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Tous les directeurs de
santé
publique du gouvernement du Québec et l’Institut national de santé publique
du Québec
( 02 ) constatent que “l’utilisation sécuritaire” de
l’amiante s’est avérée un échec au Québec même. L’Association médicale du
Québec et du Canada, la Société canadienne du cancer, l’OMS, l’Organisation
internationale du Travail,
( 03 ) entre autres, ont tous demandé qu’on arrête
d’utiliser l’amiante.
En Colombie-Britannique un entrepreneur est poursuivi pour avoir exposé ses
employés à l'amiante
( 04 ); en Belgique, Eternit le fabriquant d'amiante est
condamné à payer des dédommagements à des personnes infectées par l'amiante
et en Italie le procès contre les fabricants se poursuit.
( 05 )
La Confédération syndicale internationale (CSI) ( 06 ), qui représente 175 millions de travailleurs dans 151 pays, ainsi que le Congrès du travail du Canada et la Confédération des syndicats nationaux ( 07 ), se battent pour un bannissement global de l’amiante. Paillé se moque de leurs efforts et de la solidarité internationale.
Daniel Paillé élu chef du Bloc québécois ne manque certainement pas d’intelligence. On ne peut pas dire la même chose au sujet de sa moralité.
Ce dernier a été pris à partie par ses deux adversaires sur la question de l'amiante. L'ancien député d'Hochelaga a indiqué être favorable à l'exportation de la ressource controversée.
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«Je suis certain qu'une utilisation sécuritaire est possible à travers le monde. On a fait peur au monde en disant que c'est une ressource épouvantable.» |
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Les décès liés à l'utilisation de l'amiante sortent du simple cadre minier. Un rapport de la CSST montre en effet qu’en plus des 145 travailleurs de la construction morts des suites de maladies liées à l'amiante, ce sont des travailleurs d'usine, du transport, de la rénovation, de la démolition, de l'industrie manufacturière, etc. qui ont été victimes de l'amiante entre 2006 et 2009. En tout, 318 constats de dérogation par rapport à l'amiante sur les chantiers de construction du Québec en 2010 ont été émis par la CSST. 18 directeurs de santé publique du Québec sont d'avis que « l'augmentation de l'exploitation et de l'usage de l'amiante chrysotile au Québec se soldera par une augmentation significative des maladies reliées à l'amiante chez les travailleurs et dans la population en général entraînant des coûts sociaux et financiers» Pour plus d'information cliquez ici |
Daniel Paillé chausse ainsi le bonnet de celui a qui il succède
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Lettre d'Eric Jonckheere à Stephen Harper et Jean Charest |
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Eric Jonkheere a perdu son père, sa mère et deux de ses frères, tous victimes de l’amiante. Il est co-président de l'Association belge des victimes de l’amiante. |
Messieurs Stephen Harper et Jean Charest,
La Belgique, haut lieu du lobby pro-amiante, fut durant de longues années un très gros consommateur de ce minéral mortel. Durant des décennies, la multi nationale Eternit, se procura son amiante au Québec, c’est pour celle-ci que mon père, Pierre Jonckheere, exerça la profession d’ingénieur jusqu’à sa pré retraite en 1986. Hélas, il mourut un an après sa mise à l’écart pour cause de mésothéliome. Il avait 59 ans.
L’histoire de ce drame familial ne s’arrêta pas puisque d’autres vies allaient être fauchées dans notre famille pour les mêmes causes. Françoise (2000), Pierre-Paul (2003), Stéphane (2009), n’avaient, eux, jamais travaillés chez Eternit qui, depuis les années 70, garantissait la sécurité dans l’utilisation de son amiante. Le restant de la fratrie présente des taux monstrueux d’amiante au point d’affecter grandement leurs conditions de (sur)vie.
Qu’avez-vous à répondre à nos jeunes enfants qui se demandent qui sera le suivant ?
Tout comme les dirigeants d’Eternit, les producteurs d’amiante du Québec osent prétendre qu’il existe une utilisation « sécuritaire ». Cette sécurité fut bafouée chez nous, comment l’assurer dans les pays émergeants? L’amiante tue ! J’en sais quelque chose et il est impossible de garantir son utilisation en toute sécurité! Comment assurer des conditions de travail décentes pour les travailleurs amenés à devoir manipuler l’amiante dans ces pays où règne un manque criant de règles de travail et de suivis médicaux ?
Le Canada a même placé l’amiante dans le « Hazardous Substances Act ». Si il a été conclu qu’il porte atteinte à la santé des canadiens (et des belges), comment expliquez-vous que l’amiante ne puisse être dangereux pour les populations d’outre-mer ? Les millions de morts provoqués par ce minéral ne sont-ils pas suffisants pour que cesse ce mensonge?
Mille personnes perdent la vie annuellement au Canada à cause de l’amiante, à peine moins en Belgique. Sans doute plus de 200.000 dans le monde. Le prix humain n’est-il pas assez lourd ?
Vous évoquez une situation de discrimination envers les producteurs québécois en cas de bannissement, ne pensez-vous pas que ce sont les victimes de l’amiante qui sont les premières touchées?
Préserver l’emploi ne peut en aucun cas occulter les vies fauchées ou les dégâts humains à long terme provoqués par l’amiante. Écoutez les recommandations de la Société canadienne du cancer, Le Canada doit rester un pays qui préserve la santé et les droits à la vie les plus fondamentaux, même en dehors de ses frontières.
Un récent jugement prononcé au tribunal de Bruxelles en faveur d’une victime environnementale de l’amiante contre la firme Eternit cite les négligences et le cynisme dont cette multinationale et le lobby pro-amiante ont fait preuve depuis les années 60. Ce jugement est historique ! ( 08 )
De part et d’autre de l’Atlantique, les mensonges et la désinformation sont identiques, j’ose croire qu’au final vous agirez en faveur du bien-être et santé des populations et non pour la santé des portefeuilles des exploitants des mines.
Le monde vous regarde; l’exploitation des mines d’amiante doit stopper !
Veuillez accepter Messieurs l’expression de mes sentiments respectueux.
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Pour tous ces toits bâtis, combien de « moi » détruits ? |
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