Si le Canada souhaite atteindre ses objectifs environnementaux de réduction des gaz à effet de serre, la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie TRNEE estime que «nous devons envisager d’autres étapes dès maintenant, sans égard aux interventions et à l’incertitude politique des États-Unis».
Le Canada doit prendre les devants en matière de lutte contre les changements climatiques, quitte à devoir tenir compte plus tard des politiques des États-Unis qui tardent à se matérialiser en raison de «l'incertitude liée à l'orientation de la politique climatique américaine».
Telle est la conclusion à laquelle en vient le troisième rapport de la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie (TRNEE), un rapport intitulé «Voies parallèles: choix politiques climatiques pour le Canada et les États-Unis.» La TRNEE prend ainsi des distances considérables avec le point de vue du gouvernement Harper même si la plupart des nominations au sein de cet organisme sont le fait de l'exécutif fédéral.
Si le rapport considère comme importante la nécessité d'harmoniser les politiques canadienne et étasunienne en matière de changements climatiques, il n'en demeure pas moins que «si le Canada souhaite atteindre ses objectifs environnementaux de réduction des gaz à effet de serre [GES] à l'intérieur d'une certaine période, nous devons envisager d'autres étapes dès maintenant, sans égard aux interventions et à l'incertitude politique des États-Unis».
En somme, le Canada doit adopter une politique «conçue au Canada», réaffirme la TRNEE en reprenant le premier slogan conservateur qui plaidait pour une politique climatique made in Canada, ce qu'elle n'est plus. Depuis un an, en effet, les différents titulaires du ministère de l'Environnement à Ottawa plaident tous pour une politique qui placerait le Canada à la remorque des politiques étasuniennes.
|
«L'harmonisation, lorsqu'elle est possible et réalisable, est logique pour le Canada, poursuit le rapport. Toutefois, face à l'incertitude persistante aux États-Unis en ce qui a trait à l'avenir de sa propre politique climatique, le Canada devra étudier ses propres options, de la bonne façon et au bon moment», affirmait David McLaughlin, président et premier dirigeant de la TRNEE. |
Parmi les conditions minimales d'une telle politique, la TRNEE propose l'établissement d'un prix minimum pour la tonne de carbone atmosphérique à 30 $, un système national de quotas d'émissions et d'échanges de crédits, des permis internationaux limités et des compensations à l'échelle régionale et un fonds de technologie.
|
Pour le porte-parole du NPD, le député Thomas Mulcair, |
|


