Occupy Wall Street aux États-Unis ( 01 ), c’est le réveil des Américains contre une attaque longue, répétée, sournoise et efficace contre leur démocratie et leurs libertés, vendues aux plus offrants monarques corporatifs.
Le discours des 99% versus 1% ( 02 ) a réveillé les Américains sur toutes sortes de questions en lien avec leur système économique, la démocratie, la justice, les inégalités, la corruption, etc. Occupy Wall Street est une bataille pour la liberté et la démocratie, plus importantes que les intérêts financiers d’une élite capitaliste.
Pour comprendre ce mouvement, il est avant tout nécessaire de connaître les concepts sur lesquels s’est bâti le pays. Fondés suite à une révolution contre la Grande-Bretagne, les États-Unis d’Amérique se sont construits sur des idéaux démocratiques et de libertés individuelles. Influencé par les philosophies des Lumières ( 03 ) en vogue à l’époque en Europe, Thomas Jefferson ( 04 ) rédige en 1776 la Déclaration d’indépendance des treize colonies britanniques ( 05 ) en y incluant une phrase qui encore aujourd’hui résonne chez les populations marginalisées.
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Tous les hommes naissent égaux et ont donc des droits inhérents naturels de vie, de liberté et de recherche du bonheur |
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En 1788, la guerre d'indépendance terminée, un système de gouvernance centralisé avec un pouvoir de taxation est établi par la Constitution. C'est un gouvernement démocratique représentatif, établi par le peuple, pour le peuple. |
La séparation de l’Église et de l’État établie, le pays se bâtit sur un contrat social où le gouvernement intervient volontairement peu dans les affaires de ses citoyens, se limitant à la loi et l’ordre. Dans ce nouveau pays, chacun est libre de faire ce qu’il veut et est responsable de son propre succès.
L’American Dream est né
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Pour la majorité des immigrants, le Rêve américain est avant tout de se sortir de la misère et de l’oppression et, avec un peu de chance, grâce au Homestead Act de 1862 ( 07 ) et aux immenses territoires qu’on vide de leurs Indiens, de devenir propriétaire terrien. |
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L’époque correspond à la Révolution industrielle. Le monde change, les opportunités semblent infinies. Dans un tel contexte, le modèle économique qu’adopte ce nouveau pays est sans surprise un capitalisme très peu réglementé.
Bien vite toutefois, les limites d’une économie sans contraintes se font sentir. C’est crise bancaire après crise bancaire et on voit l’apparition de monopoles et d’oligopoles. C’est l’époque des Robber Barons, ( 08 ) de la corruption et des manipulations politiques.
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On a recréé en peu de temps un système ressemblant aux monarchies européennes : quelques individus contrôlent des pans entiers de l’économie et exercent une très forte influence sur le gouvernement, qu’ils utilisent à leur avantage, alors que la majorité de la population vit et travaille dans des conditions misérables. Quand le jeu capitaliste n’a aucune règle, les libertés individuelles de la majorité sont menacées.
C’est dans ces circonstances qu’au tournant du 19e siècle, sous la pression des fermiers, travailleurs et propriétaires de petites entreprises, le gouvernement n’a d’autre choix que d’intervenir.
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Le Sherman Anti-Trust Act de 1890 ( 09 ) a pour objectif de limiter les cartels et monopoles. Entre 1901 et 1921, on met en place des agences réglementaires encore en usage aujourd'hui, comme l'Interstate Commerce Commission et la Federal Trade Commission. La Food and Drug Administration est créée en 1906 suite à la controverse entourant la publication du livre "The jungle", d'Upton Sinclair ( 10 ), qui décrit les conditions de travail abominables des immigrants dans les abattoirs industriels de Chicago au début du 20e siècle. |
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Ce n’est qu’après la crise bancaire de 1929 qui détruit l’économie du pays et la Grande Dépression
( 11 ) qui suivra qu’on pense enfin à réglementer le système bancaire. Les politiques interventionnistes du New Deal de Franklin D. Roosevelt ( 12 ) entre 1933 et 1938 remettent les Américains au travail, redynamisent l’économie et créent un filet de protection sociale.
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Après 1945, la Seconde Guerre mondiale terminée, confiants dans leurs capacités, les États-Unis sont un terreau fertile pour une nouvelle expérience capitaliste : une économie capitaliste de consommation. C’est un modèle très efficace et naturel quand on y pense, car on a tous besoin de consommer pour vivre. De la nourriture, des vêtements, un abri… L’idée est simple : les gens travaillent contre une rémunération en argent, qui leur permet de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, en consommant des biens et services qu’eux-mêmes contribuent à offrir.
