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Commentaire sur la décision de refluorer l’eau potable des 134 000 Trifluviens
Un conte fluoré à Trois-Rivières: le jars et la mère oie

 

Texte par Robert Duchesne
citoyen de Trois-Rivières

Conseil municipal de Trois-Rivières en réunion pour décider de la fluoruration de l'eau potable

Suite au vote sur la fluoration qui a eu lieu ce 3 février 2014 au Conseil de Ville de Trois-Rivières, je tiens à remercier et féliciter les sept conseillers qui ont eu le courage et surtout l’honnêteté de voter contre la fluoration en respect de la volonté de leurs concitoyens qu’ils ont consultés et écoutés.

Quant aux neuf conseillers qui ont voté pour la fluoration, un vote qui a eu lieu sous la direction du jars en chef de l’Hôtel de Ville et sous l’aile bienveillante de la mère oie de la Direction de santé publique (DSP), on peut se demander, et leur demander, s’ils ont voté avec l’appui réel de leurs commettants ou sous des pressions autres que leur propre devoir de représentation des gens qui les ont élus. Il serait fort préoccupant qu’une décision de cette importance et autant controversée leur ait été dictée par une instance non élue comme la Direction de la Santé publique DSp plutôt que par leurs concitoyens eux-mêmes.

Après tout, à part les promoteurs de la fluoration eux-mêmes, on n’a vu aucun citoyen applaudir à l’annonce du résultat du vote.

J.-F. Aubin

Le conseiller J.-F. Aubin a eu le courage d’expliquer sa position à haute voix en dépit de l’adversité ambiante, et pour cela il a mon respect, même si à aucun moment il n’a mentionné l’appui des citoyens de son district. Sa sincérité était évidente. On peut comprendre dans quel tourbillon d’avis opposés et de références incompatibles tous les conseillers ont été projetés (et le seront encore) sur ce sujet d’intérêt public. On peut aussi croire qu’ils ont fait leur choix de bonne foi. Mais on aurait aussi apprécié entendre de la bouche de chacun-e sa véritable motivation et son cheminement personnel dans cette prise de décision.

Deux anomalies de taille caractérisent plus particulièrement les motifs exprimés par M. Aubin et par le maire et sans doute partagés par quelques-uns de leurs collègues.

Primo. Lorsqu’ils déclarent qu’il faut trancher, rien n’est plus faux. Aucun élément juridique, technique ou éthique n’obligeait le Conseil à trancher la question. Le Maire et le Conseil avaient déclaré avec raison que la décision revenait au Gouvernement. Lorsque celui-ci a eu l’irresponsabilité de renvoyer la décision aux conseillers municipaux, le devoir de ceux-ci était de refuser cette responsabilité décisionnelle imposée abusivement, comme d’autres municipalités l’ont fait. Un tel contexte de doute et de controverse justifiait à lui seul de ne pas se compromettre dans cette décision et d’en rendre la responsabilité à ceux-là même qui s’en sont débarrassés sur le dos des élus municipaux.

La seule raison de trancher était que le maire, qui d’habitude ne se laisse rien dicter par le gouvernement, souhaite imposer la fluoration pour des motifs nébuleux, ceci en dépit de l’opposition citoyenne et en refusant catégoriquement toute consultation publique sur le sujet, comme c’est son habitude bien connue lorsqu’il sait que les citoyens ne seront pas d’accord avec lui. Sinon, il aurait pu accepter la proposition qui lui fut faite d’ajouter une consultation publique aux bulletins de vote lors des élections municipales, ce qui aurait vraiment tranché la question.

Secundo. Dans le doute, ils justifient leur décision en s’en remettant à la santé publique (DSP), comme s’ils considéraient celle-ci unique source d’information disponible alors qu’ils savent très bien que de nombreuses autres sources plus que crédibles sont parfaitement accessibles. Tous les conseillers le savent puisque, au cas où ils n’y auraient pas eu accès,  je leur ai expédié avec extraits des références précises à certains mémoires produits par des sommités internationales bardées de diplômes et d’expertises qui n’ont rien à envier à celles de la Directrice de la santé publique, Mme Isabelle Goupil-Sormany. ( 01 )

D’ailleurs, on peut se demander pourquoi celle-ci ne se permet aucune critique à l’égard de ces sommités et de leur avis que la fluoration est inefficace, nuisible et même illégale. Elle sait très bien que si elle se permettait une sortie publique contre ces scientifiques et professionnels, elle se ferait aussitôt ramasser par eux comme du poisson pourri. Alors, de concert avec le maire, elle préfère tirer sur les camelots et considérer avec mépris les personnes qui se donnent la peine de s’impliquer bénévolement dans ce débat qui leur appartient en tant que citoyens.

