soin de préciser au juge. Mais après 30 années passées à soigner les patients de l'Enfant-Jésus, dit-il, «on finit par avoir une idée de ce qui est normal ou pas».
Et ces dizaines de personnes ayant eu plus d'un cancer, ça n'a rien de normal, selon lui. On parle ici de cancers «primaires», c'est-à-dire des cancers qui n'ont pas été causés par les métastases d'un autre cancer.
«En pratique, on n'en voit pas beaucoup. On voit des cas de deux cancers, mais trois cancers, c'est plus rare. Je ne me rappelle pas de plus de cinq ou six cas dans ma carrière. Et je n'ai vu qu'un seul cas avec quatre types de cancer chez une même personne.»
À Shannon, on a répertorié jusqu'ici pas moins de quatre personnes ayant eu quatre cancers primaires différents. Il a cité, entre autres, le cas d'une dame ayant eu un cancer du sein, puis un cancer de la peau sur le pied droit, ensuite un autre cancer de la peau, sur une épaule, et enfin un cancer de l'intestin. «Ce sont des patterns inhabituels», conclut-il.
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Cancers du cerveau «localisés» à Valcartier |
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