Dans ce système, le profit est vu comme la force qui fait tourner la roue, ce qui pousse à la croissance et à l’innovation, parce qu’il rémunère monétairement ceux qui travaillent fort et qui innovent et dont les produits sont en demande auprès des consommateurs. |
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Grâce à l’esprit de compétition inhérent au système et à ce qui apparaît comme des opportunités infinies de rémunération, il encourage l’entrepreneuriat et pousse à des innovations qui ont complètement transformé notre manière de vivre. C’est une époque de prospérité : le Rêve américain est à nouveau accessible. Les secteurs privé et public en forte croissance donnent naissance à la classe moyenne américaine.
À partir des années 1970 toutefois, les conditions de vie de l’Américain moyen recommencent à se détériorer. La classe moyenne s’érode, la mobilité sociale, caractéristique d’une terre d’opportunités, décline. Aujourd’hui, les inégalités économiques atteignent des niveaux jamais vus depuis les années 1920 et la mobilité sociale pointe vers le bas. 1% de la population en haut de la pyramide corporative ou gravitant autour du secteur financier fait de l’argent comme de l’eau, mais l’Américain moyen, lui, n’en voit jamais la couleur.
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Alors que les emplois de qualité qui permettent de gagner décemment sa vie sont plus rares qu’avant, les occasions de s’endetter, elles, sont plus présentes que jamais. L’économie d’une nation démocratique devrait logiquement aider la population dans son ensemble à atteindre ses objectifs de développement, soit la poursuite du bonheur, alors comment en est-on arrivé à recréer, une fois encore et si rapidement, un système qui ne bénéficie qu’à une infime partie de la population? C’est qu’un système économique capitaliste de consommation a quelques défauts…
Si ce système est au départ attrayant, c’est qu’il offre une vision de gains financiers ou matériels futurs infinis. Bien qu’irréaliste à long terme, elle peut être exploitée à court terme. Dans une économie qui servirait réellement les intérêts de la population, la demande pour des biens et services devrait logiquement finir par ne croître que marginalement, une fois les besoins comblés. Dans une économie basée sur le profit, elle est théoriquement sans limites. Il suffit de convaincre les consommateurs que le bonheur se trouve dans la consommation.
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Le modèle économique actuel est basé sur l’avidité, l’appât du gain par le profit et notre tendance à vouloir accumuler les possessions. Et non seulement il incite à toujours faire plus de profit, il y force : les corporations sont légalement tenues auprès de leurs actionnaires à faire du profit. Une économie ainsi basée sur quelque chose de théoriquement infini, le profit, entre naturellement et très rapidement en conflit avec les intérêts de la majorité. |
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En effet, on augmente les profits grâce à la publicité qui incite les gens à consommer tout et n’importe quoi et en les encourageant à s’endetter pour consommer grâce au crédit qu’on rend facilement accessible. On accroît également les profits en consolidant des entreprises ou en s’opposant à des hausses de salaire, de meilleures conditions de travail ou à des lois pour protéger l’environnement. Mieux encore, en délocalisant les emplois vers des pays qui sont moins contraignants sur ces aspects.
L’étape suivante est d’argumenter que ce sont les règles mises en place pour encadrer le système qui limitent les opportunités d’affaires. Si les choses ne vont plus, c’est que le Big Government ( 13 ) étouffe l’entrepreneuriat. On met alors de la pression sur le gouvernement pour qu’il déréglemente un secteur économique après l’autre.
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De même, pour qu’il transfère au secteur privé des agences publiques, inefficaces par définition selon le mythe capitaliste, car ne possédant pas la carotte qu’est le gain monétaire par le profit. |
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Prenez d’un côté l’objectif de faire du profit et de l’autre, les banques.
En plus de l’argent qu’elles font en jouant au casino qu’est devenu Wall Street, les banques font de l’argent quand elles créent des dettes. Elles ont donc tout intérêt à prêter le plus d’argent possible. Et quand les consommateurs empruntent et s’endettent pour consommer, ceux qui leur vendent des produits et services augmentent leurs profits, tout en s’assurant une main-d'œuvre à long terme pour continuer les affaires, car des gens endettés n’auront pas d’autre choix que de continuer à travailler...
Ainsi, étant donné que faire du profit et de l’argent est une spirale sans fin et sans lien avec le monde réel, si on n’y met pas des règles et des limites, une économie capitaliste finira par être sans rapport avec les besoins réels de la population. C’est la raison pour laquelle un gouvernement démocratique ne devrait théoriquement pas avoir d’autre choix que d’instaurer des règles. Mais un gouvernement démocratique n’est pas éternel et est plutôt fragile.