Ce dernier point n’est pas surprenant, quand on sait que la directrice déclarait récemment dans Le Nouvelliste de Trois-Rivières qu’en démocratie, seuls les élus peuvent se prononcer, ce qui ne l’empêche pas de s’octroyer à elle-même le droit de le faire. Pour elle comme pour le petit caporal Lévesque ( 02 ), en démocratie, le droit et le rôle du citoyen consistent à voter une fois aux quatre ans; le reste du temps, fermez votre trappe et laissez les élites faire ce que bon leur semble.

Examinons cette décision de plus près. La version officielle nous dit que l’objectif de la fluoration est d’atteindre les moins nantis de notre communauté, donc une cible  relativement circonscrite en nombre. Or, le coût de la fluoration de l’eau de Trois-Rivières est actuellement évalué à plus de 600 000$ subventionnés par le MSSS et donc payés par les taxes de tous les Québécois même non fluorés, plus quelque 50 000$ par an à même les taxes des trifluviens eux-mêmes, aspect dont le maire se garde bien de parler. ( 03 ) La DSP elle-même évalue le taux d’efficacité de la mesure de 20 à 40%. N’importe quel gestionnaire d’entreprise qui ferait un investissement de cette ampleur avec un taux d’efficacité au prorata aussi dérisoire perdrait son boulot sur-le-champ. Pas au Conseil de Ville de Trois-Rivières!

Isabelle Goupil-Sormany

En plus de s’auto-proclamer spécialiste de la démocratie, la dame non élue se fait aussi spécialiste en droit en nous faisant la leçon sur la nécessité pour les opposants de faire changer les lois s’ils veulent faire valoir leur point de vue, alors qu’elle-même incite les conseillers à transgresser plusieurs lois et règlements fixés justement par des législateurs qui, eux, sont élus.
( 04 ) Mais cela, le jars et la mère oie n’en parlent pas à la population. Et ce sont de tels personnages qui viennent nous traiter de menteurs et de démagogues!!!

Et ce n’est pas tout, la papesse de la santé publique est aussi une spécialiste de l’écologie proclamant que les fluorures ne nuisent pas à l’environnement. Les vrais experts, comme Les Amis de la Terre ( 05 ), dont la crédibilité et la réputation internationales sont incontestables et qui développent depuis des décennies une capacité d’investigation et d’analyse scientifiques fortement documentées, et le Réseau Environnement Québec ( 06 ), qui existe depuis cinquante ans et est le plus important regroupement de spécialistes en environnement au Québec représentant plus de 2700 membres issus de tous les milieux, deux organismes qui se sont prononcés contre la fluoration, peuvent aller se faire voir, notre docteure ès-démagogie a parlé.

La directrice pousse le cynisme jusqu’à déclarer qu’elle et ses complices répondent présents lorsqu’il y a besoin d’information et de vulgarisation. Voilà donc la DSP qui proclame son monopole de la connaissance et de l’éducation populaire! Imbue de sa personne, bien obnubilée dans sa bulle de prétention et de suffisance, elle n’a pas encore réalisé que les citoyens ont bien d’autres sources que son puits sans fond de savoir pour s’abreuver de connaissances. Elle ne sait pas encore que le web et les réseaux sociaux ont été inventés et qu’il suffit de taper fluoration sur Google pour obtenir des dizaines de milliers de liens informatifs, sans compter tous les organismes réputés qui en parlent et tous les livres et les articles qui en traitent de façon extrêmement documentée et référencée et qu’un citoyen ordinaire peut lire, comprendre, analyser et critiquer.

Mais comme le disait le petit maire du peuple : « Nous, on se fie à des experts! » Et bien sûr, le nombrilisme qui est l’une de ses marques de commerce l’incite à ne tenir compte que des experts locaux.

C’est qu’il aime bien se démarquer, le maire! Hé bien, démarqué, il risque de l’être avant longtemps! Si l’on suit la courbe d’opposition et de désengagement des municipalités envers cette follerie de fluoration, d’ici une couple d’années, si fluoration il y a, Trois-Rivières portera le double chapeau du ridicule d’être la seule ville fluorée au Québec et de l’odieux de faire payer sa fluoration par l’ensemble des Québécois-e-s.

Dre Catherine Hamelin, dentiste-conseil à la direction de la santé publique
et la Dre Isabelle Goupil-Sormany

La directrice affirme : « Nous pourrions démontrer qu’il y a consensus », sous-entendu : croyez-moi sur parole! Alors qu’attend-elle pour le démontrer? Tout ce que cette déclaration démontre, c’est sa déconnexion totale d’avec la base citoyenne et d’avec la tranche de population dont elle prétend défendre le droit à la santé par la fluoration : les laissés pour compte par le système de santé pour ce qui est de leur santé bucco-dentaire, dont les pauvres, les enfants, les personnes handicapées et les aînés.

