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Le refus des propriétaires de laisser passer Gastem sur leur terrains force le ministre de l'Environnement à demander au BAPE de tenir un consultation des madelinots |
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C'est ce qu'a annoncé le 16 décembre 2011 le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand «La population a manifesté des inquiétudes à l'égard des effets potentiels de ces activités, notamment sur les nappes phréatiques, a déclaré le ministre Arcand dans un communiqué. Nous souhaitons mandater le BAPE pour qu'il tienne des audiences publiques sur le sujet, afin de recueillir les préoccupations des citoyens, des groupes et des organismes, et pour obtenir un éclairage sur cette question.» |
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Une étude de chercheurs
Le mandat débutera «dans les prochains mois» et durera quatre mois.
Au préalable, une équipe de chercheurs universitaires réalisera une étude sur les nappes phréatiques aux Îles de la Madeleine, les impacts potentiels de l'exploration et de l'exploitation des ressources naturelles ainsi que sur les mesures de prévention et de protection à prendre.
Les projets de Gastem avaient suscité une fronde antigaz, 1 200 propriétaires terriens ayant refusé l'accès à leur terrain à l'entreprise en octobre 2011. ( 02 ) Les Madelinots réclamaient que le gouvernement fournisse l'expertise technique permettant d'évaluer les risques de l'exploitation gazière pour les fragiles ressources en eau douce de l'archipel.
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Gastem n'est ni surprise, ni déçue |
Le président de Gastem, Raymond Savoie ( 03 ), ne s'étonne pas de la tenue d'un BAPE sur la phase exploratoire de ses travaux de prospection gazière aux Îles. Après la rencontre publique d'information qu'il a tenue à Fatima en octobre 2011, il s'est rendu compte qu'un mandat du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement était inévitable, même s'il s'agit d'une première pour un forage exploratoire de type conventionnel:
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Extrait sonore CFIM radio des Îles-de-la-Madeleine |
Bien qu'il admette que ce processus du BAPE retarde les visées de Gastem en sol madelinot, M. Savoie ne s'en déclare pas déçu pour autant. Au contraire, dit-il, l'exercice aura le mérite de dédramatiser le dossier:
Gastem prévoit investir de quatre à six millions de dollars pour son premier forage de prospection aux Îles. La décision gouvernementale qui suivra le processus du BAPE sur ce projet ne devrait pas survenir avant la fin de l'automne 2012, selon le député Germain Chevarie.
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Lettre à mon député Monsieur Germain Chevarie Député des Îles de la Madeleine Je veux d’abord, Monsieur Chevarie, vous remercier d’avoir intercédé auprès des ministres concernés et obtenu un BAPE aux Îles, avant même un forage exploratoire sur notre territoire par le prospecteur GASTEM. |
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Permettez-moi cependant de nuancer la portée de cette annonce, même si elle constitue une réponse positive à nos demandes, appuyées par un geste flagrant de rejet par la communauté de ce projet gazier. Nous avions envoyé un signal clair par un premier envoi, en octobre 2011, de quelque 1 200 lettres refusant l’accès à GASTEM sur les terrains privés ; le dépôt d’une série d’autres lettres devrait d’ailleurs se faire prochainement. Nous restons, nous l'avouons, sur notre appétit en constatant l'étroitesse du mandat qui est confié au BAPE. Je m’explique.
Même si les citoyens auront la possibilité d'exprimer leurs points de vue lors des audiences publiques, il n'est question dans le mandat des commissaires que d’examiner « les effets potentiels de l'exploration et de l'exploitation des ressources naturelles sur les nappes phréatiques des Îles-de-la-Madeleine ».
Cette question est évidemment MAJEURE, mais, comme c'est le cas dans d'autres dossiers pilotés par le gouvernement (ÉES2 dans le Golfe, ÉES gaz de schiste), ces exercices démocratiques en principe sont chaque fois cadenassés par le fameux « préjugé favorable envers les hydrocarbures ». Il y a un biais qui n'a pas sa place dans un tel mandat. On prend pour acquis que l’exploitation va se faire et on évite de demander au BAPE de questionner la pertinence même d'un tel choix – qui devrait être avalisé par la population – et d’examiner le tout dans une optique intégrée des potentiels énergétiques.
Vous affirmez « que notre gouvernement est à l'écoute de la population ». Pour le démontrer sans équivoque, il faudrait, dans le cadre d’un BAPE à mandat élargi, créer une occasion pour la population d’avoir accès à un éclairage complet pour pouvoir discuter sereinement et envisager toutes les options. Un tel mandat ne devrait-il pas examiner la question du gaz naturel comme source potentielle d'énergie aux Îles, mais en considération de l’ensemble des alternatives énergétiques, même si le gouvernement a évidemment déjà fait son nid ?
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Devant un assortiment de choix documentés, en phase avec les défis économiques et environnementaux actuels, plutôt que de nous diviser, nous serions à même de nous prononcer de façon lucide et solidaire sur un engagement durable et porteur pour notre communauté. |
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Selon le maire Arseneau, entendu sur les ondes de la radio locale, les Madelinots doivent en venir à un consensus et à une vision d'avenir en matière énergétique pour l'archipel, en explorant les sources d'énergie potentiellement utilisables pour le milieu.
Le BAPE qu’on nous promet ne doit pas être qu’un exercice cosmétique, en rassurant par « des recommandations au gouvernement sur les mesures à prendre pour assurer la protection de l'environnement », pour avaliser les ambitions des promoteurs de la filière gazière. Pour éviter que le rapport du BAPE ne devienne un cheval de Troie qu’on veut introduire pour permettre à une industrie lourde et à première vue inappropriée pour les îles d’occuper le territoire et servir ( 06 ) de pied à terre pour d’autres développements dans le Golfe. Est-ce bien ce que nous voulons ?
Il faudrait pouvoir s’exprimer là-dessus via le BAPE.
J'apprécierais que mon député porte cette préoccupation, partagée par d'autres que moi, aux instances concernées. Un débat public ouvert serait une occasion réelle pour les citoyens de se sentir en confiance envers les institutions et de participer – j'allais dire « pour le meilleur et pour le pire » – aux discussions et aux décisions finales, dans l'intérêt de tous et chacun.
Je compte donc sur votre collaboration, Monsieur Chevarie, pour que cet exercice, envers lequel j’ai confiance et auquel j'ai l'intention de participer activement, soit source d’échanges, de cohésion et de prospérité pour notre milieu de vie.
Je vous souhaite, un JOYEUX TEMPS DES FÊTES !
Respectueusement,
Raymond Gauthier
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