Depuis les années 1970, sous des apparences démocratiques, le gouvernement américain s’est laissé influencer par les géants corporatifs que crée le système et a peu à peu changé les règles du jeu capitaliste à leur avantage. Le système économique américain n’est aujourd’hui non plus une machine à créer de la richesse pour tous les citoyens, mais plutôt une machine à créer de l’argent, qui va dans les poches de 1% de la population et qui y reste.
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Les géants corporatifs ont réussi leur coup en utilisant l’outil de prédilection pour manipuler et contrôler les masses et les politiciens : les médias. |
Grâce au premier amendement constitutionnel et à la liberté d’expression qu’il garantit, les médias américains sont libres de dire à peu près tout ce qu’ils veulent. Ils ne sont par contre pas indépendants, la majorité étant la propriété de géants. Ce qui veut dire qu’ils sont eux aussi avides de profits et qu’ils seront peu enclins à parler de ce qui ne présente pas leurs maîtres sous un beau jour. Six corporations ( 15 ) possèdent la vaste majorité des médias qui informent les Américains sur ce qui se passe chez eux et dans le monde.
Il est à ce stade important de comprendre l’immense influence qu’ont eue les médias, la télévision surtout, dans la formation de la culture américaine d’après-guerre. Commencée dans les années 1950, les Américains ont vécu une expérience à très large échelle d’homogénéisation culturelle. Devant leur télévision, patriotes d’après-guerre, ils se sont fait dire qu’être Américain c’est être capitaliste, de consommer, et de travailler pour consommer.
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Depuis les années 1950, le capitalisme de consommation a été présenté comme l'ultime modèle de développement économique. |
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Ici, de toute façon, ça fonctionne. Les gens travaillent et ont de l’argent ou, à défaut, des cartes de crédit.
Ce que les gens veulent, c’est du divertissement, qu’on leur fournit comme jamais auparavant et qui ne cesse jamais d’augmenter et de se diversifier. Du divertissement qui renforce l’idée que le Rêve américain, c’est d’avoir du succès dans sa carrière et devenir riche pour pouvoir consommer plus. Pour suivre les modes, acheter des gadgets, des voitures, des bateaux, des voyages, de la bouffe et des maisons de plus en plus grosses.
Le Rêve américain prend les dimensions d’une utopie capitaliste et est totalement inaccessible à la plupart des gens, surendettés et travaillant toujours plus pour acheter leur liberté, mais qu’on continue à divertir, endormir et faire consommer.
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Les médias n’ont pas rapporté la nouvelle que, depuis longtemps, le travail des Américains ne profite plus qu’à une infime partie de la population (1%!) et que la plupart d’entre eux sont dans une situation plus précaire que leurs parents. |
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La population en général n’ayant aucune idée de ce que veulent dire les labels politiques, on lance des insultes : Socialiste! Communiste! Fasciste! Anarchiste! Progressiste! Et on en rajoute quelques-unes : Démocrate! Conservateur! Républicain! Libertarien! ( 17 )
Les défis auxquels les États-Unis font face sont plus sérieux que jamais, mais la conversation dans les médias nationaux, quand elle existe, n’a bien souvent rien d’intelligent et de rationnel. Pour les citoyens, il devient de plus en plus difficile de s’identifier à l’un des deux partis politiques qui, à quelques nuances près de toute façon, jouent le jeu des ploutocrates, parce que redevables à quelques riches compagnies, individus ou organismes qui ont financé leur campagne électorale… Ceci se traduit par un faible taux de participation aux élections présidentielles, qui n’a jamais dépassé 60% depuis 1968.
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Ce qui m’amène à la politique. Aux États-Unis, on ne gagne pas une élection, on gagne une campagne publicitaire. L’argent est extrêmement présent dans la politique américaine et les médias sont le lobby le plus puissant à Washington, car, pour se faire voir à la télé un peu partout, les politiciens doivent dépenser des sommes astronomiques et exponentielles en publicité.