À croire que pour elle, être démuni financièrement, être handicapé, être aîné, être parent de jeunes enfants, ça équivaut à être sans jugement. À ce  compte-là, étant moi-même un aîné qui fut père de deux enfants, ayant eu une mère et une compagne gravement handicapées, et faisant moi-même partie des citoyens vivant sous le seuil de pauvreté et n’ayant pas les moyens de se pourvoir en soins dentaires de haut niveau, je suis en droit de dire à mes frères et sœurs de la dèche intellectuelle ciblés par la DSP : dormons en paix, le Roi Arthur et sa bonne fée "Je sais tout" ont décidé de prendre notre santé en mains.

Ils ne nous ont pas consultés, mais n’en soyons pas offusqués, après tout ne sommes-nous pas que de pauvres hères ignares que leur grand savoir autorise à infantiliser en nous imposant une mesure controversée que nous ne leur avons pas demandée!  

Et si on se posait les questions suivantes : les personnes ciblées ont-elles envie de la boire leur eau fluorée? Et advenant que non, auront-elles les moyens de s’acheter de l’eau embouteillée pour boire et cuisiner? Et si elles étaient contre la fluoration tout court, n’en déplaise aux fluocrates? Et si on les consultait???

Ce qu’il y a de plus crassement démagogique dans la démarche de la DSP et de l’Ordre des dentistes, c’est qu’en plus du monopole de la vérité, ils s’arrogent le monopole de la compassion. À l’appui de leur volonté de nous fluorer collectivement, on les a vus ces derniers temps brandir des photos de dentitions pourries de pauvres enfants et vieillards et leurs témoignages professionnels au sujet de ces souffrances inadmissibles, comme si le débat portait sur la reconnaissance de ce malheureux état de fait plutôt que sur les moyens d’y remédier, notamment en agissant en amont sur les causes elles-mêmes de la carie dentaire et en rendant plus accessibles les soins dentaires. Et bien sûr, ceci suggère l’idée que la fluoration est le seul moyen d’y parvenir et que les opposants sont, au mieux, des inconscients irresponsables ou, au pire, des crétins insensibles au sort de leurs concitoyens.

Or, les citoyens qui s’opposent à cette aberration sont au contraire des personnes impliquées dans ce dossier par souci du bien-être collectif autant que personnel. Des personnes qui ont le courage de dévoiler à leurs concitoyens et aux élus qu’il existe d’autres moyens socialement plus acceptables que cette méthode controversée pour enrayer efficacement et consensuellement leurs maux bucco-dentaires, des citoyens qui croient que leur devoir en démocratie ne se réduit pas à voter une fois aux quatre ans et à donner carte blanche aux élus et aux élites non élues pour les infantiliser et décider à leur place ce qui est bon ou mal pour eux.

J’invite les conseillers qui ont voté pour la fluoration à véritablement approfondir le dossier et à refaire leurs devoirs afin d’infléchir cette décision vers la volonté citoyenne qui est de ne pas se faire fluorer.

 

Des citoyens et citoyennes accompagnés.es de leur famille pour contester la fluoruration de l'eau potable

Source:  Robert Duchesne, citoyen de Trois-Rivières

Choix de photos, fusion de textes, mise en page, références et titrage par : JosPublic
Publication : 12 février 2014

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Ci-dessous: des textes en lien direct avec le sujet:

 

Notes & Références encyclopédiques:

01

 
 

Fluorera, fluorera pas par Robert Duchesne - Sur l'Aut'Journal, le 24 janvier 2014
 - Sur Presse à Gauche, le 28 janvier 2014 - Sur la Tribune de Vigile, le 22 janvier 2014

 
 

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02

Le petit caporal, surnom donné à l’Empereur Napoléon Bonaparte

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03

 
 
 
 
 

Référence à une lettre adressée au Ministre des finances M. Nicolas Marceau par la CTETS le 3 décembre 2013, traitant entre autres choses des coûts afférents et des coûts cachés de la fluoration. Extrait : « selon les estimations comparatives avec la ville de Laval et de Gatineau le minimum à affecter au budget du traitement des eaux à Trois-Rivières serait de 50 000 $ et plus, par an. »

 
 
 
 
 

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04

 
 

Référence à l’Annexe 2 du Mémoire 006M de la Ville d’Amqui et de son maire, M. Gaëtan Ruest, présenté à la Commission parlementaire sur la fluoration : six pages répertoriant 55 items juridiques impliqués par la décision de fluorer

 
 

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05

 

Référence au Mémoire de Les Amis de la Terre de Québec : Déposé à la Commission parlementaire sur la fluoration, le 15 avril 2014

 

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06

Référence au Mémoire du Réseau Environnement Québec, avril 2012

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