Comme citoyens Madelinots, nous nous réjouissons de l’annonce par le Premier ministre Charest, d’un investissement majeur pour l'entreprise de transformation Cap sur Mer ( 01 ) et pour la municipalité des Îles-de-la-Madeleine (projet d’aqueduc) dans le village de Grande-Entrée. Il s’agit là d’un apport bénéfique sans aucun doute pour la communauté et toutes les îles.
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Cependant, en marge de cette nouvelle intéressante relayée dans les médias, un incident
« marginal » est passé sous silence. Le départ du Premier ministre de l’aéroport à été a peine ralenti par la présence sur son passage d’une cohorte citoyenne pacifique, mais déterminée à rappeler au gouvernement une demande expresse : la tenue d’une audience publique du BAPE avant même que les forages exploratoires de GASTEM ( 02 ) ne débutent sur notre territoire. Et ce, pour donner à l’ensemble de la population l’occasion de discuter des enjeux d’un tel développement. Il serait absurde et inconséquent, croyons-nous, de forer d’abord, pour se demander ensuite si c’est la meilleure avenue de développement énergétique dans notre contexte.
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La compagnie Gastem, dénoncée par des centaines de citoyens et de groupes écologistes du Québec, multiplie les rencontres à huis clos aux Îles-de-la-Madeleine. L'entreprise tenterait d’obtenir une mesure d'acceptabilité sociale qui avaliserait son projet d’exploration gazière, annoncé pour octobre prochain.
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« Il n’y a pas que les manières cavalières de Gastem qui dérangent, mais aussi le fait que M. Raymond Savoie, ancien ministre des Mines et du Revenu et actuel président et chef de direction de Gastem, appartienne à ce groupe de privilégiés qui ont profité de la dénationalisation des ressources pétrolières et gazières au Québec, en 2004 », dénonce Annie Landry, porte-parole du regroupement citoyen des Îles-de-la-Madeleine. |
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« Depuis 2008 ajoute-t-elle, Gastem comme Junex et Pétrolia s’improvisent revendeurs du bien public. Or, autant pour des raisons d’ordre environnemental, politique et économique : toutes les conditions sont réunies pour que les citoyens québécois refusent le projet de Gastem en sol madelinot », prévient la porte-parole. ( 04 )
Depuis le début du mois d'août 2011 en effet, M. Savoie multiplie ses interventions à la radio locale. Il aurait déclaré qu'un premier forage est prévu à l’automne, malgré le fait que la population n’ait pas encore été rencontrée. M. Savoie affirme que les Madelinots doivent se rendre à l’évidence : le gaz naturel est une richesse qui repose sous leur terre et ils ne pourront pas en éviter l’exploitation. Mais au contraire, de nombreux citoyens concernés sont d’avis qu’il existe d’autres alternatives et d’autres modèles que la Municipalité des Îles et le gouvernement provincial devraient considérer afin d’apporter à l’archipel une "plus-value" à court, moyen et long terme.
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« Parlant dans son propre intérêt, Raymond Savoie annonce aux Madelinots des transformations du pétrole au gaz, des projets irréalistes ou terriblement dispendieux qui, à la base, ne font que déplacer la dépendance à des énergies non renouvelables, s'indigne Annie Landry devant la thèse de Gastem. |
N’oublions pas qu'Hydro-Québec a annoncé le 16 novembre 2010 que le couplage éolien avait été retenu pour le prolongement de vie de la centrale locale et que le Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (le CERMIM, affilié à l’UQAR) étudie présentement la possibilité de transformer certaines matières résiduelles en biogaz, rappelle-t-elle.
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Ce sont là des exemples de projets intelligents sur lesquels on doit miser collectivement dans l’intérêt de nos enfants avant tout : évitons-leur l’industrie des énergies sales! |
« La vérité sur le système de l’exploitation gazière au Québec est qu’il n’est pas du tout édifié sur des valeurs sociales : il ne mènera personne vers l’indépendance énergétique, il ne vise pas non plus un enrichissement collectif ; il est plutôt construit sur un système de privilèges, de privatisation au bénéfice des gens qui bien souvent sont au gouvernement. À défaut de pouvoir nous réapproprier nos ressources naturelles, il est donc primordial de tout mettre en œuvre pour freiner le projet de Gastem, afin de protéger l’intégrité et le développement intelligent de ce joyau que sont les Îles-de-la-Madeleine, » de conclure Annie Landry.
Gastem insiste
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La compagnie GASTEM a annoncé son intention ferme d’obtenir un permis d’exploration en vue de procéder cet automne, avant les gelées. |
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Or, c’est justement à l’étape du forage exploratoire que se prennent tous les risques dans le processus menant à la commercialisation du produit. Lorsqu’on demande un permis d’exploitation, c’est qu’on a déjà accompli les préalables et pris tous les risques, financiers, sociaux et environnementaux. Nous sommes d’avis que la décision de prendre de tels risques ne doit pas être assumée par le seul promoteur, même s’il investit des sommes importantes dans le projet.
C’est le propre de toute entreprise de prendre des risques ; mais dans un projet où le risque zéro n’existe pas, qui comporte autant d’impacts environnementaux et sociaux, sur un territoire particulièrement vulnérable et très densément peuplé comme l’est l’archipel madelinien, la décision d’aller de l’avant ou non devrait appartenir d’abord à la collectivité concernée. Et ce, seulement après un processus transparent, consistant en des séances d’information publiques complètes et indépendantes, à des débats ouverts sur les enjeux et sur la pertinence d’un tel développement. L’intérêt collectif doit être considéré. Dans un contexte insulaire, les impacts positifs comme négatifs sont déterminants pour un choix éclairé.
«Le gouvernement fait de l'économie une priorité et avec l'annonce d'aujourd'hui l'entreprise de transformation de produits marins Cap sur Mer consolidera quelque 500 emplois directs pour les familles des Îles-de-la-Madeleine», a déclaré le premier ministre lors de son passage à Grande-Entrée.
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«Je suis heureux de l'aboutissement de ces deux projets. Le premier contribuera directement à l'essor économique de l'archipel, et ce, pour plusieurs générations. Le second projet permettra aux résidents du Village de la Grande-Entrée de bénéficier d'une eau potable de qualité», a déclaré notre député, Germain Chevarie. |
Dans les deux cas – la valorisation des produits marins et la distribution appropriée de l’eau potable –, il est question de consolidation, de durabilité, d’accessibilité tout autant que de qualité.
La venue prochaine avec ses gros sabots d’une industrie aussi lourde que celle des hydrocarbures – à la fois dans le vivier des produits marins qu’est le golfe tout autour et, dans le cas de GASTEM, sur le territoire même de l’archipel – ne requiert-elle pas de la part d’un gouvernement responsable de décréter un temps d’arrêt pour permettre en amont d’en évaluer la pertinence, la compatibilité et les avantages ?
Le cas échéant, sous quelles conditions, dans quelles limites et au bénéfice de qui ces ressources énergétiques non renouvelables devraient-elles être exploitées ?
Dans quelle mesure et à quel rythme des énergies alternatives durables pourraient-elles s’envisager ?
Beaucoup de questions, peu de réponses…
De là la pertinence d’une audience publique du BAPE avant tout forage pour offrir cette incontournable occasion.
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