Aussi, réussir à passer aux nouvelles ou à faire parler de soi dans les différents programmes d’actualités est une manière efficace d’avoir une bonne couverture médiatique sans avoir à trop dépenser d’argent. Les médias ont ainsi un pouvoir incroyable sur les politiciens et peuvent décider de parler ou non d’un candidat, selon qu’ils l’aiment ou qu’il les dérange. De plus, depuis que les corporations ont réussi le coup de maître de se faire donner le titre de « personne » par la Cour Suprême dans la décision Citizen United v. FEC en 2010, elles peuvent maintenant financer sans restrictions des candidats pantins dont on entend partout parler. ( 18 )
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Je n'apprendrai rien à personne si je dis que les médias choisissent également la manière dont se rapportent les nouvelles. Ainsi, des peccadilles prennent des proportions de scandale, alors qu'on ignore des nouvelles d'envergures. |
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Le plus triste, c’est que les médias ont, depuis 2003, sous la bannière de la liberté d’expression et du premier amendement constitutionnel, gagné de ne plus être tenus de dire la vérité. ( 20 ) En effet, il n’y a pas de lois interdisant de falsifier ou de tordre la vérité quand on rapporte les nouvelles... Dans les médias américains, on ne peut pas dire sans conséquence le f-word ( Fuck ), mais on peut faire croire à la population des mensonges éhontés : Saddam Hussein est lié aux attentats du 11 septembre 2001 et il a des armes de destructions massives; le Président Obama est un musulman né au Kenya; les changements climatiques sont un canular des environnementalistes… Et entre ces mensonges délibérés existent toutes les demies-vérités et les distorsions de l’information possibles et imaginables…
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Les médias présentent ce qui les arrange et, depuis les années 1970, le modèle économique dont ils ont fait la promotion a pris une tangente très à droite. |
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Si vous voulez avoir une idée de ce à quoi ressemble la population américaine modèle dans l’utopie des géants ploutocrates, vous n’avez qu’à regarder Fox News, qui travaille exclusivement pour les Républicains, ceux-ci travaillant exclusivement pour les plus riches. ( 21 ) Des bigots, des ignorants, des enragés et des irrationnels.
Ce triste idéal républicain n’a rien d’étonnant quand on sait qu’une population ignorante et irrationnelle est beaucoup plus facilement manipulable et que la religion chrétienne, dont on fait la promotion et dont on se prétend de fervents adeptes, nous assure quant à elle de contrôler la liberté la plus importante que possède tout être humain : la liberté de penser.
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Des Chrétiens dévots s'imposeront d'eux-mêmes toutes sortes de règles et de restrictions. |
Et ceux-ci, tout en dénonçant le Big Government qui interfère dans les affaires de ses citoyens corporatifs, poussent des politiques conservatrices rétrogrades qui érodent peu à peu les libertés individuelles des citoyens en chair et en os.
Les rois corporatifs versus les vassaux citoyens.
On passe le message en associant le Big Government qui contrôle l’économie, au Big Government qui contrôle votre vie et vous dit quoi faire avec vos taxes, votre propre argent. Un argument qui, il est vrai, résonne dans la population, car le gouvernement s’incruste bel et bien dans la vie de nombreux citoyens.
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Dans cette terre de liberté, on trouve plus de prisonniers que dans n’importe quel autre pays dans le monde, ( 22 ) la plupart pour des offenses non violentes. Avec 5% de la population mondiale, les États-Unis comptent près de 25% de la population carcérale, soit près de 2,3 millions de prisonniers. Les États-Unis font face à de graves difficultés budgétaires et de nombreux programmes sociaux sont affectés, mais les budgets sont apparemment sans limites quand il s’agit de mettre des citoyens en prison et de brimer leurs libertés, grâce à des lois dures sur le crime, la guerre contre les drogues et maintenant la guerre contre la « Terreur »… |
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Si rien ne se passe, l’expérience démocratique américaine et les idéaux de libertés individuelles qui l’ont inspirée ne seront bientôt plus qu’un souvenir. Et c’est pour cette raison que le mouvement Occupy Wall Street résonne chez de nombreux Américains et revêt une si grande importance.
Chacun a ses raisons pour vouloir changer le système. Le chômeur ou l’étudiant surendetté qui ne peuvent trouver du travail. Celui qui a perdu sa maison et qui vit dans un monde d’austérité budgétaire, alors que les banques responsables du dernier fiasco financier ont non seulement bénéficié des largesses du gouvernement, mais se sont servi de la Réserve fédérale pour s’octroyer secrètement des sommes astronomiques ( 23 ) et que, déjà Too Big To Fail (Trop gros pour faire faillite) en 2008, elles sont encore plus grosses aujourd’hui.
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Celle qui dénonce un système policier et judiciaire trop répressif et injuste, qui lui donne tous les jours de nouvelles preuves en gazant et frappant des manifestants pacifiques, alors que les bandits à cravate restent impunis. Celui qui dénonce la guerre contre les drogues. Celle qui dénonce la corruption à Washington. |
Celui qui demande un amendement constitutionnel pour retirer le qualificatif de « personne » aux corporations. Celle qui veut faire respecter son droit de parole et d’assemblée pacifique. Ceux et celles qui croient qu’une économie juste et qui respecte les gens et l’environnement est possible…
Occupy Wall Street a réveillé les Américains. Les idées sont en train de changer. L’année 2012 sera bouillonnante, à suivre dans des médias alternatifs.

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