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Le fluorure dans l'eau potable attaque la glande thyroïde

L'ajout de fluorure dans l'eau du robinet est lié à un taux significativement plus élevé d'une maladie de la glande thyroïde. Cela donnera des arguments supplémentaires à ceux qui s'opposent à la fluoration de l'eau, une mesure pourtant jugée efficace et peu coûteuse pour combattre la carie dentaire.

 

L'ajout de fluorure dans l'eau du robinet est lié à un taux significativement plus élevé d'une maladie de la glande thyroïde. C'est la conclusion d'une recherche parue le 23 février 2015 dans le Journal of Epidemiology and Community Health, publié par le British Medical Journal. Pour consulter l'étude complète en anglais c'est ici

Les chercheurs de l'Université du Kent ont étudié la clientèle de 7 935 médecins de famille d'Angleterre. Les médecins de famille anglais qui participent au régime de santé public sont incités financièrement à vérifier le fonctionnement de la glande thyroïde.

Environ 10% de la population britannique est desservie par un réseau d'aqueduc dans lequel du fluor a été ajouté à l'eau potable. Il y a donc une masse de données propice à l'analyse de type épidémiologique. Résultat: la probabilité que la clientèle d'un médecin souffre d'un taux élevé d'hypothyroïdie augmente de 40% à 60% selon la teneur en fluorure de l'eau.

Une plus grande proportion de la population est alimentée par de l'eau fluorée au Canada et aux États-Unis, où cette pratique à grande échelle a commencé dans les années 50.

Au pays, 42% de la population est alimentée par de l'eau fluorée. En Ontario, c'est 76%, autant qu'aux États-Unis (75%). Mais au Québec, c'est seulement 3%.

En 2006, le gouvernement du Québec se donnait l'objectif que d'ici 2012, 50% de la population de la province ait accès à de l'eau potable dont la concentration en fluorure est optimale. L'objectif est loin d'être atteint. En fait, on s'en éloigne, avec l'abandon de la fluoration à Québec en 2008 et, plus récemment, à Bécancour.

L'hypothyroïdie

Alors qu'est-ce donc que l'hypothyroïdie? Tout part de la glande thyroïde, qui sécrète des hormones qui contrôlent le niveau du métabolisme des cellules du corps. Selon Passeport Santé, quand cette glande sécrète moins d'hormones, les personnes peuvent prendre du poids et ressentir de la faiblesse, de la fatigue, de la confusion, des crampes musculaires, de la frilosité et une foule d'autres symptômes diffus.

Les femmes sont de deux à huit fois plus susceptibles d'en souffrir. La prévalence augmente avec l'âge. La maladie touche 1% des adultes au Canada, mais 10% des 60 ans et plus.

Selon les chercheurs, c'est la première fois que la corrélation entre l'exposition au fluor et les effets sur la glande thyroïde est étudiée à l'échelle de la population.

Cependant, ils mentionnent que l'on connaissait l'effet du fluor sur la thyroïde depuis longtemps: dans les années 50, on traitait le goitre - l'hyperthyroïdie - avec une dose de fluor semblable à celle à laquelle on est exposé si on boit 1,5 litre d'eau fluorée par jour. Les symptômes du goitre sont souvent à l'opposé de ceux de l'hypothyroïdie: nervosité, tremblements, rythme cardiaque rapide, perte de poids, etc.

La fluorure dans l'eau potable attaque la glande thyroïde. La fluorure dans l'eau potable attaque la glande thyroïde

Un bémol sur l'étude
par Jean-François Cliche
Chroniqueur scientifique La Presse

Alors, pourquoi faudrait-il croire la dernière étude ? Bien franchement, il n’y a pas vraiment de raison de le faire, mais si on cherche un peu, on peut quand même lui trouver certaines forces. D’abord, ses trois auteurs sont d’authentiques chercheurs travaillant au Centre d’étude sur les services de santé de l’Université Kent. Des gens a priori très sérieux, quoi. Et l’étude a été publiée dans une revue scientifique à la réputation solide — le JE&CH est une publication rattachée au British Medical Journal. Bien sûr, ce n’est pas là une «force» extraordinaire. Ce n’est même rien de plus qu’un strict minimum, mais… mais on parle ici du débat sur la fluoration de l’eau, dans lequel les études citées par les «antis» proviennent très souvent d’obscures revues de complaisance.

Alors ne chipotons pas trop, OK ?

Maintenant, poursuivons un peu notre «critique des sources» et demandons-nous qui sont ces trois auteurs. L’une d’elle,
Sarah Spencer, est une géographe dont c’est apparemment la première publication savante. Un autre, David Lowery, en compte une quinzaine, mais il s’agit d’un psychologue dont le champ d’expertise est très clairement… la démence. Et le premier signataire, Stephen Peckham, est quant à lui un analyste de politiques publiques en santé. Aussi connu comme un des leaders des milieux anti-fluor britanniques. Qui fut président ou chairman du groupe Hampshire Against Fluoridation. Et qui n’en est évidemment pas à sa première étude dont les conclusions sont défavorables au fluorure, mais ses précédentes n’ont apparemment pas toutes été publiées dans des revues respectables.

Rien de tout cela n’est une faute grave en soi, remarquez. Mais disons que du point de vue de la crédibilité et de la pertinence des expertises, ça commence à être assez cute, hein ?

Un mot, rapidement, sur la méthodologie : à vue de nez, c’est un peu bordélique. La section «methods» du papier annonce que deux mesures d’exposition au fluorure ont été utilisées, soit les taux de fluorure moyens et les maximums enregistrés.

Or on ne trouve pas la moindre trace des moyennes dans la section «résultats», qui ne fait état que des maxima — et comme les raisons de cette absence ne sont expliquées nulle part dans le texte, cela devrait normalement provoquer le relèvement d’un sourcil circonspect chez le lecteur attentif moyen.

Et puis, il faut aussi noter que l’hypothyroïdie peut être causée par une assez longue liste de facteurs, dont Peckham et al. ne tiennent pas ou très peu compte dans leur étude.

Pas étonnant, donc, que certains des (vrais) experts qui l’ont lue ont fait remarquer aux auteurs qu’«il existait des méthodes épidémiologiques pas mal plus rigoureuses pour tester leur hypothèse».

Toujours recommandé au Québec

Les chercheurs affirment que leurs «résultats de recherche ont des implications importantes pour les politiques de santé publique au Royaume-Uni et dans d'autres pays où le fluorure est ajouté à l'eau».

Mais pour sa part, la Direction de la santé publique (DSP) du Québec continue de prôner la fluoration, y compris dans un avis de 2012 sur cette question.

On y affirme que les enfants québécois ont 40% à 50% plus de caries que les Nord-Américains du même âge. Et il y a plus d'«édentés» au Québec qu'ailleurs au Canada.

Dans ce même avis, la DSP affirme qu'«aucune donnée scientifique ne démontre de lien entre la fluoration de l'eau de consommation et un problème de santé particulier».

Une affirmation qui devra peut-être être nuancée.

À l'instar de la DSP, la plupart des autorités de santé publique et des associations dentaires continuent de prôner la fluoration de l'eau, sur la base de centaines d'études qui n'ont pas mis au jour d'impact négatif.

Mais ses bienfaits pour la santé dentaire sont de plus en plus difficiles à discerner, selon un rapport publié l'an dernier par le Centre de collaboration nationale en santé environnementale (CCNSE).

«Il y a de multiples sources de fluor, les soins dentaires s'améliorent ainsi que l'hygiène dentaire individuelle», affirme-t-on.

La fluorure dans l'eau potable attaque la glande thyroïde. La fluorure dans l'eau potable attaque la glande thyroïde

Du fluor et des villes

Montréal

L'eau de Montréal n'a jamais été fluorée. Jean Doré l'avait proposé, mais le projet a été rejeté en 1988.

En 2007, Gérald Tremblay s'y était opposé en invoquant «l'expression de préoccupations importantes venant d'une partie de la population et même de certains spécialistes».

Denis Coderre entend maintenir le statu quo, estimant qu'il revient à la Santé publique de juger de la fluoration.

Banlieue ouest

Deux usines d'eau potable dans l'île de Montréal pratiquent la fluoration: celles de Dorval et de Pointe-Claire. Elles alimentent moins de 15% de la population de l'agglomération. Au lendemain des fusions, l'administration Tremblay avait opté pour le statu quo: les municipalités qui fluorent leur eau ont ainsi pu continuer à le faire.

Châteauguay

«On a un gros débat là-dessus, affirme en entrevue la mairesse de Châteauguay, Nathalie Simon. Depuis 2011, il y a une offensive de citoyens qui veulent qu'on cesse la fluoration. On s'est engagés à avoir un débat citoyen. Et on n'est pas intéressés à faire le travail de la Santé publique à leur place. Cette nouvelle étude va faire jaser.»

Trois-Rivières

En février 2014, Trois-Rivières a rétabli la fluoration de l'eau, après un débat houleux. La fluoration avait cessé en 2006, lors de travaux à l'usine de filtration. «Les élus ont écouté les spécialistes de la santé ainsi que les opposants, explique le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant. Ce sont aux autorités provinciales de se pencher à nouveau là-dessus, si c'est requis

Bécancour

En janvier 2013, Bécancour a mis fin à la fluoration de l'eau potable. «Pourquoi fluorer 100% de l'eau potable quand seulement 1% est bu ou utilisé dans l'alimentation?», a demandé la mairesse Gaétane Desilets pour justifier la décision.

Québec

En 2008, la Ville de Québec a mis fin à la fluoration de l'eau. Le maire Régis Labeaume, alors minoritaire, y était favorable, mais il rejette aujourd'hui la responsabilité de la décision sur le gouvernement provincial.

La fluorure dans l'eau potable attaque la glande thyroïde. La fluorure dans l'eau potable attaque la glande thyroïde

Source: Par Charles Côté: La Presse/Gesca pour Power Corporation du Canada

Choix de photos, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 24 février 2015

Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

Fluoruration de l'eau potable et le rôle du médecin. Le Dr Philippe Blais répond au Dr Yv Bonnier Viger

 Fluoration: distiller le doute dans les esprits
Par Dr Yv Bonnier-Viger

Fiche: Fluoruration
de l'eau potable

La fluorure dans l'eau potable attaque la glande thyroïde. La fluorure dans l'eau potable attaque la glande thyroïde